Edito
J.M. Jakobowicz, redacteur en chef
 
 
J.M.Jakobowicz
Rédacteur en chef

 

LES PARIAS DU SYSTÈME

C’est maintenant officiel: même nos chefs n’aiment plus leur bureaucratie. En effet, les organisations du système des Nations Unies sont de plus en plus nombreuses à envoyer certains de leurs services administratifs loin des centres de décisions. Copenhague, Budapest, Dubaï ou la banlieue de Kuala Lumpur, il semble que la distance ne soit jamais assez grande pour ces parias de la bureaucratie.
Bien sûr, la raison officielle est que cela coûte moins cher. Mais c’est une raison fallacieuse, car si un tel alibi peut être vrai pour Dubaï et Kuala Lumpur, elle ne l’est certainement pas pour Copenhague ou Budapest. Il faut bien se rendre à l’évidence, l’administratif tant encensé par le passé est devenu indésirable.
Par contre, grâce à cet éloignement, la bureaucratie va enfin pouvoir créer son propre petit monde encore plus éloigné de la réalité et des problèmes que rencontrent les départements.
Un monde à la mesure de son ambition, un monde fait de formulaires, de règles ésotériques que personne ne pourra contester car elle sera trop loin pour entendre nos plaintes.
Le risque est qu’un jour, il y ait une panne de communication entre le quartier général et ces lieux éloignés où on l’a cachée. Car, bien vite, nous risquons de nous apercevoir que le système fonctionne à merveille sans toute sa paperasserie.
Il existe d’ailleurs un projet secret qui prévoit de mettre toutes les administrations de toutes les organisations du système sur un bateau qui voguera au gré des ajustements de postes. Si les salaires sont moins élevés à Manille, le bateau voguera vers les Philippines, si demain le dollar venait à tomber au plus bas, ce même bateau irait à San Francisco. D’où une économie d’argent et de frais de déménagements

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