UN Special N° 654 Septembre · September 2006 

Pensions réaction

Caisse des pensions: exemples catastrophiques l’affaire Enron et GM.
Pour les dirigeants d’Enron, La chute se révélera moins dure pour eux que pour les salariés américains qui ont investi dans Enron une partie de leurs retraites (environ les deux tiers des actifs boursiers de la firme étaient détenus par des fonds de pension ou des fonds de mutuelle). Si la liquéfaction des cours a ruiné la plupart des employés de l’entreprise, les dépouillant de leur emploi et de leurs économies (les règlements internes leur interdisaient en effet de vendre leurs actions), les cadres de haut niveau ont pu, eux, s’en débarrasser à temps.
C’est-à-dire au plus haut.

General Motors fait payer ses salariés
General Motors (GM) vient d’annoncer la suppression de 25 000 emplois, la réduction d’un quart des prestations santé dues aux salariés et aux retraités américains du groupe (75 000 personnes) et une refonte de ses fonds de pension. Pour se sauver, GM se tourne vers... ses salariés et ses retraités.
Rappelons-nous: les fonds de pension devaient garantir les retraites. Ils sont désormais, comme le prouve GM, en pleine déconfiture. «Nous allons vers une crise équivalente à celle des caisses d’épargne» dans les années 1980 (qui avaient coûté 200 milliards de dollars à l’Etat fédéral), vient d’expliquer le secrétaire d’Etat américain au trésor, M. John Snow («Now for the reckoning », The Economist, 15-21 octobre). En effet, les fonds de pension des grandes entreprises sont sous-capitalisés, alors que déjà nombre d’entre eux ne garantissent plus un revenu fixe au moment de la retraite. La chute des cours en bourse où ces fonds sont placés, le non-abondement des sociétés à ces fonds (ce qui leur permet d’afficher une augmentation de leur taux de rentabilité), la baisse des emplois et la montée du nombre des retraités expliquent ces déficits. De plus, les multinationales négocient des systèmes plus défavorables (ce qu’on appelle les fonds à cotisations définies): le salarié sait ce qu’il paie mais ignore ce qu’il touchera quand il arrivera à la retraite. Le risque est assumé par le travailleur, et non par les actionnaires et les dirigeants d’entreprise. Le rêve.

Victor Viveros ONUG.

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