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                    Culture

NIKOS KAZANTZAKI UN HUMANISTE DE NOTRE TEMPS

La Mission Permanente de la Grèce auprès de l’Office des Nations Unies et des Organisations Internationales à Genève en coopération avec la Société Internationale des amis de Nikos Kazantzakis organise une exposition concernant la vie et l’oeuvre du réputé écrivain grec Nikos Kazantzakis au siège des Nations Unies à Genève du 29 octobre au 14 novembre 2007.

GEORGES STASSINAKIS,
PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES AMIS DE NIKOS KAZANTZAKI

Lorsqu’on évoque le nom de Nikos Kazantzaki, on pense le plus souvent à un écrivain grec connu par l’adaptation cinématographique de son roman Alexis Zorba. On omet de signaler qu’il s’agit en réalité d’un géant de la littérature mondiale, traduit dans plus de quarante langues.

Il est, le seul auteur qui a embrassé tous les genres littéraires : romans, pièces de théâtre, poésie, essais, livres pour les jeunes, scenarii pour le cinéma, récits de voyages (il a voyagé pour des raisons culturelles, en Europe, au Proche et Moyen-Orient, en Afrique, en Asie centrale, dans le Caucase, en Asie du sud-est et en Extrême-Orient), études publiées dans des revues littéraires, une abondante correspondance, traductions en grec moderne de l’anglais, de l’allemand, de l’espagnol,
du français et de l’italien d’oeuvres des plus grands hommes de lettres, artistes et penseurs occidentaux.

 

Il est aussi un penseur. Lecteur assidu d’auteurs européens et orientaux et des guides spirituels d’Occident et d’Orient, il a créé une pensée propre fondée sur les principes suivants :

  • L’homme ne doit pas perdre son temps à des discussions inutiles. Il doit rechercher la substance, ce qui guide un être humain et une société.
  • Le but de l’homme doit être la recherche permanente de la liberté : personnelle, économique, politique qu’il l’attein
  • dra par des cheminements spirituels.
  • On doit protéger la nature dans sa totalité (eau, mer, animaux, plantes…) car elle est une création divine.
  • La primauté doit être donnée aux valeurs spirituelles et humanistes, quelle que soit la société dans laquelle nous vivons.
  • L’homme, enfin, doit avoir des racines (il était très attaché à la Grèce et à son île natale, la Crète), respecter ses traditions et son histoire. Mais il doit en même temps les dépasser pour s’intéresser aux autres peuples et cultures. Dans quel but ? Arriver à faire la « synthèse » entre l’Orient et l’Occident, entre la Grèce classique et la société moderne.
 

Citations de Nikos Kazantzaki
« Nous avons le devoir, au-delà de nos préoccupations personnelles, au-delà de nos habitudes commodes, au-dessus de nousmêmes de nous fixer un but, et ce but, jour et nuit, dédaignant les rires, la faim et la mort, de nous efforcer de l’atteindre. Non pas de l’atteindre ; une âme fière, dès qu’elle atteint son but, le déplace encore plus loin. Non pas de l’atteindre, mais de ne jamais nous arrêter dans notre ascension. C’est le seul moyen de donner à la vie noblesse et unité.»
Rapport au Greco

 

« La poésie est le sel qui empêche le monde de pourrir »
Antibes, 1957

 

Pour qu’une civilisation se maintienne à un niveau élevé, elle doit établir l’harmonie entre l’esprit et l’âme. Cette synthèse doit être le but suprême de la lutte actuelle de l’humanité. La tâche est difficile, mais nous ne la mènerons à bien que si nous savons clairement ce que nous voulons et où nous allons. Mais avant d’en arriver là, il est naturel que nous vivions le chaos et l’anarchie. Chaos moral et spirituel. Quiconque aujourd’hui entre en contact avec des hommes conscients, dans n’importe quelle partie du monde, note même sur eux les conséquences inévitables de la guerre, c’est-à-dire les résultats de l’angoisse et de la faim ; lassitude, anxiété et incertitude ; et au-dessus de tout l’absence d’une morale stable, universellement reconnue, sur laquelle on puisse reconstruire la vie intérieure de l’homme d’après-guerre.
Comment l’homme pourrait-il se refaire intérieurement dans un climat de lassitude, d’anxiété et d’incertitude ? Il n’y a qu’un seul moyen : mobiliser toutes les forces de lumière qui sont en sommeil dans chaque homme et dans chaque peuple.

BBC, 1946

 

Il y a trois sortes de romans :

  • le roman style « grand magasin ». Ce roman échappe aux lieux et aux temps parce qu’il flotte dans l’air, sans racines ; il est savamment cuisiné sur des recettes internationales ;
  • le roman régional ou national ; celui-ci a des racines dans son pays ; il exprime la façon particulière de penser, de sentir, de vivre et de mourir d’un peuple particulier. Ces romans sont comme les monuments locaux d’un pays ; ils sont précieux parce qu’ils peuvent enrichir notre esprit et notre sensibilité;
  • lorsque ces romans nationaux arrivent à passer les frontières nationales pour atteindre l’homme de toutes les nationalités, alors nous avons la troisième sorte de roman, la plus élevée. Approfondir l’homme de son pays jusqu’à ce qu’on atteigne l’homme sans étiquette, l’homme tout simplement, voilà quelle doit être l’ambition suprême du romancier.

Radio française, 1957

 

Opinions sur Nikos Kazantzaki
« J’ai nourri beaucoup d’admiration et, si vous le permettez, une sorte d’affection, pour l’oeuvre. (de Nikos Kazantzaki). Je n’oublie pas que le jour même où je regrettais de recevoir une distinction que Kazantzaki méritait cent fois plus (ndlr : il s’agit du Prix Nobel de littérature), j’ai reçu de lui le plus généreux des télégrammes ... Avec lui disparaît un de nos derniers grands artistes. Je suis de ceux qui ressentent et continueront de ressentir le vide qu’il a laissé ».
Albert Camus, 1959

 

La personnalité de Kazantzaki est déterminée par le lieu où il est né. Kazantzaki est Crétois – il faut s’en rappeler à tout instant, lorsque nous l’étudions. Et comme la Crète est située entre l’Orient et l’Occident, au milieu justement de la route qui unit l’Europe, l’Asie et l’Afrique du Nord, de même Kazantzaki est un mélange particulier d’Européen et d’Oriental. Son éducation a été essentiellement occidentale et pourtant dans son for intérieur, dans la profondeur de son âme, crie l’oriental.
Professeur Yannis Kakridis, traducteur (avec Nikos Kazantzaki) d’Iliade et de L’Odyssée d’Homère, 1959

 

Societé internationale des amis de Nikos Kazantzaki
Créée à Genève le 14 décembre 1988

 

Comité de coordination :
Case postale 2714
1211 Genève 2 Dépôt – Suisse

C’est une Association culturelle internationale, sans but lucratif, créée en 1988 à Genève. Son but principal est de promouvoir sous différentes formes – l’oeuvre et la pensée du grand écrivain et poète Nikos Kazantzaki (1883-1957).

Son siège est à Genève. Elle est administrée par un Comité de coordination élu par l’Assemblée générale des adhérents. Elle est organisée en Sections nationales. Ses ressources proviennent des cotisations et de dons.
Ses adhérents, au nombre de 4030, résident dans 103 pays, sur les cinq continents.

 

Activités
Conférences, Colloques, Lectures, Journées d’études, Réunions, Films, Théâtre, Expositions, Voyages, Musique, Documents audiovisuels, Concours littéraires.

 

Publications
Revue : Le Regard crétois, revue annuelle (en français).

 

Bulletin : Synthesis, Bulletin d’informations, publié tous les quatre mois, en anglais, en espagnol, en français, en grec, en portugais et en russe.

 

Renseignements :
Case postale 2714
1211 Genève 2 Dépôt – Suisse

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