
Interview avec Monsieur Daly Belgasmi,
Directeur du bureau du PAM à Genève.
Par Jean Michel Jakobowicz.
Tous ensemble pour dire: Stop à la faim dans le monde
Le 21 mai prochain, des milliers de personnes marcheront autour du Lac Léman à Genève pour manifester contre la faim dans le monde. La Marche Mondiale contre la Faim est une manifestation organisée dans le monde entier par le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) afin de susciter une plus grande prise de conscience du problème de la faim, surtout chez les enfants qui sont les premiers et les plus vulnérables victimes de ce terrible fléau. Le PAM est l’agence des Nations Unies responsable de l’aide alimentaire et nourrit chaque année plus de 100 millions de personnes.
Pourquoi une Marche mondiale contre la
Faim?
On compte aujourd’hui 852 millions de personnes
qui ont faim dans le monde – soit
un habitant de la planète sur sept! La faim
tue aujourd’hui plus que le Sida, la malaria
et la tuberculose réunis: un enfant toutes
les cinq secondes, 25 000 personnes par
jour. C’est énorme. C’est beaucoup trop et
c’est le plus grand scandale de notre époque,
car nous produisons aujourd’hui suffisamment
pour nourrir tous les habitants de
la terre. Il faut faire quelque chose pour
que cela s’arrête. Il faut réveiller les
consciences. C’est le principal objectif de
la Marche Mondiale contre la Faim.
Vous trouvez que la communauté
internationale n’apporte pas l’attention
nécessaire à ce problème?
Le problème de la faim dans le monde
devrait être la priorité numéro un de la communauté
internationale qui s’est engagée,
dans le cadre des Objectifs du Millénaire, à
réduire de moitié le nombre de personnes
qui ont faim dans le monde d’ici 2015. Or,
nous sommes loin d’atteindre cet objectif.
Au contraire. Le nombre de personnes qui
souffrent de la faim est en augmentation.
C’est pourquoi, il faut se mobiliser. On ne
peut parler de développement ou de sécurité
dans le monde si on ne règle pas avant tout
le problème de la faim. Comment peut-on
imaginer qu’un homme qui a faim, qui voit sa
femme et ses enfants souffrir de malnutrition
ne se montrera pas violent à un moment
ou à un autre? Comment un homme qui a
faim peut-il trouver le temps et l’énergie
pour travailler au développement de son
pays alors qu’affaibli, il passe sa journée à
chercher de quoi manger pour sa famille? Il
faut un effort concerté, une mobilisation
générale de l’opinion publique pour éradiquer
le problème de la faim. C’est la mission
du PAM et il s’y engage depuis un demi
siècle. Un enfant sous alimenté, pendant sa
période de croissance, restera handicapé
pour le restant de sa vie. 300 millions d’enfants
souffrent de malnutrition. C’est une
vraie souffrance et une honte pour l’avenir
de l’humanité.
Mais comment sensibiliser la
communauté internationale?
En invitant tous ceux qui se sentent concernés
à descendre dans les rues des grandes
capitales du monde le 21 mai prochain pour
exprimer ensemble le message suivant: nous
en avons assez de la faim dans le monde;
nous souhaitons, au-delà des discours politiques,
que des mesures concrètes soient
prises pour mettre un terme à ce fléau.
L’année dernière, 201’000 personnes ont participé
à la Marche Mondiale contre la Faim dans 266
villes de 91 pays et ont mobilisé suffisamment
d’argent pour nourrir 70’000 enfants d’âge scolaire
pendant toute une année.
Il y a eu des marches partout: sur la muraille de
Chine, autour des pyramides du Caire en Egypte,
au circuit automobile de Formule 1 au Canada, sur
les traces des Romains de l’Antiquité à Rome, etc.
L’objectif cette année est de rassembler
750’000 personnes dans le monde entier qui
marcheront à compter de 10h, sur tous les
fuseaux horaires. La première Marche commencera
en Nouvelle-Zélande et la dernière
aura lieu au Samoa occidental.
Cette année, Genève sera aussi au rendezvous.
Qui est invité à participer à cette
marche ?
Tout le monde: le grand public, les
collègues des Nations Unies et des
agences, les membres des missions
diplomatiques, les étudiants, des élèves,
les employés des organisations
non gouvernementales, du secteur
privé… tous ceux qui se sentent
concernés et qui veulent que les
choses changent. Ce n’est pas la
marche du PAM, mais celle de tout le
monde. Quel que soit le métier, l’allégeance
politique, la religion, la couleur,
les origines, etc., nous devons
tous être unis dans la lutte contre la
faim. Et la Marche du 21 mai sera une
excellente façon de le montrer.
Que doit-on faire pour participer à la
Marche?
Il faut d’abord s’enregistrer sur le site
internet:
www.walktheworld.ch
Chaque participant est invité à s’acquitter de frais de participation
d’une valeur minimum de 15 CHF (l’inscription est gratuite
pour les enfants jusqu’à l’âge de 12 ans) et recevra par
retour du courrier un T-shirt «Fight Hunger» offert par TNT,
société de logistique et partenaire du PAM qui est à l’origine
de cette Marche. Chaque participant est invité à trouver des
collègues et amis prêts à parrainer sa marche. Ceux qui ne
seront pas disponibles ce jour-là mais qui souhaitent faire un
geste peuvent faire des dons en ligne.
Nous nous donnerons tous rendez-vous le dimanche 21 mai à
10 heures du matin au parc Mon Repos pour parcourir six kilomètres
le long du lac Léman.
A quoi vont servir les fonds récoltés?
Cette année, les fonds récoltés iront aux programmes d’alimentation
scolaire du PAM pour les enfants, les victimes les plus
vulnérables de la faim. L’expérience du PAM montre en effet
que lorsque nous offrons des repas dans les écoles des pays
pauvres, les enfants viennent à l’école. Aujourd’hui, on compte
des millions d’enfants qui vont à l’école le ventre vide – et
comme dit le dicton: «ventre creux n’a pas d’oreille» – ou
encore qui ne vont tout simplement pas en classe parce que
leurs parents sont trop pauvres et qu’ils ont besoin du salaire
rapporté par le travail de leurs enfants pour les nourrir. Or en
fournissant le repas du midi à l’école, on fait d’une pierre deux
coups: on nourrit le corps et l’esprit de ces enfants. Il y a
urgence. Il faut régler le problème de la faim chez les enfants.
Car les experts en développement sont formels: si on veut que
les pays pauvres sortent de leur marasme économique, il faut
investir dans l’éducation, dans la formation. Il n’y a pas meilleur
investissement dans le développement que d’investir dans l’avenir
des enfants.
Joignez-vous à nous pour lutter contre la faim
Rendez-vous le 21 mai Parc Mon Repos à 10 heures
Inscrivez-vous sur:
WWW.WALKTHEWORLD.CH
Pour davantage d’information, consultez,
WWW.FIGHTHUNGER.ORG
