Edito
J.M. Jakobowicz, redacteur en chef
 
 
J.M.Jakobowicz
Redacteur en chef

 

LA JUSTICE DU CORDONNIER

M. S. fonctionnaire de haut rang aux Nations Unies à Genève s’est révélé, d’après son chef, être une «catastrophe» quelques mois après son recrutement. Une année plus tard, son «cas» est réglé par un transfert avec promotion à New York. Mme P. sténodactylo, dont le «cas» est similaire au précédent, a vu son contrat ne pas être renouvelé.

Ne cherchez pas, ces «cas» sont réels. La seule chose, c’est qu’ils remontent à… 1951 et pourtant, ils pourraient avoir eu lieu hier. Il est impressionnant de voir qu’en plus d’un demi-siècle, les choses ont si peu évolué. La cause en est que notre système d’administration de la justice lui n’a pas changé. Il est «dépassé, dysfonctionnel, inefficace et déficient sous le rapport de l’indépendance… il coûte énormément sur le plan financier…». En un mot comme en cent, la justice interne à l’ONU, c’est du vent qui coûte cher! On s’en serait douté mais maintenant c’est officiel et un document transmis à l’Assemblée générale en fait foi (A/61/205).

Il est regrettable que l’Organisation qui est censée défendre les droits de l’homme dans le monde ait une justice où le plaignant doive faire appel à des collègues bénévoles pour le défendre, où l’assistance d’un avocat professionnel ne soit pas admise et où les décisions administratives peuvent prendre des mois voire des années.

Espérons que la nouvelle équipe saura prendre rapidement des décisions adéquates pour qu’enfin le cordonnier ne soit pas le plus mal chaussé.

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