ONU EUROPE:
LE VENT DE LA RÉFORME

Rencontre inter-agences
pour les représentants
du personnel
En cette mi-septembre 2006
le temps de la migrationd’automne était venu pour les Associations du Personnel
des Organisations Internationales. Chaque migrateur
désigné par son association, devait faire le point sur ses
activités et réviser ses documentations et dossiers.
Ces rencontres se sont déroulées à sept reprises depuis
l’année 2000, des hauts lieux de conférences se sont
succédé: Paris, Genève, Londres, Francfort, La Haye et
cette année Strasbourg.
CHRISTIAN DAVID, ONUG
Secrétaire exécutif adjoint
Conseil de Coordination
C’est en effet au siège du Conseil de l’Europe
que se déroulait cette conférence des 21 et
22 septembre 2006.
Cette initiative remarquable, qui perdure,
permet que des approches communes en
terme de défense du personnel soient initiées
et confrontées. Un partage d’information
productif intervient alors sur le lieu de la
réunion.
Le comité scientifique d’organisation de ces
conférences est composé de deux membres,
Marie Christine Descamps de l’OCDE et Jean
Pol Matheys du CERN.
(http://association.cern.ch/CSAIO.)
Les trois thèmes abordés étaient
les suivants:
– Le règlement des conflits internes
– Les contrats précaires
– La communication
En tant que représentant du personnel de
Genève, j’étais envoyé par le Comité de
coordination des associations et syndicats internationaux du personnel (CCASIP/CCISUA)
sur la décision du Bureau exécutif.
Il s’agissait d’un «baptême du feu» en terme
d’intervention dans ce cadre et j’avais à la
fois l’honneur et l’appréhension d’ouvrir
la séance pour la première présentation
relative au règlement de conflits internes.
La démarche actuelle proposée par le Bureau
exécutif de l’ONUG consiste en effet à envoyer
à chaque plaignant, un formulaire informel
de saisie afin de l’aider à constituer un
dossier. Une vérification avant entretien permet
de mieux cerner la démarche à envisager
et d’apporter une réponse plus appropriée au
demandeur. Cette approche fonctionne depuis
six mois et elle donne des résultats: elle
permet à chacun de constituer un dossier qu’il
peut utiliser ou conserver. La réforme de la
justice interne de l’ONU est prise en compte
et une solution intermédiaire en terme de
règlements des différends est proposée.
Les diverses interventions ont entraîné de
nombreuses questions et des débats animés.
Il était possible de s’apercevoir que les
agences européennes, onusiennes et internationales
sont confrontées à des problèmes
souvent identiques lorsqu’il s’agit de résoudre
les conflits internes. Il s’agit en effet de
gérer à la fois le problème personnel, de rapporter
le dysfonctionnement afin qu’il soit
pris en compte sans cependant s’immiscer
dans le fonctionnement du service et heurter
les susceptibilités. L’approche multiculturelle
doit également être intégrée. Il convient
donc de trouver une cohérence entre tous
ces paramètres.
Les maux sont les mêmes: lourdeurs administratives,
temps de réponse trop longs, fonctionnement
difficile de la justice interne. Les
conséquences sont identiques: difficulté de
rendre efficaces et compréhensibles pour leurs
collègues, les réponses que peuvent apporter
les représentants du personnel. Les demandes
du personnel nécessitent une identification
efficace des moyens qui leur sont offerts et
des possibilités de médiation et de justice.
Dans la plupart des organisations, les règles
existantes ne sont tout simplement pas appliquées et leur application nécessite parfois
un recours et /ou un appel auprès notamment
du Tribunal du BIT. Les voies de recours
sont engorgées, les possibilités de médiations
demeurent obscures et peu à même
de répondre efficacement.
En terme de contrats, la précarité est de mise
dans la plupart des organisations.
Dans le domaine de l’embauche, une dérive
lente laisse entrevoir que les employés qualifiés
se tournent désormais plus volontiers
vers le privé ou leur sont octroyées, de meilleures
conditions de travail et de meilleures
perspectives de carrières.
Il existe quelques exemples de délocalisations
qui ont permis de constater que le remède
est parfois pire que le mal et que les
prestations attendues et le travail fournis par
des prestataires sous payés, ne correspondent
pas aux attentes.
Le fait que certains candidats soient imposés
par des pressions «politiques» sans qu’ils disposent
des qualifications nécessaires, nuit
parfois à l’efficacité du programme en cours.
Dans un contexte général où sont préférés
des contrats précaires, la conséquence d’une
économie immédiate à court terme est souvent
négative en terme d’implication, de motivation
et donc de qualité et de productivité
du travail à plus long terme. A contrario, l’accent
est tout de même mis sur le fait que certaines
dérives sont observées chez des fonctionnaires
qui disposent d’un contrat à long
terme, possèdent une sécurité de l’emploi et
qui n’ont pas la productivité espérée. Dans
cette continuité, le thème de la mobilité était
abordé, géographique ou interdépartements
et l’accent était mis sur la valeur de l’efficacité
d’une équipe au détriment de l’efficacité individuelle.
Les échanges intervenus au sujet de la communication,
passent par différents moyens
qui vont du contact direct et du bouche à
oreille jusqu’au réseau informatique.
Tous ces moyens ne sont cependant efficaces
que si le représentant du personnel est
capable d’apporter une approche individualisée,
qualitative et rapide à chaque questionnement.
D’autres sujets venaient s’ajouter aux thèmes
initiaux et des documents relatifs notamment
au harcèlement étaient remis à chaque participant,
le rapport préliminaire de cette
conférence peut être consulté à partir du lien
suivant :
http://www.unspecial.org/layout/csaio7.pdf
Un vent de réforme souffle dans toutes ces
grandes organisations et leurs représentants
du personnel doivent accompagner et proposer
des mesures qui pourront permettre
que leurs demandes et actions soient considérées
de manière efficace et rapide. Le temps
9 – UN Special – Novembre 2006
des débats interminables qui n’aboutissent
qu’à des petits compromis, des montagnes
qui accouchent de souris serait-il révolu ou
ce naturel si ancré dans les traditions reviendra-
t-il au galop après la mise en place
des différentes réformes?
Les représentants du personnel doivent
éviter de condamner des comportements
qu’ils appliquent eux-même en se laissant
submerger par la bureaucratie et par la «réunionite
aiguë».
Le message est passé: les migrateurs regagnent leur nid…

