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DÉCOUVREZ L’ONU EN VOUS AMUSANT!

Jean Michel Jakobowicz

Interview de Jean Michel Jakobowicz pour qui l’écriture est un jeu d’enfant.
Talent qu’il a pu exercer au travers de ses fonctions de responsable de
l’information au sein de la CEE-ONU depuis plus de trente années et en tant
que rédacteur en chef de UN Special, le magazine des fonctionnaires
internationaux à Genève, de 1990 à 2007. Mais il a également mis ce talent au
service d’un lectorat plus jeune puisqu’il est auteur de nombreux livres pour
les enfants sur les Nations Unies.

EMMANUELLE GANTET, ONU-GENÈVE

Vos livres pour les enfants et le grand public les plus connus sont «Les Nations Unies dans la vie quotidienne» et un livre de coloriage sur les Nations Unies. Vos publications pour les enfants ne concernent que l’ONU?
Non, tous les livres que j’ai pu écrire pour les enfants ne sont pas uniquement sur l’ONU. Ils sont sur des sujets aussi divers que les mandats couverts par les Nations Unies, que ce soit l’environnement, l’Internet, les Objectifs du millénaire ou les activités de l’ONU et de ses agences. J’ai ainsi fait un livre pour les adolescents sur l’Organisation Météorologique Mondiale.

Pour la plupart ce sont des sujets rébarbatifs que même les adultes ont parfois du mal à comprendre!
Le truc, c’est justement de les mettre à la portée de toutes et de tous, à travers d’abord le support et ensuite l’écriture et le dessin. Si vous prenez l’exemple des Objectifs du millénaire, je suis certain que la plupart des gens ne savent pas en quoi consistent ces objectifs aussi bien à l’extérieur des Nations Unies qu’à l’intérieur. Ce que j’ai fait c’est un livre de coloriage intitulé: Quand je serai grande... qui en deux lignes en dessous de chaque dessin dit ce que la petite héroïne de ce livre fera pour aider à atteindre ces fameux objectifs comme par exemple: quand je serai grande je serai architecte pour construire des écoles pour que tous les enfants puissent apprendre à lire et à écrire. Les seules références qui soient faites aux Objectifs du millénaire se trouvent dans la petite introduction que la petite fille fait au début du livre et en fin de volume où les objectifs sont listés plus pour les parents que pour les enfants.

Parce que vous espérez que les parents vont colorier ces livres?
Pas du tout mais ils vont regarder par-dessus l’épaule de leurs enfants et peut-être vont-ils lire ces objectifs et en parler avec eux. Comme cela nous faisons d’une pierre deux coups.

Est-ce-que d’autres jeux sont associés à ces livres de coloriages?
En effet nous avons développé avec Antoine Nunes un collègue de la CEE-ONU une série de jeux pour ordinateur qui vont avec ces livres. Dans l’ensemble des jeux simples qui peuvent attirer non seulement les plus jeunes mais aussi les moins jeunes. Nous avons ainsi développé une série de «puzzle», de «Memory», de jeux «Trouvez la différence» ainsi qu’un «jeu de l’oie» un peu spécial, puisque l’enfant ou ses parents jouent contre un monstre. Sur ce jeu, il existe tout un ensemble de cases qui lorsque l’on tombe dessus fait apparaitre des questions qui font avancer ou reculer suivant que vous répondez juste ou faux. C’est le premier qui arrive à la case 64 qui a gagné.

En quoi consistent ces questions?
Tout dépend du CD. Nous avons actuellement une collection de 6 CD qui aborde des thèmes tels que l’environnement, l’ONU et ses agences, le développement durable, la pollution atmosphérique...

Et vous faites ces jeux pendant vos heures de travail?
En grande partie quand j’en ai le temps! Car le but est de mieux faire connaitre les réalisations de la CEE-ONU et de l’ONU en général. Mon collègue Antoine lui y passe ses soirées et ses week-ends. C’est un ingénieur passionné, il fait un travail formidable. Mais nous ne sommes pas seuls à travailler sur ces jeux, de nombreux stagiaires nous ont ainsi aidés à trouver des questions, des dessinateurs ont été recrutés pour faire les dessins. D’ailleurs en parlant de dessinateur, l’un de ces livres: Les mousquetaires à la découverte du Net qui raconte l’histoire d’adolescents qui découvrent les dangers d’Internet a été entièrement illustré par une jeune fille de 14 ans.

Pourquoi faire un livre sur les dangers de l’Internet?
Ce livre a été réalisé dans le cadre du Sommet Mondial sur la Société de l’Information qui s’est tenu à Genève il y a quelques années. A l’époque il m’avait semblé important de mettre un bémol à l’enthousiasme général pour l’Internet. Ce livre raconte une histoire en partie vraie, de jeunes adolescents qui viennent de la région de Tchernobyl dans une petite ville italienne dans le cadre d’un échange. Ces jeunes pour ne pas perdre le contact avec leurs amis vont continuer à correspondre à l’aide d’un cyber café que leur prof a organisé. Il va leur arriver toute une série d’aventures.

Et ces livres se vendent bien?
Oui et non! Par exemple, je viens de faire un livre intitulé: Papa tu peux sauver la planète! J’en avais apporté près d’un millier à une grande conférence organisée par la CEEONU à Belgrade sur l’environnement, ces livres se sont envolés en une après-midi. Beaucoup plus vite que toutes les autres brochures qui étaient distribuées par ailleurs. Et je suis certain que les personnes qui l’ont prise l’ont lue et l’ont ramenée à la maison. Par contre pour les ventes c’est beaucoup plus laborieux essentiellement parce que la section des ventes des Nations Unies est actuellement plus organisée pour promouvoir les nombreuses publications des Nations Unies écrites par des experts, pour un public spécialisé d’universitaires, d’entités gouvernementales ou du secteur privé. Son réseau de distribution n’est pas orienté vers le grand public.

Est-ce un marché porteur pour l’avenir?
Je pense que l’intérêt pour ces publications grand public, et plus particulièrement pour les jeunes, est réel. D’ailleurs, mon premier livre de coloriage sur l’ONU a été imprimé à près de 30000 exemplaires et il y a de nombreuses demandes de traduction dans les langues les plus diverses. Au total l’ensemble de ces livres ont été traduits dans plus de vingt langues. En terme commercial si nous parvenons à faire des co-éditions avec de grands éditeurs cela devrait nous permettre d’avoir une meilleure distribution. Même si l’ONU n’est pas un des sujets les plus sexy du paysage littéraire, je suis certain qu’abordée de cette façon de nombreuses écoles pourraient l’inclure dans leurs programmes. Quoiqu’il en soit, il est important pour l’avenir de l’Organisation et de ses idéaux que les enfants soient informés non pas par des documents de l’ONU qui sont tous plus indigestes les uns que les autres mais par des supports ludiques.

Qu’aimeriez-vous développer de nouveau?
J’ai énormément de projets, qui vont depuis des livres de jeux sur l’ONU ou ses agences jusqu’à toute une série qui s’intitulerait Si l’ONU n’existait pas... ou Si l’OMS n’existait pas... L’idée centrale étant qu’il faut sortir de nos ghettos d’experts qui sont déjà convaincus par ce que nous faisons pour nous adresser aux plus jeunes pleins d’idéaux mais pour lesquels il est important qu’on leur présente les choses dans un langage qui leur plaît. «Découvrez l’ONU en vous amusant» tel était mon premier leitmotiv et je crois que c’est le bon.

Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur le site des publications des Nations Unies à Genève www.onug.ch/librairie.

 


 

DISCOVER THE UN AND HAVE FUN!

Interview with Jean Michel Jakobowicz for whom writing is child’s play. Talent that he was able to use as the person in charge of information in the UNECE during 30 years and as editor-in-chief of UN Special, the Geneva based international staff magazine from 1990 to 2007. But he has also used his talent for youngsters, writing numerous books on the UN for children and teens.

EMMANUELLE GANTET, UN-GENEVA

Your most well-known books for kids and the public at large are The UN in Your Daily Life and colouring books on the United Nations. Are all your publications about the UN?
No, they not only focus on the UN. However they all relate to topics dealt with by the United Nations, be it environment, Internet, the Millennium Development Goals (MDG) or the activities of UN agencies. A few years ago, for example, I wrote a book for teenagers on the World Meteorological Organization.

Most of these topics are quite dull and even adults have trouble understanding them!
The trick is to write them in such a way that everybody can understand them. It is a question of the way things are written of course, but also a matter of presentation and of illustration. If you take for example the Millennium Development Goals, I am pretty sure that very few people know what they are, outside the UN as well as inside. What I did was a colouring book entitled When I grow up... In two lines underneath each drawing a little girl explains what she will do to achieve the MDGs. To give you an example, she says When I grow up I will be an architect and will build schools so that all children will be able to learn how to read and to write. The only references to the MDGs are in the one paragraph introduction of the little girl and at the end where all the goals are listed, more for the parents than for the kids.

Because you think that parents are going to colour these books?
Of course not, but they are going to look over the child’s shoulder and there is a small chance that they might read these goals. That way we not only educate the children but also their parents.

Are there other games associated with the colouring books?
Yes, we have developed with a colleague of the UNECE a series of computer games which are sold with the books. It is set of simple games which can attract the attention of youngsters as well as of adults. These CDs contain a series of “puzzles”, “memory games”, “Find the difference” as well as a quiz type of game where the child or the adult plays against a monster. They are quite fun but they are also quite didactic.

What type of questions do you have in these quizzes?
It all depends on the CD. We currently have a collection of 6 CDs which deal with such themes as environment, sustainable development, the UN and its agencies, air pollution...

And you are creating these games during your working hours?
Mostly when time permits! Because the aim of all these games is to increase the awareness of the public on the achievements of the UNECE and the UN at large. However, my colleague Antoine Nunes does the computer work at night or during his weekends. He is an engineer and does wonderful work. However we are not alone in working on these products – for example Interns have helped us and I can tell you that they have enjoyed their jobs. Graphists have also been recruited to do the drawings. For the book The Musketeers conquer the net which explains the dangers of Internet to teenagers, all the illustrations were done by a young lady of 14.

Why did you do a book on the dangers of Internet?
This book was prepared for the World Summit on the Information Society which was held here in Geneva in 2005. At that time it seemed to me quite important to show the other side of Internet. This book tells the half-true story of teenagers from the area of Tchernobyl who come to a small village in Italy in the context of a student exchange. So that these young people don’t lose contact the Italian teacher has organized an Internet café in both villages. That is the true story. The adventures which follow are a little bit less “true” but could happen anyway.

Do these books sell well?
Yes and no! For example, I just published a book entitled: Daddy you can save the Planet! I took 1000 copies to Belgrade to distribute at an environment Conference. All the copies disappeared in a couple of hours. Much faster than any document or publication distributed at the Conference. And I am sure that all the delegates took them home and they were looked at. On the other hand, the actual sales are more laborious, mainly because the UN Sales Department is chiefly organized to promote “more traditional” and more technical UN publications prepared by experts for a more specialized public of academics, government experts of the private sector. The sales network is currently not oriented to the public at large.

Is it a market that will develop in the future?
I think that there is a real interest from the general public and more specifically from the youngsters for these types of publication. To give you an example, my first book, The UN in Your Daily Life, was printed in 30,000 copies and we have had a number of requests for translations. All in all, all these books have been translated into around 20 languages. In commercial terms if we succeed in doing co-editions with well known publishers that should help us to have a better distribution. Even if the UN is perhaps not the sexiest topic in the literature landscape, I am quite sure that if the UN and its agencies would go along those lines, many schools would include the UN in their curricula. Anyway, I felt that it is important for the UN and for its ideals that children be informed and not by UN documents which are totally indigestible, but by fun material.

What new ideas would you like to develop?
I have quite a lot of projects which go from games on the UN to a series of books on the UN and its agencies which would be entitled if the “UN didn’t exist... If Who didn’t exist”. The central idea is that we should get out of our ghetto of experts who are already convinced about what we do, so as to address the young public which is still full of ideals. Discover the UN and have fun, that was my first motto and I still think it’s a good idea.

For more information please have look at the web site of the UN publications at Geneva www.onug.ch/bookshop or at www.unece.org.

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