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L’Initiative Sectorielle en faveur du coton : comment les nouvelles règles à adopter pour le commerce international du coton peuvent-elles contribuer à lutter effectivement contre la pauvreté dans les pays producteurs de coton en Afrique ?

Article réalisé en collaboration avec la Mission permanente du Bénin à Genève, très active dans les négociations commerciales multilatérales

La culture du coton est source de création de richesses et d’emplois dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. L’activité de production et d’exportation du coton constitue la principale source de revenus pour plus de 15 millions de personnes en Afrique où trente-six pays en sont producteurs. Le coton contribue pour environ 8 à 12 % du Produit Intérieur Brut (PIB), 40 % des recettes totales d’exportation et 70 % des recettes d’exportation agricoles au Bénin, au Burkina Faso, au Mali et au Tchad. Mais le secteur est confronté à de sérieuses difficultés, conséquences des subventions et des soutiens internes massifs que certains pays, situés dans l’hémisphère nord accordent à leurs producteurs et exportateurs de coton. C’est donc en raison de l’importance de ce secteur d’activité dans leurs économies et pour leurs communautés rurales, et pour rechercher l’adoption de règles justes et équitables sur le coton dans les négociations commerciales multilatérales en cours à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) que les quatre pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre ci-dessus mentionnés ont lancé en avril 2003, l’initiative sectorielle en faveur du coton. Débattue à Cancun (Mexique) en septembre 2003, la question du coton a fait l’objet d’intenses négociations à Genève à la fin de juillet 2004 où les membres de l’OMC ont, pour la première fois et unanimement pris l’engagement formel de traiter la question du coton de «manière ambitieuse, rapide et spécifique dans le cadre des négociations agricoles ». Cette décision a été confirmée à la 6e Conférence ministérielle de l’OMC tenue à Hong Kong en décembre 2005.
Deux objectifs sont visés par l’initiative sectorielle en faveur du coton :

  1. L’élimination des subventions à l’exportation du coton et la réduction substantielle en vue de leur élimination totale des soutiens internes accordés au coton par les pays développés ;
  2. La mise en place d’un mécanisme pour gérer les pertes de revenus d’exportation du coton qui résultent des fluctuations des cours du coton sur le marché international, jusqu’à l’élimination totale des soutiens internes et des subventions qui distordent le commerce international du coton. Ce mécanisme est donc vu sous la forme d’un « filet de sauvetage ».

L’initiative sectorielle en faveur du coton est devenue un véritable symbole de demande et d’attente urgentes de réformes nécessaires à introduire dans les règles du commerce agricole et un fer de lance pour combattre la pauvreté dans les pays africains producteurs de coton. L’initiative coton s’inscrit pleinement dans cette dynamique et véhicule l’idée que les pays vulnérables ont également leur place, un poids important dans le système des négociations commerciales multilatérales, et dans la mondialisation en général.
Aujourd’hui, qu’en est-il des deux objectifs fixés ? Les négociations du Cycle de Doha ont été interrompues en juillet 2006, et ont repris en février 2007. Après la sortie des textes de modalités sur l’agriculture et les produits Industriels, qui doivent conduire à des décisions finales en vue d’un Accord global concluant le Cycle de négociations, les pays de l’Initiative Sectorielle en faveur du coton, et l’ensemble des pays africains producteurs de coton s’attendent à ce que les grands acteurs du commerce international du coton confirment les engagements qu’ils ont pris en juillet 2004 et en décembre 2005 sur le coton, en acceptant d’adopter les mesures qui permettront de rendre le commerce international du coton ouvert et bénéfique également aux petits pays qu’ils sont. La pénibilité de la culture du coton dans les pays africains et le droit de ces pays à participer eux aussi au commerce international justifient leurs attentes de voir être adoptés des règles et principes justes et équilibrés pour le commerce international de ce produit.

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