LE GROUPE DES AMBASSADEURS FRANCOPHONES
Entretien avec S.E.M. l’Ambassadeur
Roger Julien MENGA président
du groupe des
Ambassadeurs Francophones (GAF).
Qu’est-ce que le groupe
des Ambassadeurs francophones ?
C’est en 1986, à la suite du 1er Sommet de la
Francophonie, que le groupe des Ambassadeurs
francophones à Genève est créé. Sur
les soixante-huit Etats et gouvernements
membres et observateurs de l’Organisation
internationale de la Francophonie, il réunit
aujourd’hui cinquante-six chefs de Missions
permanentes présentes à Genève.
Le groupe des Ambassadeurs francophones inscrit son action dans le respect des objectifs et des principes de la Charte des Nations Unies et des résolutions sur le français dans les organisations internationales adoptées par les Conférences des chefs d’Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage, depuis 1989.
Le groupe s’est doté d’un règlement intérieur.
Il est actuellement présidé par Monsieur
Roger Julien MENGA, Ambassadeur,
Représentant permanent de la République du
Congo, assisté d’un Bureau. La Représentation
permanente de l’OIF assure le secrétariat
du groupe et fait partie du Bureau.
Le groupe se réunit régulièrement afin de
dégager des priorités de réflexion sur la base
des textes fondamentaux adoptés lors des
Sommets francophones et en fonction du
calendrier de la Genève internationale.
Il apporte son appui aux initiatives de la
Francophonie notamment dans le cadre du
respect de l’usage du français et du multilinguisme
dans les organisations et les relations
internationales. Il organise également des
concertations francophones à l’occasion des
réunions et conférences tenues par les institutions
internationales ayant leur siège en
Suisse.
L’Ambassadeur nous a accueillis au sein de la Mission Permanente du Congo afin de nous livrer un message franc et direct sur l’action, la philosophie et les priorités du groupe.
Monsieur l’Ambassadeur, pourriezvous
vous présenter ?
Je suis Ambassadeur, Représentant permanent
de la République du Congo auprès de
l’Office des Nations Unies et des autres organisations
internationales à Genève depuis
février 1999 et Ambassadeur extraordinaire et
plénipotentiaire auprès de la Suisse depuis
février 2000. Je suis membre du bureau du
GAF depuis 2005, avant d’intégrer la présidence
depuis 2006. Je suis actuellement au
cours de mon deuxième mandat.
Quelles philosophies animent
aujourd’hui le GAF, en tant que
groupe informel au coeur du système
des Nations Unies ?
Le GAF a de plus en plus d’ampleur à travers
les activités qu’il mène. Cela se ressent particulièrement
lors de réunions de concertations
que nous organisons en amont des rencontres
internationales. Concrètement, le
groupe francophone se réunit pour faire un
tour d’horizon des questions que seront abordées
afin que la compréhension soit la même
pour tous. Même si le groupe et les intérêts
sont bien entendu hétérogènes, nous enrichissons
mutuellement notre compréhension
et notre approche des questions qui relèvent
d’un large spectre : droits de l’Homme,
respect du multilinguisme, négociations commerciales
multilatérales etc. Et cela est particulièrement
important pour les petites missions
qui trouvent ainsi un soutien de la part
des missions aux capacités plus importantes.
Je voudrais mettre en exergue ici, le caractère
solidaire de la communauté francophone de
Genève, et l’importance du partage d’expériences
et de l’information, dans un cadre
convivial !
Je suis convaincu que le groupe est animé
par l’idée d’une appartenance forte à la culture
francophone ! Aussi, lorsque nous nous fédérons,
à l’occasion de grands rendez-vous au
sein des instances internationales, nous sentons
que la francophonie c’est aussi une façon
d’appréhender le multilatéralisme, c’est une
source d’élan ! Par exemple, nous avons eu de
maintes occasions de rencontrer des membres
de la direction de certaines organisations
internationales pour défendre le respect du
multilinguisme et aussi, pour défendre les intérêts
de jeunes experts francophones, aux
multiples compétences qui avaient du mal à
être définitivement embauchés.
Quelles sont les priorités du GAF ?
Il faut veiller au respect du multilinguisme,
pour que tous les groupes puissent travailler
dans de bonnes conditions. C’est donc une
garantie de l’équité ! Par exemple, nous avons
entamer des démarches concrètes à l’OMS,
dans le cadre de la préparation de la 122
session du Conseil exécutif qui aura lieu en
janvier 2008, en vue de l’inscription à l’ordre
du jour d’un point consacré au multilinguisme
et élaboration d’un projet de résolution.
Sur les plans économiques et des droits de
l’Homme, nos concertations sont très utiles,
nous devons garder cette dynamique, et
consolider cette enceinte d’échange.
Avant de conclure, monsieur l’Ambassadeur,
auriez-vous des messages
à faire passer, en dehors de votre rôle
de président du GAF, mais en tant que
francophone uniquement ?
Je souhaite que le grand public soit averti de
la solidarité qui anime la culture francophone.
Je souhaite aussi que toutes les précautions
soient prises pour défendre la
langue que nous avons en commun, le français.
Pour ma part je me définis comme un
militant de la langue française, je n’accepte
pas que le français soit délaissé!

