LES CINQ CHEVALIERS DU MILLÉNAIRE
JEAN MICHEL JAKOBOWICZ
[…]
– D’après moi, dit Pablo, 24 heures devraient
suffire. Par contre avec le monde qu’il y a
dans les couloirs, je crois qu’il vaudrait
mieux un temps réel ici à Genève d’au plus
un quart d’heure. Kaïnda introduit les données,
mais elle semble rencontrer des difficultés.
– Je ne sais pas ce qui se passe, dit-elle, mais
je ne parviens pas fixer le délai à 15 minutes.
Il doit y avoir un minimum en fonction
du temps passé à l’extérieur.
– Et quel est ce minimum ? demande Leïla.
Les quatre enfants entourent Kaïnda et regardent
avec intérêt ce qui s’inscrit à l’écran.
– Il semble que pour 24 heures, précise cette
dernière, il nous faut rester au moins absent
une heure de Genève.
– Une heure, s’exclame Julie, en une heure
il peut se passer pas mal de choses. Imaginez
une minute que quelqu’un vienne et
dérègle notre programme ! Dieu sait où
nous nous retrouverions ! Peut-être sur la
lune ou dans le néant !
– On pourrait essayer de bloquer la porte !
suggère Pablo.
– Ça va pas ! lui répond Leïla. Si Maman veut
venir et qu’elle ne peut même pas entrer
dans son labo, là on risque de gros ennuis.
– Arrêtez de discuter, intervient Shibao, nous
perdons un temps précieux, soit nous
décidons de porter secours à cet instituteur,
soit nous décidons de ne pas l’aider.
Si nous partons, il faut mettre toutes les
chances de notre côté, c’est pourquoi la
proposition de Pablo n’est peut-être pas
aussi stupide.
– Merci ! murmure Pablo en faisant une petite
courbette.

