ZOOM SUR LA GENÈVE INTERNATIONALE
Interview de Mme Dominique Dembinski-Goumard,
collaboratrice du cabinet d’analyses et études
économiques
Eco’Diagnostic, et responsable éditoriale
de l’International
Geneva Yearbook 2007/2008,
à paraître en décembre 2007
EMMANUELLE GANTET, ONU-GENÈVE
En 1920, seulement deux cents diplomates et fonctionnaires internationaux travaillaient à Genève. Aujourd’hui, la communauté internationale, avec quelque deux cent septante organisations de la famille des Nations Unies, agences spécialisées, organisations non-gouvernementales et cent soixante-troismissions permanentes, représente près de quarante mille personnes. Genève et New York, sont les deux centres de coopération internationale les plus importants du monde, Genève accueillant le plus grand nombre de réunions. L’Office des Nations Unies à Genève (ONUG) est le centre de diplomatie multilatérale le plus actif du monde et a été le théâtre de bien des négociations historiques. Dominique Dembinski-Goumard, responsable éditoriale de l’International Geneva Yearbook, nous fait partager son expérience de la Genève internationale.
Vous avez travaillé sur la 20e édition de
l’Annuaire de la Genève internationale.
Y a-t-il eu de nombreux changements
depuis sa précédente édition en
2005?
Les entités listées dans cet annuaire et leur
historique bougent peu.Mais les hommes qui les composent et leur rapport d’activités nécessitent
une mise à jour régulière. Les
conflits politiques et économiques, les objectifs
culturels et humains, les défis énergétiques
et écologiques imposent des remises
en question et des adaptations permanentes.
Comment actualisez-vous vos données?
J’ai plus de trois cent cinquante contacts. A
chaque nouvelle édition, je leur demande
de mettre à jour leurs informations, avec une
présentation de leurs missions, objectifs, ressources
humaines et financières, ainsi que les
réalisations majeures de l’année écoulée. Le
texte transmis doit être concis et clair. Je me
permets de l’adapter dans la ligne éditoriale
fixée. L’objectif est d’informer et d’éveiller
l’intérêt du lecteur.
Cet annuaire serait donc une liste
exhaustive de toutes les organisations
internationales implantées à Genève.
N’est-ce pas technique et austère
comme publication?
Peut-être un peu, car cette publication est
d’abord un annuaire, un instrument de travail
à l’intention de toute personne cherchant à
mieux connaître le tissu des relations internationales
à Genève. Mais son public cible
est très large, allant des secteurs académiques,
politiques et fonctions publiques internationales,
aux secteurs des sociétés privées
et du particulier. En fait, ce volume de
six cents pages en format A5 se consulte aisément
si l’on recherche une entité internationale
à Genève. Son index permet en effet
une recherche rapide par le nom complet de
l’organisation ou son acronyme, en français
comme en anglais. Par ailleurs, il aide à
mieux comprendre comment s’organisent
les institutions politiques suisses, et plus spécifiquement
celles de Genève, pour gérer
son statut de ville internationale et ses relations
extérieures. Enfin, des réflexions de
personnalités marquantes de la Genève internationale
sont également publiées, ce qui
rend le livre vivant.
Vous êtes l’auteur du contenu de cette
publication et les Nations Unies en est
l’éditeur. Pourquoi ne la produisez-vous
pas sous votre label, voire en y insérant
de la publicité pour la financer?
A l’origine, cette publication était le loisir
d’été d’un professeur passionné par la vie internationale
à Genève. Dans les années 80,
feu le professeur Ludwik Dembinski, mon
beau-père, produisit le premier répertoire
de la Genève internationale. L’annuaire s’autofinançait,
les organisations internationales
achetant suffisamment d’exemplaires. Très
rapidement la ville de Genève et le canton s’y
sont intéressés et une partie les concernant a
été intégrée. C’est ainsi qu’Eco’Diagnostic a
étémandaté pour le publier. En 1999, cet ouvrage
est devenu une publication des Nations
Unies. Il n’a cependant jamais été question de
la financer par de la publicité car elle a toujours
été développée dans son esprit d’origine:
partager l’information, dans un souci
d’objectivité et d’indépendance. Il faut arriver
à maintenir son prix accessible, qui est aujourd’hui
de 65 francs suisses. Je ne souhaite
pas privilégier la visibilité d’une entité qui aurait
plus de moyens financiers, et encore
moins associer cette publication à des secteurs
d’activités qui ne partagent pas les valeurs
de la Genève internationale et des
Nations Unies. C’est à cause de cette indépendance
que l’International Geneva Yearbook a acquis son statut de référence.
Mme Dominique Dembinski-Goumard
Faites-vous référence à certaines
publications qui ont été publiées
à Genève telles que Genève, Traditions
et Perspectives – ONU 60e Anniversaire,
60th Anniversary produite avec
des publicités qui sortent de l’éthique
des Nations Unies?
Je vous dirais que je ne connais pas particulièrement
ces publications, mais il faut être
très exigeant dans ce domaine.
Le tirage de l’International Geneva
Yearbook est de mille exemplaires.
Ne pourrait-il pas être supérieur?
La promotion et la distribution sont du ressort
de l’éditeur, l’ONU, et de la Sectionmarketing
et vente des publications des Nations Unies.
A l’ONU de communiquer davantage pour
unemeilleure notoriété spontanée demon livre International Geneva Yearbook et de le
promouvoir lors de sa sortie annuelle en décembre.
En tant que responsable éditoriale,
je peux bien sûr participer à sa promotion en
rédigeant un communiqué de presse, ou en
valorisantmon fichier de contacts, soit un potentiel
de quelque mille personnes, en partie
des membres de clubs ou d’associations, genevois
et internationaux. L’ONU, de son côté,
doit organiser la conférence de presse, produire
une brochure promotionnelle et la diffuser.
Pourquoi cette publication porte
un titre en anglais seulement alors
que certaines parties sont bilingues
français-anglais?
Votre remarque est intéressante… En fait,
les descriptifs qui constituent la base de l’annuaire
sont tous en anglais, seule la partie
«Genève, lieu de rencontre du monde international
» ainsi que les noms des organisations
de la famille des Nations Unies, des
agences spécialisées, des organisations intergouvernementales,
des organisations nongouvernementales,
des instituts de recherche
et d’éducation et des missions permanentes,
sont bilingues. La partie «Articles et opinions»
bénéficie de textes, pour certains en anglais,
pour d’autres en français également afin
d’élargir l’audience.
Quel avenir voyez-vous pour
cet annuaire face au développement
de l’information en ligne?
Cet annuaire doit en effet s’adapter aumonde
moderne et le livre devrait également exister
dans une version électronique avec unemise
à jour constante des informations. Si un site
International Geneva Yearbook voit le jour,
je pense que l’édition papier devra être
conservée, mais sous une forme réduite.
Un dernier mot. Quel est l’élément
que vous souhaiteriez particulièrement
souligner dans cet annuaire?
Sans hésitation, la partie «Articles et opinions». Elle permet à travers un choix de réflexions
des acteurs de la Genève internationale
provenant des organisations, de
milieux universitaires ou politiques, de mesurer
l’importance de la Genève internationale
comme un lieu où les décisions sont
prises, où des experts travaillent avec leurs
équipes dans des domaines clés de la vie
quotidienne et sur un plan mondial.
Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur le site des publications des Nations Unies www.onug.ch/librairie.

