UN Special N° 653 Juillet-Août · July-August 2006 

Les artistes de l’ONU entrent en scène

Alex Ezana, ONUG

Au cours du mois de juin, les membres du personnel de l’ONU Genève ont été invités à assister à trois concerts organisés le jeudi dans le cadre du programme SCAT*, dans la salle de cinéma XIV, durant la pause-déjeuner. Ils répondirent nombreux à cette invitation et découvrirent avec un étonnement ravi la grande qualité d’artistes dont ils ignoraient souvent l’existence.

Jeudi 1er juin: Blues, Ballads, Bossas And Calypsos.
Ce jeudi 1er juin, un quintet du Club de musique des Nations Unies, constitué de Chandra Darusman au piano, Alfred Simms-Protz à la guitare, Nicolas Stauble à la contrebasse, Andrew Flukiger à la batterie et Patrice Piguet (saxophone alto, flûte et clarinette), présenta un choix de musiques de jazz.
Le chef d’orchestre, Patrice Piguet, notre aimable collègue du Service des publications, ayant annoncé que chaque morceau mettrait en valeur un instrument de l’orchestre, chacun pu apprécier sous cet angle la remarquable maîtrise de ces musiciens inspirés et la cohérence de ce groupe qui jouait sans le bénéfice d’une sonorisation, dans une salle qui a tendance à absorber etétouffer le son des instruments.
Dans «Take Five», le saxophoniste improvisa avec une joyeuse virtuosité ce morceau rendu célèbre par le quartet du pianiste Dave Brubeck. On sentit pendant quelques instants planer avec légèreté l’esprit de Paul Desmond, cet autre magnifique saxophoniste qui créa ce morceau à la métrique si particulière et au thème obsédant et tenace, immédiatement reconnaissable entre tous.
«Night in Tunisia», du fameux trompettiste Dizzie Gillespie, mit en valeur l’inventivité et la précision rythmique du batteur.
Dans «Stolen Moments», ce fut le contrebassiste qui prit un solo tout en souplesse et délicatesse sur ce morceau qui évoque la mélancolie du blues, écrit par un Oliver Nelson comme habité par l’esprit du grand John Coltrane.
Vint ensuite «Blue Bossa», de Kenny Dorham, sur lequel le guitariste dessina dans l’air des lignes mélodiques à la fois simples et complexes, dans une espèce de géométrie dans l’espace infiniment inventive, sur une assise rythmique impitoyable.
Sur Mercy, Mercy, de Jo Zawinul, ancien comparse de Miles Davis, le pianiste fit apprécier son toucher délicat et la finesse sinueuse de ses improvisations, en interaction constante avec les autres instrumentistes.
Le concert réservait à titre de surprise trois chansons interprétées par Danjela Kambaskovic-Sawers, superbe voix serbe qui offrit avec une grâce ondulante quelques standards de la chanson américaine des années cinquante, pleines de charme et de fragilité: Dream a little Dream of Me, de Gus Khan, Embraceable You, de George et Ira Gershwin, et le fameux Night and Day, de Cole Porter. Sa voix avait parfois ce je-ne-sais-quoi, ces accents brisés à la Billie Holliday, qui donnent ce frisson du sentiment de la fragilité de toute chose.
Enfin, pour clore le concert, les musiciens se lancèrent avec un entrain jubilatoire dans St. Thomas, un calypso chaloupé et débridé du grand saxophoniste Sonny Rollins, qui donne des envies de soleil et de déhanchement.

Jeudi 8 juin: Chansons folkloriques et populaires russes
Changement complet d’horizons puisque le SCAT, en partenariat avec le CLUB «SAISONS RUSSES» offrait à l’oeil et à l’oreille d’un public de plus en plus fidèle et curieux, le groupe CASUS VIVENDI, composé de quatre musiciens russes Julie Nevski, Igor Doudenkov, Pavel Odentsov (guitares et chant) et Julie Doubrovine (chant) qui puisaient dans le répertoire populaire de magnifiques chansons.
Les quatre musiciens réussirent instantanément à créer une atmosphère à la fois douce et mélancolique, habitée par l’esprit d’une musique et d’une culture, transformant la distance d’une langue étrangère en proximité d’une intelligibilité immédiate. Par quel miracle? La simple beauté des voix, féminines surtout, savamment accompagnéesà la guitare et bien mises en valeur par la remarquable sonorisation installée par François Rattoni.
Chacun eut sans doute le sentiment d’avoir fait un beau voyage, un détour enrichissant dans un univers en même temps si différent et si proche. Où la tendresse, l’amour, l’amitié et la fidélité sont la chair de thèmes inépuisables de notre commune condition affective.
Une fois encore, le public ne fut pas avare de ses applaudissements et rendit un hommage largement mérité à ces artistes de talent.

Jeudi 15 juin: Hommage à Joseph Haydn et Franz Schubert
La sobriété de la scène annonçait une musique sobre et rigoureuse, l’assistance ne fut pas déçue. Deux trios d’instruments à cordes, constitués de musiciens du Club de musique des Nations Unies, présentèrent avec une délicatesse précise et appliquée quelques pièces de musique de chambre.
Dans la première partie, un trio composé de Janet Weiler (contrebasse), Kiyoshi Adachi (alto) et Richard Harrison (violon) interprétèrent, allegro, puis scherzo, un divertissement en ré majeur de Joseph Haydn, puis moderato et tempo di minuet, un second divertissement en fa majeur du même compositeur.
Dans la deuxième partie, Sheila Singh, (violoncelle) remplaça Janet Weiler pour participer à l’interprétation du «Mouvement en si bémol majeur pour trio, D.471», de Franz Schubert, morceau d’un délicat romantisme qui entraîna certains dans une légère rêverie teintée de mélancolie.
Avec ce beau concert de musique classique qui fit admirer le talent de ces musiciens et fit redécouvrir la beauté captivante de cette musique, s’achevait cette première tentative d’installer à l’ONU l’habitude de fréquenter la salle de cinéma XIV pour de nouveaux événements artistiques et culturels. De nouvelles rencontres sont prévues pour la rentrée de septembre.

* Staff Cultural Activities on Thursdays / activites culturelles et artistiques du jeudi pour et par le personnel.

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