ENTRE GENÈVE ET ANNECY: HISTOIRE D’UN PETIT PAYS
Vincent Humbert est coiffeur à domicile, il exerce son métier dans un «petit pays» localisé dans un périmètre étendu dont le centre névralgique se situe sur la commune d’Andilly entre Annecy et Genève.
CHRISTIAN DAVID


Vincent Humbert
Vincent a aussi la particularité d’occuper la fonction de PDG bénévole et chef d’orchestre d’une action originale, à mi-chemin entre l’aventure humaine et l’entreprise: Andilly loisirs. Il s’agit d’une association qui est composée de 400 bénévoles et qui comprend 30 salariés. Au fil des années et malgré les difficultés, une forte dynamique touristique et économique a été initiée par un groupe soudé où tous les talents se conjuguent. Le secret de cette réussite s’appelle la passion. Cette dernière s’ancre sur des valeurs aussi déterminantes que le respect des traditions, du patrimoine et avec la petite part enfantine que chaque participant a de pouvoir poursuivre son propre rêve et de continuer à s’amuser dans un formidable terrain de jeu.
Parlez-moi d’Andilly loisirs
Il s’agit au départ d’une petite association
qui a construit son expérience au fil des années. Une première fête médiévale s’est déroulée
en 1996, par la suite, le prêt du presbytère
du village a permis d’accueillir le Père
Noël. L’implication et la passion ont fait le
reste et nous avons pu améliorer et diversifier
les approches. Plusieurs responsables se
sont succédé en apportant leur touche, leur
enthousiasme et leur vision.
Aujourd’hui, nous proposons de visiter le Hameau du Père Noël toute l’année. Il s’agit d’un ancien relais de diligence aménagé pour accueillir notre hôte prestigieux qui se trouve au sommet du mont Sion entre Genève et Annecy.
A la fin du printemps nous organisons un spectacle médiéval avec plus de 250 artistes, des animations et spectacles pyrotechniques. Nous accueillons environ 30000 visiteurs. Nous proposerons également le parc des légendes à partir du 16 juin.
Enfin, nous avons rénové et aménagé en respectant les traditions locales, un espace dénommé la cure art et jardin. Des expositions s’y déroulent en permanence dans un environnement authentique. Nous avons le respect de la belle ouvrage pour nos rénovations et nos entretiens. C’est également le cas pour le jardin aux 150 essences réalisé par Nicole qui fait l’objet de soins attentifs. Les oeuvres d’artistes contemporains pavoisent les lieux pendant les expositions.
Comment organisez-vous
vos activités?
Notre équipe est constituée par des personnes
qui nous rejoignent parce qu’elles se
rendent compte, en nous rencontrant, que
nous sommes réellement amoureux de notre
projet et faisons tout notre possible pour
qu’il se réalise et soit partagé par nos bénévoles
ainsi que par nos visiteurs. Une émulation
se crée automatiquement il suffit ensuite
de l’entretenir.
Quel est votre but?
Nous voulons donner une forte identité à notre
«petit pays» en faire un lieu incontournable dans la région au même titre que le jet
d’eau de Genève ou le lac d’Annecy. Il s’agit
là d’un voeu ambitieux mais pas irréalisable
si nous parvenons à proposer des activités
qui répondent aux attentes du public. Ce
que nous ne voulons pas en revanche, c’est
remettre en question l’approche humaine et
sombrer dans un marketing forcené qui nous
ferait perdre notre âme.
Quelles sont les implications économiques
d’une telle mise en place?
Nous commençons effectivement à avoir un
statut économique intéressant puisque nous
avons créé des emplois, mis en place des
chantiers d’insertion autour de points d’amélioration
et de mise en valeur de notre site.
Nous sommes pleinement mobilisés par l’aspect
social, environnemental, économique et
culturel et nous sommes donc désormais
considérés comme un partenaire à part entière
dans ces domaines par les responsables
politiques et économiques de la région.
La réussite du Puy du fou
vous a-t-elle inspirés?
Elle ne nous a pas inspirés mais elle nous a
aidés. Il existe en effet une similitude d’action
et de passion avec l’aventure du Puy du fou.
Comme dans l’aventure vendéenne, il y a
eu une participation de la population locale,
une volonté de mettre en valeur notre culture
locale et une réelle mobilisation autour d’un
projet. Nous avons noué des contacts étroits
et nous tirons beaucoup d’enseignements
des conseils précieux de nos amis qui nous
ont surnommés petits frères puyfollets de
Haute-Savoie. Il est étonnant également de
constater que nous suivons la même logique
de fonctionnement et que les nouvelles générations
qui ont été plongées dans toutes
ces réalisations les ont complètement intégrées
dans une culture et une identité communes
: une génération nouvelle qui porte
l’avenir de nos futures activités.
Quelles sont ces nouvelles activités?
Il existe un foisonnement d’activités généré
par tous les acteurs : des ateliers de spectacle
avec jonglage, arts du cirque et échasses,
des fabrications de costumes, le travail du
bois, les activités liées aux chevaux. Tous
les ans, des imaginations et des énergies
nouvelles nous permettent d’innover et de
nous renouveler. Il nous faut nous organiser
pour faire en sorte que chaque talent soit utilisé
au mieux.
Quel moment est le plus propice
pour se rendre au petit pays?
Vous pouvez venir toute l’année et découvrir
une nouveauté à chaque fois.
Si vous voulez avoir une première idée sans vous déplacer, connectez-vous sur notre site www.andillyloisirs.com.
Sans hésiter il faudra venir pour les grandes médiévales les 26 et 27 mai, 2 et 3 juin 2007, avec nocturnes les 26-27 mai et le 2 juin. Le spectacle sera somptueux cette année: au détour des chemins rencontrez les artisans, les boutiquiers, les gens d’armes, les troubadours et saltimbanques, les fées, acrobates, spectacles équestres, concerts de musique celtique, tournois, joutes et combats et j’en passe.

