το Áλφα και το Ωμέγα*
Le seul pouvoir dont nous pouvons douter au XXIe siècle est celui des graines. Pour repeupler de noblesse de coeur et de largesse d’esprit de l’humanité, les générations futures sont les semences d’aujourd’hui et celles de demain sont les terres en friches de notre présent.
Nous sommes les laboureurs et les défricheurs
de nos systèmes personnels. Nous
sommes les esclaves et les maîtres de nos systèmes
économiques. Nous sommes les créateurs
et les destructeurs de nos noeuds de relations
humaines qui nous relient à l’univers.
Et la nature de la Terre repose sur sa diversité
et sa multiplicité qui unifiées au coeur
d’un même bouquet de vies devient Nature.
Nous devons, nous les hommes, dans notre
générosité naissante, collaborer et communier
ensemble pour créer l’Homme.
Famines, guerres, maladies et catastrophes
naturelles, l’enfant est l’unique rêve de la
tribu. Il est la graine de l’humanité. Déraciné
comme dans les conflits en Afrique, en
Amérique du Sud, en Asie, en Europe de
l’Est, au Moyen-Orient, voire au coeur même
de nos villages et de nos villes, c’est de nousmêmes
que nous nous éloignons toujours
plus loin. Du feu des armes à la barbarie des
exactions, des familles dispersées à celles
recomposées, de l’absence de tendresse à
l’abondance de matière, la Nature poussée
par son instinct de survie grandit sur le chemin
de son émancipation, de son indépendance
et de sa floraison. Et ce n’est qu’une
question de temps astral et d’énergie silencieuse
pour que la sève traverse les branches
de l’Etre.
Cette vie est phénoménale. Cette existence
est un voyage extraordinaire où la dernière
frontière n’est pas l’espace, mais notre esprit.
Et de cette croyance résulte le reflet du
monde qui nous environne. Nous vibrons et
nous émettons des vibrations de manière à
attirer et à rejeter ce que nous voulons et ce
que nous craignions. Cosmos, planètes,
étoiles, êtres vivants, organes, molécules,
cellules, électrons, tout est énergie… Nous
sommes énergie.
Ainsi par la force innée de notre création,
nous sommes reliés les uns aux autres à travers
un champ d’énergie cosmique. C’est la
raison pour laquelle, une temporalité mégacosmique
résonne universellement dans le coeur de tous les peuples. C’est ainsi que
l’individu doit faire corps avec son environnement
(Humain, végétal, animal et minéral)
pour le comprendre et l’intégrer dans son
Tout. Par sa volonté de toute puissance,
l’homme est amené à se confronter avec sa
propre densité et à son animalité pour mieux
concevoir l’essence et la sève qui l’animent
au fond de ses entrailles et de son histoire.
Il y a certes des valeurs, des cultures, des
idéologies, des vertus et des évidences inhérentes
aux gestes de l’individu qui protègent
et éduquent l’homme dans son assemblage
d’entité économico-sociale et de réceptacle
politico-religieux. Mais il y aussi et surtout
l’acceptation des cendres et du sang des civilisations
passées, de l’iniquité présente et
des injustices de demain pour libérer la
condition humaine au sein même de la Vie.
Quant à l’enfant, sous l’influence de ses environnements,
il grandira comme son tuteur
le dirige: de l’assimilation de la perception
des exemples, de la compréhension des enseignements
et de la rébellion de l’élève dépendront
la véracité et l’équité du jardin des
droits et des devoirs humains. Nous qui portons
en nous tant d’espoirs et de promesses
ne sommes-nous pas à la fois les bourreaux
et les victimes de notre imagerie mentale
emprisonnée par la peur?
Dans la tranquillité illusoire d’un système irréel,
l’homme semble se laisser porter par le
rythme inhumain et les flux extérieurs d’un
fonctionnement global matérialiste qui dévore
sa substance vitale. Incongruité réelle;
son avenir s’assombrit alors même que sa
conscience s’éveille à l’Autre. Paradoxe suprême;
nous disposons de suffisamment de
richesses et de ressources pour chacun d’entre
nous sur cette terre. Mais le Royaume de
Paix s’ouvrira à l’homme qu’à la condition
sine qua non que celui-ci s’ouvre à la Nature
du Tout et du Rien, du vide et du plein, du
Yin et du Yang, du possible et de son
contraire, de l’Etre et du non-Etre... L’individu
du XXIe siècle poussé par un fanatisme de
production et de consommation d’idées et de
biens, croit innover, il se trompe… Il brasse
l’illusion polymorphe de son propre reflet
monochrome. Par son rythme, la Nature lui
impose de ralentir et de repenser sa course
folle de «l’avoir». Pour sa survie et celle de
son espèce, il est amené à comprendre, à saisir
et à accompagner les racines de son mouvement
et celles de son Etre à travers ses
mutations d’ordre social. Sur son passage, les
voix de la planète bleue l’interpellent sur la
manière de considérer autrement sa demeure
à l’échelle de son espace-temps, mais aussi
face à l’évolution de sa conscience.
L’homme est condamné; il doit grandir. Dans
l’Amour ou dans la Haine, il grandira jusqu’à
disparaître de son jardin pour devenir nourriture
de sa propre Lumière. Et dans le tournoiement
de cette symphonie universelle, la
synergie de ses aspirations et de ses expirations
pourra t-elle donner naissance au nouveau
visage de l’Homme?

