La hi-tech au service de la planète
La Terre sous la loupe
Sergio da Silva, ONU/STIC
Le siècle dernier fut le théâtre de changements majeurs opérés par l’homme à l’égard de l’environnement: d’un développement industriel incontrôlé, passant par l’utilisation incontrôlée des ressources naturelles et l’augmentation exponentielle de la démographie, les conséquences sont aujourd’hui, bien visibles grâce à la comparaison des images satellites prises des mêmes régions de la Terre à un intervalle d’une trentaine d’années. Le résultat est alarmant dans certains cas et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement le met en évidence dans ses publications, rapports et conférences pour alerter l’opinion publique mondiale et les décideurs sur les situations critiques déjà existantes ou en risque de le devenir.
Nous avons demandé à Pascal Peduzzi du
PNUE, responsable de l’unité de préalerte
environnementale, de nous préciser
quel est le rôle de l’agence des Nations
Unies dans ce domaine:
Il est de notre devoir d’identifier les dégradations
environnementales, telles que la déforestation ou
les impacts dus aux changements climatiques, les
impacts que cela impose aux populations, aux ecosystèmes
et aux services qu’ils nous prodiguent.
De quels moyens disposez-vous?
Nous utilisons des images satellite pour étudier les
zones qui nous intéressent, nous effectuons également
des modélisations, et des analyses statistiques.
Nous utilisons également les recherches
publiées dans les revues scientifiques
spécialisées.
Quels résultats comptez-vous obtenir?
Une prise de conscience du public et des décideurs
sur les problèmes que nous évoquons et voir
déboucher de nouvelles législations sur le plan
politique international, tel que le protocole de
Montréal ou le protocole de Kyoto. Nous analysons
ensuite les décisions prises par les gouvernements
concernés et nous recommandons des correctionsà apporter à leur programme d’action.
Pourriez-vous citer un exemple concret?
L’une des études de la section Observation de la
terre du PNUE/GRID-Europe sur les marais de
Mésopotamie entre l’Irak et l’Iran. L’analyse d’une
série d’images satellite prises entre 1973 et 2000 a
révélé que les habitants de ce marais ont perdu
leurs moyens de subsistance. La construction de
barrages et de digues, sans étude d’impact préalable,
a causé un assèchement de la zone, provoquant
la perte de plus de 85% des marais de la
Mésopotamie, un des plus grands marécages du
Moyen Orient et un des écosystèmes en eau
potable les plus extraordinaires au monde, qui couvraientà l’origine entre 15 et 20’000 km2.
L’alerte donnée à la communauté internationale
a permis que cette situation commence à être restaurée
dès 2003. Aujourd’hui, le suivi par satellite
montre une amélioration mais seulement le temps
dira si ces marais pourront être sauvés.
Les changements climatiques se font de
plus en plus sentir. Que fait le PNUE?
Nous avons perdu 7,4% de la calotte arctique dans
les 25 dernières années provoquant une baisse de
la réflexion du rayonnement solaire. Le niveau des
mers monte. A ce rythme, vers 2100 il ne restera
que 5% des glaciers alpins que nous avons connu
dans les années 1970.
Le PNUE analyse l’état de la Terre et le fait
savoir par différents moyens de communication. Le
dernier en date, est la publication de l’atlas « One
Planet, Many People, an atlas of our changing environment.»
Il est disponible sous forme de fichier pdf sur le
site: www.grid.unep.ch/atlas et peut être téléchargé
gratuitement. Cet atlas, peut aussi être commandé
sur notre site web.
Un projet en cours consiste à intégrer dans
Google Earth, les sites analysés dans l’atlas produit
par le PNUE et de permettre la visualisation de
l’historique géographique d’une région déterminée
du globe avec cet outil.
Cet Atlas semble être un outil de travail unique
pour aider le PNUE à mener à bien sa tâche de la
défense de la Planète, grâce aussi à la diffusion du
même et à une meilleure prise de conscience de
ses lecteurs sur les situations que vous mettez enévidence:
C’est le cas, en effet. Il met en évidence les changements
drastiques de la couverture du sol, de la
désertification, de l’assèchement des lacs, de la déforestation,
de l’urbanisation croissante et des changements
climatiques et de leur impact sur la Vie.
