DIVERSITÉ CULTURELLE ET LANGUE DOMINANTE : PLUS ÇA CHANGE PLUS C’EST LA MÊME CHOSE...
De la création de l’Agence de coopération culturelle et
technique
en 1970, à la fusion au sein de l’Organisation
internationale de la
Francophonie en 2005, le projet
francophone a considérablement
évolué. Ainsi, à
l’occasion du VIIe sommet de la Francophonie
en
novembre 1997 à Hanoï, les chefs d’Etats et de
gouvernement
se déclarent « conscients de la
nécessité
de renforcer la dimension
économique de la
Francophonie,
et reconnaissant l’urgence
de
répondre
au besoin de
développement de nos
peuples... »
De fait le processus d’intégration des économies
s’est accéléré de façon irrésistible ;
mais cette mondialisation s’avère à la fois
porteuse de croissance et facteur d’aggravation
des inégalités. Nombre de pays en développement
n’en tirent encore aucun bénéfice.
Cela tient en particulier à la définition
et aux mises en oeuvre inadéquates de leurs politiques économiques et commerciales. Ils
doivent donc pouvoir y remédier et faire
valoir leurs intérêts dans le cadre des négociations
internationales, des coopérations
bilatérales et multilatérales et auprès des institutions
financières internationales.
Pour la Francophonie, l’intégration des
pays les moins avancés et des pays en développement
francophones dans l’économie
mondiale est un élément clef d’une
stratégie de développement économiquement
durable et équitable.
Quelles activités concrètes ?
La Francophonie intervient selon deux axes:
l’intégration des pays francophones dans
l’économie mondiale et l’appui aux stratégies
de développement économiques. Elle le fait
en partenariat avec les entités régionales, les
organisations internationales concernées
(OMC, CNUCED, OMPI etc..) et les universités
francophones.
Quelques exemples de programmes :
- Le programme REXPACO (renforcement de l’expertise francophone en négociations d’accords commerciaux et d’investissement) vise à créer une masse critique d’experts spécialisés dans les questions commerciales ultilatérales et d’investissements; à renforcer les capacités, notamment par des structures permanentes locales, nationales et régionales ; promouvoir les partenariats Nord-Sud, Sud-Sud et la mise en réseaux des administrations publiques, de la société civile ainsi que du secteur privé. Les formes d’intervention sont très diverses: formation, concertation, assistance technique, mise en place d’un réseau d’institutions francophones de formation en négociations commerciales etc.
- Un programme de création d’une plateforme d’experts en négociations d’accords de partenariats économiques, a été élaboré en collaboration avec le Commonwealth. Il s’agit d’aider les pays du groupe ACP à définir d’une manière cohérente leurs politiques commerciales, à mieux évaluer les risques et opportunités liés à l’intégration dans l’économie mondiale et à mieux défendre leurs intérêts. Des conseillers en négociations d’accords ACP/UE sont mis à la disposition des pays et des régions (UEMOA, CEMAC, CEDEAO).
- L’OIF tente de faciliter l’accès aux financements des pays du Sud en appuyant les Etats dans leur compréhension des mécanismes de financement: il s’agit de mieux négocier avec les institutions internationales et d’instaurer un système de veille et d’alerte électronique sur les opportunités de marchés.
Genève, lieu stratégique
En 2001, un poste destiné au suivi des dossiers
économiques et de développement a été créé
au sein de la Représentation permanente de
l’OIF à Genève.
L’objectif du poste est d’assurer la collecte et la
diffusion d’informations et le soutien aux délégations
francophones sur les questions commerciales
multilatérales.
Ainsi, la Francophonie a participé en 2003 et
2005 aux réunions ministérielles de l’OMC à
Cancun et Hong Kong, et a organisé des rencontres
informelles entre ministres du Commerce
et chefs de délégation francophones.
La Représentation organise régulièrement des
ateliers thématiques sur les principaux points
de négociations à l’OMC : l’agriculture, l’accès
aux marchés pour les produits non agricoles,
etc. Ces ateliers ont pour objet de favoriser le
« réseautage » des délégués francophones ; de
soutenir les délégations ayant des capacités réduites
et ayant des difficultés avec certains sujets
de négociation ; et de mettre en valeur
l’expertise francophone. En juin 2007, lors d’un
atelier sur l’accès aux marchés des produits non
agricoles, M. Don STEPHENSON, Ambassadeur
du Canada et président du groupe de négociations
sur l’AMNA, a été invité en tant que
conférencier. Avant la fin de l’année, deux ateliers
sont prévus, dont les thèmes seront choisis
en fonction des avancées du cycle de Doha.
Par ailleurs, à l’occasion de la CNUCED XI, à
Sao Paulo en 2004, la Francophonie a assuré la
coordination de la délégation francophone
conduite par l’ancien ministre libanais M. Ghassan
SALAME, et a été active dans le cadre des
discussions sur les industries créatives. En 2008,
la Francophonie participera également à la
CNUCED XII, prévue à Accra (Ghana), dans le
cadre du Forum de la société civile.

