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PUBLICATIONS DES NATIONS UNIES ET MARKETING: UN DÉFI À RELEVER

Salon livre de Genève 2-5 mai 2007 / Geneva Book Fair 2-6 May 2007
Les publications des Nations Unies, ce sont plus de 45000 essais, rapports
annuels, bulletins et périodiques, ainsi que des analyses et des statistiques
économiques. Les publications des Nations Unies génèrent un chiffre
d'affaires d'environ 8,5 millions de dollars par an dont un tiers par le bureau
de Genève.
EMMANUELLE GANTET, ONU-GENEVE

Depuis l'article «Les livres font salon à Franc­fort» paru en novembre dernier, Nicolas Bovay a pris ses nouvelles fonctions de Chef de la Section marketing et vente des publica­tions des Nations Unies à Genève. Le salon du livre de Londres du 16 au 18 avril 2007, un événement majeur dans le monde de l'édition en Europe, et le salon du livre de Genève du 1er au 6 mai 2007, ont été l'occasion de faire le point sur la situation actuelle et à venir des publications des Nations Unies.

Interview de Nicolas Bovay, Chef de la Section marketing et vente des Publi­cations des Nations Unies à Genève

Comment percevez-vous les publications des Nations Unies dans le monde de l'édition?
Les publications des Nations Unies sont une source d'informations uniques et fiables. De­puis 1945, les Nations Unies, et institutions spécialisées, programmes et fonds, tels que l'UNESCO, la FAO, l'OMS, l'UIT, le HCR, le HCDH, POMPI, le BIT ou encore l'UNEP pour n'en citer que certains, publient à un rythme d'environ 700 livres par an. Les données pro­duites ont toujours été considérées comme une référence dans leur domaine comme les droits de l'homme, le développement du­rable, le HIV/sida, les nonnes de travail, la propriété intellectuelle, et encore dans les sciences politiques, sociales et économiques.
Je considère que les publications des Nations Unies ont leur propre marché.

M. Nicolas Bovay
Nicolas Bovay. Chef de la Section
marketing et vente des Publications des
Nations Unies à Genève

Voulez-vous dire que les publications des Nations Unies n'ont pas de concurrence?
Dans notre société de consommation, il est difficile de dire qu'il n'y a pas de concur­rence. Je pense que les informations pu­bliées par les Nations Unies sont uniques car elles sont produites par des experts qui bénéficient d'une position privilégiée au niveau mondial. Cependant, au regard de l'offre actuelle très importante de livres et de données en ligne, les Nations Unies, comme toute autre entreprise aujourd'hui, se doit d'être concurrentielle. Je veux dire qu'elle doit développer sa visibilité, maintenir sa position dans l'édition comme la seule réfé­rence dans certains domaines.

Quel est votre lectorat?
Les étudiants, les institutions gouvernemen­tales, les diplomates sont le cœur de notre marché. Ils ont besoin de données fiables pour nourrir leurs débats et établir' des poli­tiques ad hoc. Cependant, l'évolution des attentes des lecteurs a fait apparaître de nou­velles formes de publication. Des couver­tures et des mises en page plus colorées et bien illustrées ont fait glisser notre position­nement d'un marché de spécialistes vers un marché grand public. C'est pourquoi de plus en plus de livres sur les Nations Unies et ses activités sont publiés pour les enfants et les jeunes lecteurs. Aussi, il est vital que nous an­ticipions les tendances et que nous dévelop­pions une approche marketing pro-active.

Peut-on dire que si les Nations Unies sont très connues, leurs publications ne bénéficient pas d'un même rayonnement?
Tout à fait... Et c'est pourquoi diriger la Sec­tion marketing et vente des Publications des Nations à Genève est un défi très intéressant. Développer la visibilité des Nations Unies comme éditeur est vital pour la pérennité de nos opérations. C'est pourquoi le marketing a été défini, d'un commun accord avec le bureau de New York, comme la priorité numéro un.

Quel type de stratégie marketing avez-vous l'intention de mettre en place?
Il nous faut travailler en amont et en aval du marché et asseoir une image de marque. En amont, cela signifie développer nos relations avec les départements auteurs, ceux qui pro­duisent les publications et donc enrichissent notre gamme de produits. En aval, nos ac­tions doivent porter sur les distributeurs, les détaillants et les lecteurs. Plus la notoriété des Nations Unies comme éditeur sera forte, plus nos relations avec les départements auteurs et les réseaux de vente seront facilitées.


L'équipe marketing et vente à Genève / Marketing and Sales Team at Geneva

Qu'entendez-vous par enrichir la gamme des publications avec les départements auteurs?
Chaque année beaucoup de nouvelles pu­blications sont produites par les Nations Unies. Malheureusement, beaucoup d'entre elles sont éditées sans numéro ISBN et nu­méro de vente, données techniques fournies uniquement par notre Section. Sans ISBN et sans numéro de vente, une publication ne peut pas être enregistrée dans le portefeuille des publications des Nations Unies et ne peut pas bénéficier d'une diffusion à travers nos réseaux de vente dans le monde entier et beaucoup d'opportunités sont perdues. C'est pourquoi notre Section doit être associées très en amont d'un projet d'une nouvelle pu­blication. La systématisation d'une telle consultation permettra d'assister le départe­ment auteur dans ses plans de lancement et de diffusion auprès des publics concernés et d'assurer la viabilité commerciale de projets de publication.

Comment communiquez-vous avec vos réseaux de distribution et les lecteurs?
Les outils marketing sont pour la plupart développés par notre bureau à New York et adaptés à Genève pour les marchés que nous couvrons. Les informations auprès des ré­seaux de vente sur les nouveautés sont dans des formats électroniques et papier et cou­vrent des thèmes tels que les drogues, les droits de l'homme, les femmes, les enfants, etc. Nous rencontrons également nos distri­buteurs lors de salons professionnels inter­nationaux du livre tels que ceux de Londres, Francfort, Le Caire, Cape Town et Moscou. Notre section organise et coordonne le stand des Nations Unies pour toutes les entités des Nations Unies présentes -Francfort mobilise près de 20 agences intergouvernementales! Afin de développer une meilleure présence en Europe de l'Est et en Afrique, nous sou­haitons aussi être présents à des événements internationaux organisés par des associa­tions professionnelles, par le Conseil pour le développement des sciences sociales en Afrique et le Conseil de l'Europe. Enfin, auprès du lectorat, nous développons des posters et des marque-pages qui devront être distribués à grande échelle par nos réseaux de distribution, les points de vente et les bibliothèques universitaires.


L'équipe marketing et vente à New York / Marketing and Sales Team at New York

Est-ce-que le «Bookshop» au Palais des Nations est votre principale vitrine?
En effet, il l'est... Dans les années 60 quand le «Bookshop» porte 40 a été créé, il était très à l'avant-garde. Aujourd'hui il fait un peu vieillot et mérite d'être réagencé. Si vous avez l'opportunité de visiter le Bookshop à New York vous comprendrez mes propos. Dans l'immédiat, nous avons à rénover le kiosque de l'Administration Postale des Na­tions Unies à la porte 6 qui est sous la res­ponsabilité de la Section depuis peu.

A l'époque du numérique, qu'en est-il de votre site web?
L'objectif est d'avoir un portail commun «Publications des Nations Unies», avec deux sites séparés pour New York et Genève pour l'administration du Bookshop et des ventes. A ce jour seulement New York accepte les cartes de crédit tandis qu'à Genève, pour différentes raisons, ce n'est pas encore pos­sible. Cette situation devrait trouver une solution dans les prochaines semaines.

Vous attaquez tous les aspects de votre marché: en amont avec les départements auteurs, en aval avec des actions pour vos réseaux de vente et les lecteurs, un site unifié avec New York et la mise en place d'un paiement en ligne à Genève, la rénovation du Bookshop. Comment allez-vous mener tout cela de front?
Je compte sur mon équipe qui est fort heu­reusement composée de personnes dyna­miques, de confiance et riches d'idées. Nous sommes dix avec mon adjointe Catherine Vibert. L'équipe est deux fois moins impor­tante que celle de New York. C'est pourquoi nous n'avons pas d'autres choix que de nous reposer sur certaines ressources techniques et expertises disponibles au siège. Je compte également sur l'appui des différents services de l'ONUG et plus particulièrement sur la Section de la reproduction pour la création et l'impression de nos supports de communication ainsi que sur la Section des bâtiments et des services techniques pour la rénovation de nos espaces de vente au sein du Palais.

Comment travaillez-vous avec le bureau de New York?
Christopher Woodthorpe est le Chef de la Section au niveau monde à New York. Nous travaillons en étroite relation. Dans certains domaines, tel que pour les questions liées au Web et aux IT, nous sommes également très proches de son équipe et nous parta­geons autant que possible nos ressources en catalogues et outils promotionnels afin de générer des économies d'échelle. Chacun des bureaux est responsable de son marché géographique et au niveau local de son Bookshop. Aussi, vous trouverez à Genève comme à New York un service clients, un ser­vice des ventes, un département marketing.

Aviez-vous une formation en marketing et dans l'édition?
J'ai étudié le droit à Londres et j'ai travaillé ' comme journaliste pour de nombreux sup­ports avant d'être porte-parole pour une organisation des droits de l'homme. Plus de 16 années en relations publiques et dans l'édition au sein d'ONG internationales: et des Nations Unies m'ont donné une aisance en marketing des publications.

Je crois que vous êtes parfaitement bilingue, quelles sont vos origines?
Depuis mon plus jeune âge, j'ai été nourri d'une culture anglaise et française. Ma fa­mille maternelle est originaire de Londres et celle de mon père de la région de Genève. Mais beaucoup d'autres influences sont venues en plus de cet héritage. Aujourd'hui, avec mon épouse et mes enfants, nous naviguons constamment entre l'Angleterre et la France.

Que doit-on vous souhaiter de plus?
Principalement de réussir avec une excel­lente équipe dans le mandat qui nous a été défini par la Division des relations exté-rieures. Notre défi étant de stimuler la nais­sance de nouveaux marchés, de maximiser notre potentiel et d'ouvrir l'information tant aux experts qu'aux familles et à la jeu­nesse, tout en générant des revenus pour l'organisation.

Pour plus d'informations, vous pouvez vous rendre sur le site des publications des Nations Unies www.onug.ch/librairie.

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