Pensions réaction
Caisse des pensions: exemples catastrophiques
l’affaire Enron et GM.
Pour les dirigeants d’Enron, La chute se
révélera moins dure pour eux que pour les
salariés américains qui ont investi dans
Enron une partie de leurs retraites (environ
les deux tiers des actifs boursiers de la firme
étaient détenus par des fonds de pension ou
des fonds de mutuelle). Si la liquéfaction des
cours a ruiné la plupart des employés de
l’entreprise, les dépouillant de leur emploi
et de leurs économies (les règlements
internes leur interdisaient en effet de
vendre leurs actions), les cadres de haut
niveau ont pu, eux, s’en débarrasser à temps.
C’est-à-dire au plus haut.
General Motors fait payer ses salariés
General Motors (GM) vient d’annoncer la
suppression de 25 000 emplois, la réduction
d’un quart des prestations santé dues aux
salariés et aux retraités américains du groupe
(75 000 personnes) et une refonte de ses
fonds de pension. Pour se sauver, GM se tourne
vers... ses salariés et ses retraités.
Rappelons-nous: les fonds de pension
devaient garantir les retraites. Ils sont désormais,
comme le prouve GM, en pleine déconfiture. «Nous allons vers une crise équivalente
à celle des caisses d’épargne» dans les
années 1980 (qui avaient coûté 200 milliards
de dollars à l’Etat fédéral), vient d’expliquer
le secrétaire d’Etat américain au trésor,
M. John Snow («Now for the reckoning », The
Economist, 15-21 octobre). En effet, les fonds
de pension des grandes entreprises sont
sous-capitalisés, alors que déjà nombre
d’entre eux ne garantissent plus un revenu
fixe au moment de la retraite. La chute des
cours en bourse où ces fonds sont placés, le
non-abondement des sociétés à ces fonds (ce
qui leur permet d’afficher une augmentation
de leur taux de rentabilité), la baisse des
emplois et la montée du nombre des retraités
expliquent ces déficits. De plus, les multinationales
négocient des systèmes plus
défavorables (ce qu’on appelle les fonds à
cotisations définies): le salarié sait ce qu’il
paie mais ignore ce qu’il touchera quand il
arrivera à la retraite. Le risque est assumé
par le travailleur, et non par les actionnaires
et les dirigeants d’entreprise. Le rêve.
Victor Viveros ONUG.
