SCAT: le récital de poésie
Alex Ezana, ONUG.


Le projet semblait quelque peu périlleux: donner en 30 minutes, pas une de plus, le champ libre à une douzaine de poètes pour déclamer des poésies originales et jouer une saynète. C’est pourtant avec brio que poètes et musiciens réussirent à faire planer sur la salle un parfum de rêve et d’évasion.
Diaporama poétique multilingue
Au cours du remplissage de la salle, un
magistral diaporama poétique mis en forme
avec talent par Christiane Mallet, offrait au
public, à titre de mise en bouche, quelques
poèmes en anglais, arabe, chinois, français,
espagnol et russe proposés par différents collègues
notamment Walid Al Khalidi, Alfred de
Zayas, Alex Ezana, Gabriel Galland, Karin
Kaminker, Alexandre Klokov, Nicolas-Emilien Rozeau et Weimin Wang. Quelques notes de
musique accompagnaient discrètement le
caractère de chaque composition.
Notes intimistes, accents engagés et airs de calypso
- Vint le récital à plusieurs voix. Vatsala Virdee, magnifique sari et voix bien timbrée, ouvrait un coffret par un récital à plusieurs voix: The Golden Box, offrant une véritable leçon de vie.
- Schenck, Morning, nous entraînait dans une atmosphère intimiste sur la fatigue existentielle de certains petits matins.
- Alfred de Zayas, A mi ordinador, enchaînait par un dialogue étonnant et drôle des temps modernes entre un homme et son ordinateur.
- Alexa Intratori avec Ziggiee trouvait des accents de révolte face au monde tel qu’il est.
- Carl Freeman disait avec des résonances profondes Running before the Wild.
- David Walters, dans Who Shall watch over the Sheperds, se livrait à une réflexion inquiète, désabusée et écoeurée sur l’extrémisme religieux.
- Karin Kaminker, dans Mozartkugeln,
s’abandonnait à une rêverie, à la Emily Dickinson,
pleine de délices sur le thème de
Mozart et du chocolat. - Julia Yemin, The Stick, décrivait la rencontre quasi philosophique d’un vieil homme et d’une canne très particulière.
- Zafar Shaheed, Departure: Weeping Half- Moons, invitait à une réflexion pénétrante et mélancolique sur le départ et la éparation.
- Aline Dedeyan, Challenge, présentait une saynète aux accents féministes.
- Beth Peoc’h, Maori Fish Hook, embarquait tout le monde pour un voyage aux antipodesà la recherche de soi-même.
Pour terminer ce récital dédié à la présentation
du Volume XVI d’Ex Tempore, Maureen
Gumbe, Job Application, présentait un curriculum
vitae à sa manière, plein d’humour, de cocasserie
et de joie de vivre malicieuse, dans une beau dialogue
avec les trois musiciens (P. Piguet,
C. Darusman et N. Stauble) très inspirés, qui faisaient
chavirer la salle sur un air de calypso.
Il était 13h15, pari tenu. Les artistes quittaient
la scène sous les applaudissements d’une salle
surprise par la qualité du récital et ravie d’avoir
fait le détour à la salle XIV. Gageons et souhaitons
que le public reviendra, plus nombreux encore,
pour les manifestations à venir.
La dernière, consacrée à la musique, a eu lieu le 1er juin, salle XIV.
