UN Special N° 648 Février · February 2006 

L’habit fait le moine

Emmanuelle GANTET, ONUG

Qui ne connaît pas la maxime populaire «L’habit ne fait pas le moine»? Et pourtant tout un chacun sait que ses habits, son maquillage, son attitude, sa voix, voire son parfum, sont indissociables de l’image qu’il renvoie. Suite à une étude menée par le Professeur en psychologie Albert Mehrabian de l’Université de Californie Los Angeles, il a été démontré que dans notre communication orale personnelle 93 % de nos premières impressions sont produites par du non-verbal, l’apparence à hauteur de 55 % et les formes d’expression à 38 % (accent, vocabulaire, gestuelle, etc.), ne laissant au message lui-même qu’un petit 7 %. Comme le dit non sans esprit Myriam Hoffmann, conseillère en image depuis près de 12 ans en Suisse, «si l’habit ne fait pas le moine, il permet de rentrer dans l’abbaye».


Aprés

De 4 à 48 typologies
Le conseil en image n’est pas un «relooking» éphémère comme il peut l’être dans certaines situations ponctuelles, telle une soirée ou un passage à la télévision, qui répond plus à des décisions arbitraires et aux tendances du moment. Le conseil en image est un travail que l’on peut qualifier de rééducation dans la façon dont on se perçoit, un travail commun entre le conseil en image et son/sa client/e qui permet une mise en évidence des couleurs ad hoc et leur association, mais permetégalement le juste choix des formes de vêtements, tel leur stylisme, leur texture, leur longueur.
La méthode la plus répandue et encore très présente aux Etats-Unis reste la méthode dite «des saisons» basée sur les quatre typologies des saisons. La méthode plus récente et très convoitée, est celle dite «directionnelle». Elle consiste à déterminer,à partir des coloris naturels d’une personne (peau, yeux, cheveux), de sa morphologie, de son mode de vie, la meilleure façon de se présenter. Elle est motivée par une démarche plus fine, plus personnalisée, plus logique puisqu’elle repose sur 48 typologies. L’étude de la colorimétrie se fait selon les six directions sombre-clair, chaudfroid, lumineux-mat, et se fait par la comparaison des couleurs dans un ordre précis et dans les directions opposées. L’étude, au-delà du vêtement, peut se prolonger par un conseil en maquillage, sur la coiffure, les accessoires et également sur le parfum, défini en fonction du patrimoine olfactif du client. Le conseil en image peut également aider le/la client/e à faire un tri dans sa garde-robe à domicile, voire l’accompagner dans l’achat de ses vêtements.


Avant

Le métier de conseil en image se professionnalise
Le conseil en image est né dans les années 60 aux Etats-Unis. Il s’est ensuite développé en Angleterre dans les années 80 puis dans le reste de l’Europe dans les années 90. D’abord connu auprès des particuliers au cours de réunions informelles à domicile, il s’est ensuite professionnalisé et bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance tant auprès du privé que des entreprises. Cette activité, en plein essor depuis une dizaine d’années, n’est cependant pas réglementée par une législation ou des diplômes d’Etat et toute personne peut s’improviser conseillère en image. Dans le but d’asseoir cette profession et protéger ses clients, l’Association suisse des consultants en image, présidée par Myriam Hoffman, conseillère en image personnelle depuis près de 12 ans en Suisse, formée à Cambridge, et également formatrice de consultants en image personnelle, est en pourparlers avec les autorités suisses pour un Brevet fédéral. En attendant cette reconnaissance, Myriam Hoffman recommande à toute personne qui souhaite bénéficier des conseils d’un professionnel de l’image, de contacter l’Association suisse des consultants en image, ou pour le moins, poser au préalable des questions telles que la méthode utilisée, le processus d’accompagnement, l’expérience dans le métier, la formation, et une ou deux références.

Une réalité économique
Pour une étude-conseil complète de deux séances de trois heures permettant la définition d’un nuancier ad hoc des couleurs et des tissus, couvrant vêtements, maquillage, coiffure et accessoires, il faut compter près de 1’000 francs suisses pour une femme et la moitié pour un homme, le maquillage et les coupes vestimentaires étant chez lui plus réduits. Ces séances peuvent être proposées en modules. Développer une cohérence message-messager a un coût, mais surtout un bénéfice. Il permet d’acheter intelligemment et d’éviter des erreurs d’achat. Exit le «je n’ai rien à me mettre» alors que la garde-robe est pleine à craquer. Acheter moins mais mieux est une composante économique qui mérite d’être soulignée.
Dans notre quotidien souvent chahuté, parfois bouleversé, où les événements vont souvent vites, bénéficier d’une image en harmonie avec sa personnalité, avec laquelle on se sent en adéquation, permet avant tout un bien-être psychologique et une plus grande confiance en soi. Les entreprises ne s’y sont pas trompées puisqu’elles font de plus en plus appel à cet appui pour leur force commerciale ou leur personnel en contact avec le client.

Photos Lucien Zürcher.
Dossier écrit avec la coopération de
Myriam Hoffmann, Présidente d’Honneur de
l’Association suisse des consultants en image,
Fondatrice de «Première Impression»
conseil en image à Genève
 
www.premiere-impression.com

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