UN Special N° 650 Avril · April 2006 

M. Daly Belgasmi
Interview avec Monsieur Daly Belgasmi,
Directeur du bureau du PAM à Genève.

Par Jean Michel Jakobowicz.

Tous ensemble pour dire: Stop à la faim dans le monde

Le 21 mai prochain, des milliers de personnes marcheront autour du Lac Léman à Genève pour manifester contre la faim dans le monde. La Marche Mondiale contre la Faim est une manifestation organisée dans le monde entier par le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) afin de susciter une plus grande prise de conscience du problème de la faim, surtout chez les enfants qui sont les premiers et les plus vulnérables victimes de ce terrible fléau. Le PAM est l’agence des Nations Unies responsable de l’aide alimentaire et nourrit chaque année plus de 100 millions de personnes.

Pourquoi une Marche mondiale contre la Faim?
On compte aujourd’hui 852 millions de personnes qui ont faim dans le monde – soit un habitant de la planète sur sept! La faim tue aujourd’hui plus que le Sida, la malaria et la tuberculose réunis: un enfant toutes les cinq secondes, 25 000 personnes par jour. C’est énorme. C’est beaucoup trop et c’est le plus grand scandale de notre époque, car nous produisons aujourd’hui suffisamment pour nourrir tous les habitants de la terre. Il faut faire quelque chose pour que cela s’arrête. Il faut réveiller les consciences. C’est le principal objectif de la Marche Mondiale contre la Faim.

Vous trouvez que la communauté internationale n’apporte pas l’attention nécessaire à ce problème?
Le problème de la faim dans le monde devrait être la priorité numéro un de la communauté internationale qui s’est engagée, dans le cadre des Objectifs du Millénaire, à réduire de moitié le nombre de personnes qui ont faim dans le monde d’ici 2015. Or, nous sommes loin d’atteindre cet objectif. Au contraire. Le nombre de personnes qui souffrent de la faim est en augmentation. C’est pourquoi, il faut se mobiliser. On ne peut parler de développement ou de sécurité dans le monde si on ne règle pas avant tout le problème de la faim. Comment peut-on imaginer qu’un homme qui a faim, qui voit sa femme et ses enfants souffrir de malnutrition ne se montrera pas violent à un moment ou à un autre? Comment un homme qui a faim peut-il trouver le temps et l’énergie pour travailler au développement de son pays alors qu’affaibli, il passe sa journée à chercher de quoi manger pour sa famille? Il faut un effort concerté, une mobilisation générale de l’opinion publique pour éradiquer le problème de la faim. C’est la mission du PAM et il s’y engage depuis un demi siècle. Un enfant sous alimenté, pendant sa période de croissance, restera handicapé pour le restant de sa vie. 300 millions d’enfants souffrent de malnutrition. C’est une vraie souffrance et une honte pour l’avenir de l’humanité.

Mais comment sensibiliser la communauté internationale?
En invitant tous ceux qui se sentent concernés à descendre dans les rues des grandes capitales du monde le 21 mai prochain pour exprimer ensemble le message suivant: nous en avons assez de la faim dans le monde; nous souhaitons, au-delà des discours politiques, que des mesures concrètes soient prises pour mettre un terme à ce fléau.
L’année dernière, 201’000 personnes ont participé à la Marche Mondiale contre la Faim dans 266 villes de 91 pays et ont mobilisé suffisamment d’argent pour nourrir 70’000 enfants d’âge scolaire pendant toute une année.
Il y a eu des marches partout: sur la muraille de Chine, autour des pyramides du Caire en Egypte, au circuit automobile de Formule 1 au Canada, sur les traces des Romains de l’Antiquité à Rome, etc.
L’objectif cette année est de rassembler 750’000 personnes dans le monde entier qui marcheront à compter de 10h, sur tous les fuseaux horaires. La première Marche commencera en Nouvelle-Zélande et la dernière aura lieu au Samoa occidental.
Cette année, Genève sera aussi au rendezvous.

Qui est invité à participer à cette marche ?
Tout le monde: le grand public, les collègues des Nations Unies et des agences, les membres des missions diplomatiques, les étudiants, des élèves, les employés des organisations non gouvernementales, du secteur privé… tous ceux qui se sentent concernés et qui veulent que les choses changent. Ce n’est pas la marche du PAM, mais celle de tout le monde. Quel que soit le métier, l’allégeance politique, la religion, la couleur, les origines, etc., nous devons tous être unis dans la lutte contre la faim. Et la Marche du 21 mai sera une excellente façon de le montrer.

Que doit-on faire pour participer à la Marche?
Il faut d’abord s’enregistrer sur le site internet:

www.walktheworld.ch

Chaque participant est invité à s’acquitter de frais de participation d’une valeur minimum de 15 CHF (l’inscription est gratuite pour les enfants jusqu’à l’âge de 12 ans) et recevra par retour du courrier un T-shirt «Fight Hunger» offert par TNT, société de logistique et partenaire du PAM qui est à l’origine de cette Marche. Chaque participant est invité à trouver des collègues et amis prêts à parrainer sa marche. Ceux qui ne seront pas disponibles ce jour-là mais qui souhaitent faire un geste peuvent faire des dons en ligne.
Nous nous donnerons tous rendez-vous le dimanche 21 mai à 10 heures du matin au parc Mon Repos pour parcourir six kilomètres le long du lac Léman.

A quoi vont servir les fonds récoltés?
Cette année, les fonds récoltés iront aux programmes d’alimentation scolaire du PAM pour les enfants, les victimes les plus vulnérables de la faim. L’expérience du PAM montre en effet que lorsque nous offrons des repas dans les écoles des pays pauvres, les enfants viennent à l’école. Aujourd’hui, on compte des millions d’enfants qui vont à l’école le ventre vide – et comme dit le dicton: «ventre creux n’a pas d’oreille» – ou encore qui ne vont tout simplement pas en classe parce que leurs parents sont trop pauvres et qu’ils ont besoin du salaire rapporté par le travail de leurs enfants pour les nourrir. Or en fournissant le repas du midi à l’école, on fait d’une pierre deux coups: on nourrit le corps et l’esprit de ces enfants. Il y a urgence. Il faut régler le problème de la faim chez les enfants. Car les experts en développement sont formels: si on veut que les pays pauvres sortent de leur marasme économique, il faut investir dans l’éducation, dans la formation. Il n’y a pas meilleur investissement dans le développement que d’investir dans l’avenir des enfants.

Walk the world
Joignez-vous à nous pour lutter contre la faim
Rendez-vous le 21 mai Parc Mon Repos à 10 heures
  Inscrivez-vous sur:
WWW.WALKTHEWORLD.CH
  Pour davantage d’information, consultez,
WWW.FIGHTHUNGER.ORG
 
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