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                    Société

LA MÉDISANCE

GAVROCHE

«D’abord un bruit léger, rasant le sol comme l’hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et, rinforzando de bouche en bouche, il va le diable ; puis tout à coup, ne sait comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’oeil. Elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait» (BEAUMARCHAIS, Le Barbier de Séville)

Voilà ce qui se passe malheureusement dans certains services de notre noble institution vouée corps et biens à la grande cause des droits de l’homme!
Cette expression de droits de l’homme devient de fait une espèce d’arnaque, de farce, d’escroquerie, d’hypocrisie non pas à l’extérieur, mais bien au sein même des services qui composent l’ONU.
Combien de fois, en effet, n’entend t-on pas de réflexions, de remarques plus ou moins fondées, plus ou moins désobligeantes sur tel ou tel collègue, mais jamais devant l’intéressé, Parbleu! Il serait bien capable de se défendre le bougre!
Cette hypocrisie qu’est la calomnie commence hélas bien souvent par la médisance qui, elle, a un certain fondement de vérité, mais une vérité plus ou moins déformée suivant l’aversion que la personne médisante entretient à l’encontre de la personne lésée. Et le pire, c’est que c’est un cercle vicieux et un piège qui se resserre de plus en plus non seulement autour de la personne lésée, mais aussi autour du médisant car comme le dit très justement Bernardin de Saint Pierre: C’est «la médisance qui sous une apparente justice dispose nécessairement le coeur humain à la haine ou à la fausseté» et pour le coup, cette haine engendre à son tour une espèce de volonté de dire du mal et de destruction verbale et c’est comme cela que de simple médisance, on peut petit à petit glisser vers la calomnie qui, elle, n’a aucun fondement de vérité.
L’Organisation des Nations Unies s’appuie sur une union entre nations, entre cultures. C’est aussi cette union qui devrait dans l’idéal régner parmis ses membres, et c’est tout le contraire qui se passe avec la médisance: la désunion, la destruction progressive de l’ambiance générale.
L’une des particularités de la médisance est de se propager comme le feu sur la poudre: La plupart des médisants ne sont pas les auteurs de telle ou telle médisance, mais les répétiteurs! Ils sont «comme la fausse monnaie: Bien des gens qui ne voudraient pas l’avoir émise la font circuler sans scrupule». (DIANE DE BEAUSACQ)

Cette fausse monnaie là est de la pire espèce, car son effet le plus pervers est de détruire une réputation. Un mal qui ne peut généralement pas être réparé sans laisser de séquelles morales plus ou moins profondes, et dans beaucoup de cas malheureusement irréversibles.

Un autre phénomène lié à la médisance est la perte de confiance en soi qui petit à petit s’insinue dans l’esprit de la «victime». Du coup cette personne va souvent perdre la motivation pour son travail ce qui risque d’avoir des répercussions sur le service tout entier.
Que les médisants réfléchissent au mal qu’ils font autour d’eux: on peut très vite rendre la vie impossible à quelqu’un et le pousser au pire, et on peut même finir par dégrader l’ambiance d’un service tout entier.
Quand on finit par venir travailler avec une boule à l’estomac par peur de rencontrer telle ou telle personne, je pense qu’une certaine limite a été franchie. Je m’étonne toujours de cette sottise qu’est la médisance: «ressource ordinaire de la méchanceté qui n’a rien à dire» (THÉOPHILE GAUTIER)

Une sottise qui est aux antipodes des valeurs prônées par l’ONU et qui bien loin de servir l’Organisation la déshumanise en fait de droit de l’homme et met à bas l’un des devoirs essentiels sur lesquels se fondent ces droits: le respect...

Mais ça, c’est une autre histoire...

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