Domotique: le retour!
Sergio da Silva, ONUG/STIC
La domotique consiste en un
ensemble de techniques adjointes à celles du bâtiment: les
ressources de l’électronique, de
l’informatique et des télécommunications
pour améliorer l’habitat humain et permettre
des économies sur le chauffage et
l’éclairage notamment.
Son développement ces dernières
années (voir Tech-News no.59) a
suscité à la fois beaucoup d’intérêt
mais aussi beaucoup d’interrogations
sur les normes à
appliquer, au choix des équipements,
des logiciels, du service
après vente et du prix de l’ensemble.
La présentation de «Windows et la domotique » faite récemment par Microsoft, promet
d’amorcer un virage très attendu par
beaucoup.
C’est grâce au logiciel «Windows XP Media
Center 2005», dorénavant ouvert à la domotique,
que des applications telles que «ExDomus» permettent de piloter l’éclairage
d’une pièce, de faire monter les volets, d’effectuer
la vidéo surveillance ou déclencher
d’autres appareils avec la télécommande du
Media Center. Pour cela, il faut intercaler un
module «X.10» entre les appareils en question
et les prises de courant.
X.10 est un protocole de communication par courants porteurs qui permet aux produits compatibles de dialoguer ensemble via les fils électriques du secteur de votre habitation ou bureau.
Des versions plus sophistiquées de cette
application permettent même à l’aide d’un
PDA de commander l’environnement choisi,
que ce soit la maison ou le bureau. On peut
aussi être averti d’une intrusion par un simple
SMS qui pourra être envoyé à plusieurs personnes
prédéfinies, de tout incident ou d’intrusion
dans un endroit protégé, par exemple.
Pour avoir un autre éclairage sur l’utilisation
pratique de ce type de techniques de gestion intelligente
d’un bâtiment, nous avons discuté avec
Ruggero Gruet, chef de la section des bâtiments et
des services techniques à l’ONU Genève.
Est-ce qu’un bâtiment comme le Palais
des Nations bénéficie déjà de la
domotique?
Oui, partiellement dans le cas de l’utilisation des salles
de conférence qui sont pilotées à distance depuis le
centre de contrôle. Nous pouvons régler automatiquement
la température ambiante en enclenchant la ventilation,
le chauffage ou le refroidissement.
Avez-vous des exemples de pilotage
centralisé d’autres systèmes?
Certains éclairages de locaux comme celui du Hall
des Pas Perdus sont aussi commandés depuis le
centre de contrôle. D’un éclairage total pour un événement
donné, on passe à un éclairage réduit dès
que l’événement est terminé.
Que pensez-vous de ces technologies qui
permettent une gestion «intelligente»
d’un bâtiment, d’une maison ou d’un
bureau?
Dans le cas d’un bâtiment comme le nôtre, pour que
l’utilisation de ces technologies soit optimale il nous
faut connaître l’affectation des salles de conférence
afin de pouvoir optimiser leur gestion au niveau énergétique
(diminution du gaspillage). Une bonne communication
entre les services est indispensable.
Voyez-vous une utilisation possible dans
certains bureaux et dans d’autres lieux
d’affectation? Que devrait-on prévoir et
réfléchir avant toute prise de décision?
L’infrastructure technique dans un bâtiment
comme l’ONUG est une infrastructure «lourde» donc, difficilement utilisable dans de
petits bureaux d’autres lieux d’affectation.
L’évolution technologique actuelle semble
pouvoir offrir des perspectives nouvelles à un
coût moindre par rapport aux systèmes, quiétaient jusqu’à présent disponibles sur le marché.
Il faut cependant garder à l’esprit la sécurité
propre à un système de ce type, afin d’éviter
toute intrusion malveillante et d’autant plus
si le système peut être géré à distance.
