L’élection
Dans quelques semaines à peine, un nouveau
Secrétaire général
des Nations Unies sera
désigné. Les spéculations
vont bon train: sera-t-il ou
elle africain, asiatique, européen, latinoaméricain
ou du Moyen-Orient? Une
chose est certaine, je ne suis pas candidat.
D’ailleurs, le profil du candidat recherché
est des plus complexes. Il ou elle doit être
une femme tout en étant un homme. Il ou elle
doit être suffisamment intelligent pour ne
pas le paraître trop, avoir un tempérament
bien trempé tout en étant doux comme un
agneau, plaire au Nord comme au Sud, à
l’Est comme à l’Ouest tout en ayant sa propre
opinion. Le ou la candidate devra diriger la
diplomatie internationale et un secrétariat
dont la mobilité incessante fera ressembler
l’ONU à une vaste fourmilière. Il ou elle
devra surveiller les comptes, les casques
bleus, voyager sans arrêt tout en restant à
New York.
Il ou elle devra être au-dessus de tout
soupçon, ainsi que son conjoint ou sa conjointe,
ses enfants, son oncle et sa tante, ses parents et
ses grands-parents. Il devra avoir la vie d’un
saint tout en étant laïque. Cet être parfait devra
avoir une santé de fer et pouvoir répondre de
nuit comme de jour à des journalistes à l’affût
de la moindre anicroche.
Pour ceux qui se reconnaîtraient dans ce
profil, je leur conseille une façon infaillible
pour se faire élire. Dès que vous entendrez
parler de l’élection, rendez-vous immédiatement à New York et passez votre temps à entrer
et sortir de la salle du Conseil de sécurité. Car
il y a fort à parier que, faute de pouvoir trouver
un candidat de consensus à un moment ou à un
autre, les éminents membres dudit Conseil
finiront par dire: «Prenons la première personne
qui franchira le pas de cette porte!» Et si
c’est vous, je vous souhaite bonne chance car, à
coup sûr, il vous en faudra pour vous sortir de
ce guêpier.
