LES COMÈTES & LES MÉTÉROÏDES

Parfois en levant les yeux vers le ciel, vous
pouvez observer
en étant rigoureux un
objet très flou qui devient véritablement
visible plus tard dans le ciel. Il ressemble
à une tache. Si les
circonstances le
permettent et avec de la chance, cette
tache
deviendra de plus en plus brillante
en
quelques semaines,
ou quelquefois
après
plusieurs mois. Alors cette
tache devient
plus distincte, comme une
sorte de sphère
et une queue se
dessine, qui peut
s’étendre sur une
grande surface de la voûte
du ciel.
Ces corps célestes sont appelés des
comètes. (Voir image
ci-dessus,
correspondant à x10 la vison humaine).
STEPHAN LECKI, ONUG
Les comètes sont des phénomènes inquiétants pour l’humanité, par leur aspect inhabituel, et par leur arrivée inopinée. Elles troublent la belle ordonnance des astres. De ce fait, elles ont toujours été assimilées à de mauvais présages, et il est bien évident que lorsqu’on a cette idée en tête, on trouve toujours une catastrophe à leur associer... Elles ont donc suscité l’angoisse, de manière irraisonnée d’abord, puis d’une façon plus réfléchie même au début du XXe siècle, où l’on a cru qu’elles risquaient d’empoisonner la Terre! On trouve de nombreuses représentations des comètes, représentées comme des dagues ou des épées meurtrières. Ambroise Paré en a fait une description terrible! On les a volontiers associées à la mort d’un souverain. Il faut dire aussi qu’on voyait autrefois plus de comètes que maintenant, non pas qu’il y en avait plus, mais simplement parce que le ciel n’avait pas encore été souillé par des lumières, des poussières, fumées et autres déchets produits par notre brillante civilisation...
Objets célestes fantastiques, merveilleux de beauté et de puissance, les comètes sont généralement des petits corps fragiles de formes irrégulières, composées de neige glacée et autres mélanges de particules non volatiles. Chaque comète provient de l’extérieur du système solaire, bien loin après la planète naine Pluton.
Parfois sous l’impulsion gravitationnelle d’une étoile ou d’un autre corps céleste, un de ces corps bouge et se dirige droit vers l’attraction du Soleil. Elle décrit alors une orbite très elliptique qui l’amène très près du Soleil et la catapulte comme une pierre loin dans l’espace, souvent au-delà de l’orbite de l’ex-planète Pluton. Parfois certaines comètes meurent en contact direct avec le Soleil. Il y a une centaine d’années, Carl Heinrich Friedrich Kreutz (1854-1907) s’est rendu compte que plusieurs comètes, passant à proximité du Soleil, présentaient des similitudes dans les paramètres de leurs éléments orbitaux. Ces comètes sont regroupées aujourd’hui sous l’appellation «comètes sungrazers de la famille de Kreutz». Ces comètes Sungrazers qui s’approchent trop près du Soleil et s’écrasent sur celui-ci sont appelées «Sunstrikers». La majorité des comètes composant cette famille sont aujourd’hui découvertes par le coronographe LASCO C3 (Large Angle Spectrometric Coronagraph) de SOHO (Solar and Heliospheric Observatory) au moment où elles passent près du Soleil. Certaines, par ailleurs, s’aventurent trop près et se précipitent vers le Soleil. Ces petites comètes suicidaires, que l’on nomme Sunstrikers, tout comme les comètes sungrazers, seraient issues de la dissolution d’une comète plus importante.
Actuellement, il y a quelques jours une brillante comète visible le 03 novembre 2006 sur les images du coronographe LASCO C3 du satellite SOHO a fini sa vie, comme la plupart de ses congénères, en plongeant vers le Soleil. Cette comète SOHO (N° 1213), appartenant au groupe de Kreutz, a été détectée le 01 novembre 2006 par John Sachs sur les images transmises par les coronographes C2 et C3 du satellite SOHO. Bien sûr cela n’engendre aucun bouleversement pour le Soleil, qui est une très grosse masse gazeuse en perpétuelle ébullition et qui a englouti ce minuscule corps avant même qu’il ne touche sa surface!
Une comète suffisamment brillante peut être vue à l’oeil nu ou aux jumelles, Il s’agit d’un spectacle unique et gratuit qui a été contemplé par nos ancêtres depuis la nuit des temps.
NOTIONS SCIENTIFIQUES
Les structures des comètes sont diversifiées
et très dynamiques mais elles développent
toutes, sur leur pourtour, un nuage de matériel
diffus appelé la chevelure qui normalement
grossit et devient plus lumineuse lors
de l’approche du soleil. On peut apercevoir
fréquemment un petit noyau brillant (de
moins de 10 km de diamètre) au centre de
la chevelure. La chevelure et le noyau constituent
ensemble la tête de la comète. Si vous
reportez soigneusement sa position par
rapport aux étoiles, vous remarquerez une différence de 1° par jour, mais le mouvement
de la comète n’est pas visible à l’oeil nu. La
queue d’une comète n’est absolument pas le
résultat d’un mouvement apparent dans le
ciel; elle est due au vent solaire.
Il peut y avoir une douzaine, ou plus, de comètes
dans le ciel en même temps, mais la
plupart sont si faibles qu’elles ne peuvent
être vues qu’avec de très grands télescopes.
Les comètes spectaculaires, les plus brillantes
(magnitudes 0 ou 1) sont assez rares:
il en apparaît une tous les dix ans en
moyenne. L’aspect d’une comète brillante est
généralement imprévisible. La dernière, la
plus somptueuse est Hale Boppe appelée
C/1997…
En s’approchant du soleil les comètes développent
d’énormes queues formées de matière
lumineuse qui s’étendent de la tête, en
s’éloignant du soleil, sur des millions de kilomètres.
Loin du soleil le noyau est très
froid et solide. Dans cet état on compare
quelquefois les comètes à des balles de
neige sales ou des icebergs sales parce que
plus de la moitié de leur contenu est constitué
d’eau. Lorsqu’une comète s’approche à
quelques UA du soleil, la surface du noyau
commence à chauffer et les éléments volatiles
s’évaporent. Les molécules bouillantes,
en s’évaporant, entraînent avec elles de
petites particules solides formant ainsi la
chevelure de la comète composée de gaz et
de particules.
Lorsque le noyau est gelé, il ne peut être vu que par la lumière réfléchie du soleil. Cependant, lorsque la chevelure se développe, la poussière réfléchit encore plus de lumière et le gaz dans la chevelure absorbe les radiations ultraviolettes et devient fluorescente. À une distance de près de cinq UA du soleil, la fluorescence devient normalement plus intense que la lumière réfléchie.
La comète absorbe la lumière ultraviolette et les réactions chimiques libèrent de l’hydrogène qui, en s’échappant de la gravité de la comète, forme une enveloppe d’hydrogène. Cette enveloppe ne peut être vue de la Terre parce que sa lumière est absorbée par notre atmosphère mais elle a été détectée par les engins spatiaux.
La pression des radiations solaires et le vent solaire accélèrent les substances en les éloignant de la tête de la comète à diverses vitesses selon la taille et la masse des particules. Ainsi les queues relativement massives s’accélèrent lentement et ont tendance à s’incurver. La queue ionique est beaucoup moins massive et si elle est accélérée, elle apparaît comme une ligne presque droite s’éloignant de la comète à l’opposé du Soleil. L’image précédente de C/2001Q4 montre deux queues distinctes. La queue bleu pâle de plasma est faite de gaz (Hydrogène, Oxygène, Carbone et Azote), d’eau H2O, de composés des éléments précédents: acide cyanhydrique, monoxyde de carbone, cyanogène, radical OH... et la queue large tirant vers le bas de couleur bleu-mauve est faite de particules de poussière microscopiques. Chaque fois qu’une comète voyage autour du Soleil elle perd un peu de ses substances volatiles, soit 1% de sa matière environ. Eventuellement; elle devient une autre de ces masses rocheuses du système solaire. C’est pour cette raison que l’on dit que les comètes ont une durée de vie courte sur le plan cosmologique. Plusieurs scientifiques pensent que certains astéroïdes sont des noyaux de comète éteints qui ont perdu toutes leurs substances volatiles. Certaines comètes sont dites périodiques car elles reviennent régulièrement à nos yeux, repassent devant le soleil et retraversent l’espace. Le temps de retour d’une de ces comètes dépend de la grandeur de son orbite.
Exemple: la comète de Halley revient tout les 76 ans, elle est suffisamment brillante pour être vue à l’oeil nu. A titre d’information très intéressante, cette comète perd, à chaque passage près du Soleil, de 1 à 3 mètres d’épaisseur à sa surface. Le diamètre de son noyau est de l’ordre de 10 km. La comète perd donc quelque dix millièmes de son volume (donc de sa masse) à chaque passage près du Soleil. Elle aura complètement disparu seulement après 10000 passages!
Les asteroïdes:
Le système solaire comporte, outre les huit
planètes principales et leurs satellites, un
grand nombre de petits corps solides appelés
des astéroïdes, dont le diamètre peut être
compris entre un kilomètre et plusieurs centaines
de kilomètres. Actuellement les astronomes
en ont trouvé quelques milliers dont
le diamètre n’atteint pas le kilomètre. Il doit
en exister des milliers d’autres mais bien trop
petits pour être découverts. Plus de deux
cents ont un diamètre supérieur à 100 km et
une dizaine dépasse les 300 km. Bien que la
plupart de ces astéroïdes soient situés entre
les orbites de Mars et Jupiter dans la ceinture
de l’astéroïde, beaucoup d’autres viennent
très près de la Terre. Ces petits corps morts
en mouvement sont un danger permanent
pour la terre!
Météores et Météorites:
Plusieurs fois dans l’année, l’orbite de la terre
croise un essaim de particules qui sont pour
la plupart des restes de comètes désintégrées.
Ces particules produisent les pluies
d’étoiles filantes. Le taux d’étoiles filantes ou
météores que l’ont peut apercevoir selon
certains mois est différent selon les essaims.
Exemple, les Léonides sont particulièrement
spectaculaires tous les 33 ans environ. En
1966, une pluie de plus de 100 météores par
minute et ce pendant une heure, et même
de plus de 1000 météores par minute pendant
quarante autres minutes, a été observée.
Leur magnitude moyenne est de 1,5 à 2
et quelques-uns des plus brillants restent
visibles plus d’une minute! Certains observateurs
ont pu voir jusqu’à 40 Léonides par
seconde!
On appelle en revanche météores – autrefois appelés bolides – les traînées lumineuses provoquées par l’entrée des météorites dans l’atmosphère. Lors de leur passage dans l’atmosphère, les météorites s’échauffent en surface (phénomène de frottement) et ionisent l’air, provoquant un phénomène lumineux observable à l’oeil nu: les étoiles filantes. Plus l’objet se rapproche et plus le phénomène lumineux devient important. Il est également accompagné d’un bruit ressemblant à celui d’un coup de canon, résultant de l’onde de choc formée à l’avant de la météorite. Cette dernière se brise en général en de nombreux morceaux, ou perd une partie de sa matière.
Historique «Une météorite géante
s’écrase en Sibérie»
Le mystère qui entoure la chute d’une météorite
en Russie semble être à la hauteur de
l’importance de l’événement. La nouvelle,
très laconique, s’est répandue le 4 octobre
2002 sur Internet comme une traînée de poudre:
une météorite est tombée la veille au
nord d’Irkoutsk, dans une région forestière
créant un tremblement de terre ressenti par
la population de Bodaibo et des villes voisines,
jusqu’à plus de 100 km du point d’impact
présumé.»
Au cours du XXe siècle, la Sibérie a été par
deux fois le théâtre d’événements similaires:
la chute de la météorite de Sikhote-Alin, en
1947, considérée actuellement comme la
plus importante chute de météorite jamais
observée dévastant une forêt; et l’impact cataclysmique
de la Tunguska (30 juin 1908)
qui a complètement détruit une région de
2000 km² et brûlé des gens à des centaines
de kms du lieu de l’explosion. La météorite
tombée près de Bodaibo serait un événement
d’une taille intermédiaire entre celui de
Sikhote-Alin et celui de la Tunguska.
Selon les premières sources (Pravda, Emercom,
et Institut de Physique Terrestre et Solaire),
des centaines de témoins habitant les
villes de Bodaibo et Balakhninski auraient
assisté à la chute d’un large bolide lumineux
et rougeoyant, ressemblant à un énorme rocher,
avant de sentir une onde de choc, similaire
à une secousse tellurique.
«Le ciel est devenu bleu verdâtre, il y a eu de
grosses explosions, et un bruit similaire à un
sifflement. Des flashes de lumière ont été
aperçus à l’horizon au dessus du site de la
chute.» Des chasseurs et des chercheurs d’or
prétendent avoir vu un cratère entouré par
des forêts brûlées. Selon l’Académie des
Science, il ne fait aucun doute: une météorite
est tombée près de Bodaibo.
De nombreuses imprécisions demeurent cependant,
jusqu’à la date même de la chute.
Seule une appréciation assez vague en a été
donnée par Kirill Levi, directeur adjoint de
l’Institut de l’Académie des sciences d’Irkoutsk:
«La station de mesure située près du
site a enregistré, au moment de l’impact, des
vagues sismiques comparables à celles provoquées
par un tremblement de terre de
taille moyenne.»
Un coin du voile se lève …
Le Département de la défense US publiait un
rapport d’observation par satellite de la rentrée
atmosphérique de la météorite.
Selon ce rapport, Cette météorite avait un angle d’impact d’environ 22°. L’énergie dissipée par l’explosion du bolide était de 8.6 X 10^11 Joules, ce qui correspond à 205 KT de TNT, ou plus de 10 fois la puissance de la bombe atomique qui a détruit la ville de Nagasaki en 1945. Bien que la quantité d’énergie d’une météorite, qui est convertie en chaleur et en lumière par les frottements atmosphériques lors de sa chute n’est pas simplement liée à sa taille, elle peut être utilisée pour estimer la taille de l’événement.
A titre de comparaison, le bolide qui a explosé au dessus de l’Alaska et du Canada le 18 janvier 2000 a libéré une énergie d’environ 0,26 kilotonne. Quelques petits fragments météoritiques ont été récupérés sur la surface gelée du Taguish Lake au Canada, la majeure partie de cette météorite fragile a probablement été détruite lors de la rentrée atmosphérique.
L’onde de choc transmise au sol peut provoquer un cratère et dévaster une forêt (Sikhote-Alin).
Déterminer la taille du cratère formé la météorite de Bodaibo n’est pas une chose aisée. En effet, si la météorite est poreuse, il y a fort à parier qu’elle se soit entièrement désagrégée avant de percuter le sol. Par contre, si elle est constituée de métal pur, l’impact au sol pourrait avoir créé un cratère de taille non négligeable. Dans ce dernier cas, sous l’effet du transfert brutal d’énergie de la météorite vers le sol, la météorite se serait vaporisée en même temps que la formation du cratère.
Une météorite de taille exceptionnelle a été découverte en août 2005 dans les Ardennes françaises.
Elle mesure 90 cm x 40 cm x 40 cm pour une masse de 435 kg.
L’évaluation des chutes annuelles de météorites varie selon les spécialistes de dix à cent mille tonnes. La planète entière est constamment «arrosée» par des grains, voire des petits échantillons de quelques grammes. Mais restons bien vigilants, car l’univers nous réserve bien des surprises!
A tout moment des corps célestes peuvent apparaître brusquement devant nos instruments, constituant un danger potentiel difficilement maîtrisable. C’est pourquoi la NASA (en partie) à déployé d’énormes moyens financiers dans des programmes de détections et de surveillance 24h/24.
Face à cette incertitude et devant la force gigantesque de l’univers, l’être humain sera toujours singulièrement faible et désarmé lorsque demain ou dans des millions d’années, un corps céleste viendra percuter notre petite planète!


A SAVOIR: