Les consultants sexuels
Enfin, notre administration
s’est décidée à faire
quelque chose pour améliorer
le recrutement. Jusqu’à présent,
il était bien connu que
l’ONU ne faisait que recruter
la pire des racailles, celle que l’on trouve dans
les bas-fonds des métropoles et qui passe son
temps à violer, voler la veuve et l’orphelin. Eh
bien, cette période est révolue! Notre administration
vient enfin de mettre au point un formulaire
infaillible.
Dans un premier temps, ce sont tous les
consultants et contractants de l’ONU qui seront
obligés de signer une décharge disant qu’ils ont
pris connaissance et acceptent les termes du
bulletin du Secrétaire général en date du
9 octobre 2003 ST/SGB/2003/13 intitulé « Mesures
spéciales de protection contre les abus
sexuels et l’exploitation sexuelle ». Espérer
que parce qu’un « sadique »/consultant a signé
un formulaire il ne se livrera pas à ses passions
horribles relève du non-sens d’une bureaucratie
qui vit dans un monde irréel. Traiter ainsi
d’un problème aussi grave relève d’un manque
de sens pratique impardonnable.
De plus, envoyer un tel formulaire à une jeune
professeure qui doit préparer un document sur
l’analyse quantitative des critères d’investissement, à un prix Nobel qui doit venir faire une
présentation, à un entrepreneur qui doit envoyer
une équipe pour réparer les ascenseurs relève
d’un ridicule auquel seule une administration
kafkaïenne est à même de survivre.
Mais rassurez-vous, chers collègues, ce système
qui pour l’instant ne s’applique qu’aux
seuls consultants sera, après une période de
test, généralisé à tous dès la fin du mois de mai.
La seule question est de savoir en quoi consiste
ce «test»? S’agit-il de voir s’il y a plus ou moins
de harcèlement d’ici à la fin du mois de mai? Ou
de constater que les Nations Unies payant déjà
fort mal ses consultants, cette circulaire particulièrement
vexatoire et qui donne une image
absurde de notre bureaucratie, fera que nous
aurons encore moins de personnel qualifié à
recruter dans les années à venir!
