
J.M.Jakobowicz
Redacteur en chef
DOCTORAT S’ABSTENIR
«Nations Unies, recherche pour son secrétariat
collaboratrices(eurs) sans aucune formation,
quinze ans d’expérience minimum dans ce
domaine. Titulaire d’un doctorat, d’une licence,
d’un apprentissage ou d’un brevet s’abstenir.
»
Cette annonce vous paraît absurde, eh bien détrompez-vous, c’est celle que vous pourrez
lire chaque semaine dans Paris Match, Elle ou
Playboy d’ici quelques années. Car c’est dans
cette direction que se dirige le recrutement
des fonctionnaires de l’ONU.
En effet, à quoi bon recruter des docteurs en
droit ou en mathématiques ou des plombiers
puisque n’importe comment cinq ans après
leur entrée aux Nations Unies ils/elles devront
changer de métier. Comme l’ont appris les
fonctionnaires, ce qui compte ce n’est pas
notre «formation» mais notre «potentiel». Une
infirmière a le potentiel de devenir imprimeur, de la même façon, un économiste peut très
bien devenir jardinier.
Le problème, c’est qu’une fois entré dans ce
système, vous ne pourrez jamais en sortir, car
à ma connaissance les Nations Unies est
l’unique employeur sur cette planète et même
ailleurs qui a pour but affiché de transformer
des spécialistes en généralistes. Imaginez un
instant si demain vous voulez quitter l’ONU:
quelle l’entreprise voudra d’une personne qui
a passé cinq ans comme statisticien, cinq ans
comme électricien et cinq ans comme contrôleur
des travaux finis? La réponse est «aucune».
Ainsi, grâce à votre «dé» formation onusique
vous irez grandir la longue queue des chômeurs
sans spécialité reconnue. Un grand
merci à nos bureaucrates qui n’ont de cesse
d’augmenter la satisfaction que nous ressentons
dans notre travail et l’efficacité de
l’Organisation.

