Du tourisme virtuel à l’horizon?
Sergio da Silva, ONU/STIC
Que faire quand on apprend qu’une grande partie des recettes du
tourisme ne reste pas dans les pays les moins développés en
Afrique et que des situations semblables se présentent dans d’autres
régions du monde? Quelque 85% de ces recettes ne sont pas perçues
par les pays africains concernés, comme 80% dans les Caraïbes, 70% en
Thaïlande et 40% en Inde.
La CNUCED a créé le programme « e-tourisme en faveur des pays en développement » en vue d’un changement de cette situation. Le coordonnateur de cette
initiative est M. Jean- François Balocq et voici ses précisions sur ce sujet.
En quoi consiste cet «e-tourisme» qui en réalité n’a rien de virtuel ?
C’est un moyen pour chaque pays d’organiser et de promouvoir l’offre touristique
et de le faire en conformité avec sa stratégie de développement. De
cette manière il sera possible d’accroître les bénéfices du tourisme pour
chaque pays concerné et éviter que ces bénéfices ne partent ailleurs.
Que faut-il pour qu’un pays fasse sa propre promotion ?
Il faut avant tout que la notion de destination soit bien comprise. Cela
suppose de l’information, du marketing et de l’administration. Pour ce faire
il y a un dénominateur commun: les technologies de l’information. C’est là où
nous intervenons, pour aider à mettre le tout ensemble.
Comment comptez-vous le mettre en oeuvre dans les pays en
question ?
Nous essayons tout d’abord de sensibiliser les pays de l’intérêt de l’utilisation
des technologies de l’information et de la communication (TIC)
pour la gestion et la promotion de leur tourisme. C’est ce qui leur offrira
la liberté d’offrir directement ce qui leur convient. Cette étape franchie,
nous nous mettons à l’oeuvre pour préparer la formation adéquate.
Travaillez-vous avec d’autres partenaires dans ce projet ?
Nous travaillons ensemble avec un réseau d’agences de l’ONU qui a été constitué
en novembre dernier au but de la facilitation du tourisme, avec l’Université
du Québec à Montréal et d’autres partenaires. Le but est d’harmoniser et de coordonner
les activités qui mèneront à un tourisme vrai pour le développement et
non uniquement un développement du tourisme.
Quel type de formation est prévu ?
Un premier cours sur les TIC est déjà disponible. Nous formons sur place des
groupes de 25 à 30 personnes qui représentent le tourisme local, les agences de voyage,
les hôtels, etc. Ces cours intègrent des études de cas sur Madagascar, la Tunisie
et le Québec. Ils ont déjà été délivrés au Mali et seront bientôt donnés au Cap-Vert,à Madagascar avec le soutien de la région Rhône-Alpes et au Cambodge. De nombreux
autres pays comme la Syrie, le Liban , ont aussi manifesté leur intérêt.
Deux autres cours sont en préparation: l’un sur le commerce électronique
appliqué au tourisme et l’autre sur le marketing électronique.
Comptez-vous faire évoluer le contenu de ces cours ?
Bien entendu. Le module informatique utilisé sera adapté en fonction des
apports des participants et des expériences accumulées. Ils pourront assurer
eux-mêmes la formation locale par la suite.
Est-ce que ces cours et l’assistance que vous proposez est
suffisante pour améliorer les bénéfices du tourisme de ces pays ?
En partie, oui. Nous aidons à mieux cibler la recherche faite sur Internet par des
touristes potentiels grâce à des outils que nous aidons à préparer et qui permettront
par exemple de sélectionner une destination en fonction de critères plusétendus: un hôtel qui ne dépasse pas une certaine altitude pour celui qui a des
problèmes cardiaques, un endroit où on parle une langue donnée, un lieu adapté
pour des familles…
Que serait-il utile en plus de ce que vous proposez ?
L’aboutissement du travail de réflexion déjà en cours sur l’utilisation
de nouveaux moteurs de recherche respectant des critères éthiques,
comme alternative aux moteurs de recherche commerciaux actuels.
Pour plus d’informations: http://etourism.unctad.org
