SERVICE

LES BIBLIOTHÈQUES DU TROISIÈME MILLÉNAIRE


Plusieurs siècles se sont écoulés depuis la création des
premiers centres du savoir. Aujourd’hui, nous sommes
confrontés à une situation où la notion de bibliothèque
telle que nous l’avons toujours connue a évolué.
Blandine Blukacz-Louisfert, chef a.i. de la section des
services aux utilisateurs de la Bibliothèque de l’ONUG
fait le point sur cette question.
SERGIO DA SILVA, ONU/STIC

Quel est le rôle de la bibliothèque de l’ONU à Genève?
Le rôle de la bibliothèque est triple. En tant que bibliothèque, elle permet aux fonctionnaires du Secrétariat et des agences spécialisées de l’ONU, aux missions permanentes et aux délégués, aux instituts de recherche, aux universitaires, etc., d’obtenir rapidement l’information dont ils ont besoin pour assurer leur fonction. La gestion des archives permet à la bibliothèque de préserver la mémoire de l’institution aussi bien dans sa dimension historique qu’en ce qui concerne ses activités courantes. La troisième fonction est celle de la coordination des activités culturelles de l’Office des Nations Unies à Genève.

Est-ce que l’Internet n’est pas venu décroître le nombre de lecteurs qui se déplacent jusqu’à vous?
Oui et non. Oui, dans la mesure où des personnes ont accès aux ressources d’information directement à partir de leur poste de travail dans leur bureau. Non, car beaucoup de lecteurs viennent demander assistance pour mieux utiliser les ressources de l’Internet, connaître les bases de données ou directement s’adresser aux bibliothécaires de référence qui les aident à s’orienter dans cet univers électronique. C’est ainsi que la Bibliothèque a créé dès 1997 un espace dédié à l’accès aux sources électroniques de l’information, appelé le cyberespace.

Que faites-vous pour adapter vos services à un nouveau type de lecteurs, tant sur place qu’à distance?
La Bibliothèque a continué à développer des services qui, grâce aux nouvelles technologies dépassent les limites des murs existants; un mélange de bibliothèque traditionnelle avec des moyens actuels, permettant au fonctionnaire, par exemple, d’emprunter un livre en ligne et le recevoir sur son bureau dans les 24 heures qui suivent. Les lecteurs peuvent également recevoir automatiquement des alertes concernant leurs recherches documentaires en s’inscrivant dans le catalogue en ligne. La Bibliothèque organise des sessions d’information pour présenter ces nombreux services.

À qui peut s’adresser toute personne ayant une question sur vos services?
L’équipe de la bibliothèque est prête à répondre à toute question via le lien «Posez vos questions à un bibliothécaire» («Ask a librarian»), dans la rubrique Bibliothèque, à l’intérieur de l’Intranet de l’ONU à Genève (iSeek) de même que sur le site Web de l’ONUG (www.unog.ch/library).

Quels sont donc les services offerts en tant que bibliothèque virtuelle?
L’accès gratuit et rapide depuis son PC de bureau aux bases de données auxquelles la bibliothèque est abonnée. Ces bases de données sont spécialisées dans des domaines tels que le droit, l’économie, les sciences sociales, etc.
Texte intégral ou données bibliographiques sont ainsi mis à disposition de l’utilisateur (iseek.un.org thèmes recherches bibliothèque ressources électroniques) à condition que ce dernier accède à ce service depuis l’intérieur du Palais des Nations.
La Bibliothèque développe aussi un nouveau programme appelé PKM pour «Personal Knowledge Management» qui vise à assister les fonctionnaires par rapport à leurs besoins d’information ou de classement de l’information (recherche de documents officiels des Nations Unies, utilisation des moteurs de recherche sur le Web). La Bibliothèque va vers les utilisateurs sans attendre que ceux-ci aillent à la Bibliothèque.

Comment voyez-vous le rôle et le futur des bibliothèques en ce début du troisième millénaire?
Nous sommes toujours dans ce que les professionnels appellent les «bibliothèques hybrides», c’est-à-dire qui donnent accès à la fois à l’imprimé et au numérique. Ma conviction, c’est que cette période va durer encore très longtemps pour la plupart des bibliothèques car historiquement un média s’ajoute à un autre sans supprimer les précédents (la télévision n’a pas tué la radio, le numérique ne tue pas l’imprimé).
Les ressources électroniques prennent de plus en plus d’importance et on le voit aussi pour les documents officiels des Nations Unies qui sont accessibles en ligne via l’ODS et également sous forme imprimée. Mais un grand pan de la production intellectuelle n’est pas encore accessible à l’utilisateur final sous forme électronique, même si de plus en plus de revues scientifiques sont produites sous cette forme.
Enfin l’une des fonctions émergentes des bibliothèques est précisément d’être un centre de ressources, à la fois pour former à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication et pour faciliter l’apprentissage de ces nouveaux outils du savoir disponibles sur le réseau.

Up