L’habit fait le moine
Emmanuelle GANTET, ONUG
Qui ne connaît pas la maxime populaire «L’habit ne fait pas le moine»? Et pourtant tout un chacun sait que ses habits, son maquillage, son attitude, sa voix, voire son parfum, sont indissociables de l’image qu’il renvoie. Suite à une étude menée par le Professeur en psychologie Albert Mehrabian de l’Université de Californie Los Angeles, il a été démontré que dans notre communication orale personnelle 93 % de nos premières impressions sont produites par du non-verbal, l’apparence à hauteur de 55 % et les formes d’expression à 38 % (accent, vocabulaire, gestuelle, etc.), ne laissant au message lui-même qu’un petit 7 %. Comme le dit non sans esprit Myriam Hoffmann, conseillère en image depuis près de 12 ans en Suisse, «si l’habit ne fait pas le moine, il permet de rentrer dans l’abbaye».
Aprés
De 4 à 48 typologies
Le conseil en image n’est pas un «relooking» éphémère comme il
peut l’être dans certaines situations ponctuelles, telle une soirée ou
un passage à la télévision, qui répond plus à des décisions arbitraires
et aux tendances du moment. Le conseil en image est un travail que
l’on peut qualifier de rééducation dans la façon dont on se perçoit, un
travail commun entre le conseil en image et son/sa client/e qui permet
une mise en évidence
des couleurs ad hoc et leur
association, mais permetégalement le juste choix des
formes de vêtements, tel
leur stylisme, leur texture,
leur longueur.
La méthode la plus répandue
et encore très présente
aux Etats-Unis reste la
méthode dite «des saisons»
basée sur les quatre typologies
des saisons. La méthode
plus récente et très convoitée,
est celle dite «directionnelle». Elle consiste à déterminer,à partir des coloris
naturels d’une personne
(peau, yeux, cheveux), de sa
morphologie, de son mode
de vie, la meilleure façon de
se présenter. Elle est motivée
par une démarche plus
fine, plus personnalisée, plus
logique puisqu’elle repose
sur 48 typologies. L’étude de
la colorimétrie se fait selon les six directions sombre-clair, chaudfroid,
lumineux-mat, et se fait par la comparaison des couleurs dans
un ordre précis et dans les directions opposées. L’étude, au-delà du
vêtement, peut se prolonger par un conseil en maquillage, sur la coiffure,
les accessoires et également sur le parfum, défini en fonction du
patrimoine olfactif du client. Le conseil en image peut également aider le/la client/e à faire un tri dans sa
garde-robe à domicile, voire l’accompagner dans
l’achat de ses vêtements.

Avant
Le métier de conseil en image se
professionnalise
Le conseil en image est né dans les années 60
aux Etats-Unis. Il s’est ensuite développé en Angleterre
dans les années 80 puis dans le reste de l’Europe
dans les années 90. D’abord connu auprès des
particuliers au cours de réunions informelles à
domicile, il s’est ensuite professionnalisé et bénéficie
aujourd’hui d’une reconnaissance tant auprès
du privé que des entreprises. Cette activité, en
plein essor depuis une dizaine d’années, n’est
cependant pas réglementée par une législation ou
des diplômes d’Etat et toute personne peut s’improviser
conseillère en image. Dans le but d’asseoir
cette profession et protéger ses clients, l’Association
suisse des consultants en image, présidée par
Myriam Hoffman, conseillère en image personnelle
depuis près de 12 ans en Suisse, formée à
Cambridge, et également formatrice de consultants
en image personnelle, est en pourparlers avec les
autorités suisses pour un Brevet fédéral. En attendant
cette reconnaissance, Myriam Hoffman
recommande à toute personne qui souhaite bénéficier
des conseils d’un professionnel de l’image, de
contacter l’Association suisse des consultants en
image, ou pour le moins, poser au préalable des
questions telles que la méthode utilisée, le processus
d’accompagnement, l’expérience dans le
métier, la formation, et une ou deux références.
Une réalité économique
Pour une étude-conseil complète de deux
séances de trois heures permettant la définition
d’un nuancier ad hoc des couleurs et des
tissus, couvrant vêtements, maquillage, coiffure
et accessoires, il faut compter près de
1’000 francs suisses pour une femme et la
moitié pour un homme, le maquillage et les
coupes vestimentaires étant chez lui plus
réduits. Ces séances peuvent être proposées
en modules. Développer une cohérence message-messager a un coût, mais surtout un
bénéfice. Il permet d’acheter intelligemment
et d’éviter des erreurs d’achat. Exit le «je n’ai
rien à me mettre» alors que la garde-robe est
pleine à craquer. Acheter moins mais
mieux est une composante économique qui
mérite d’être soulignée.
Dans notre quotidien souvent chahuté, parfois
bouleversé, où les événements vont souvent
vites, bénéficier d’une image en harmonie
avec sa personnalité, avec laquelle on se
sent en adéquation, permet avant tout un
bien-être psychologique et une plus grande
confiance en soi. Les entreprises ne s’y sont
pas trompées puisqu’elles font de plus en plus
appel à cet appui pour leur force commerciale
ou leur personnel en contact avec le client.
Photos Lucien Zürcher.
Dossier écrit avec la coopération de
Myriam Hoffmann, Présidente d’Honneur de
l’Association suisse des consultants en image,
Fondatrice de «Première Impression»
conseil en image à Genève
www.premiere-impression.com
