Plaidoyer-manifeste, à qui de droit:
Traitement égalitaire du fonctionnaire
international, actif comme retraité
Mali Kamoun
- Dès la cessation d’activité, le retraité du
système des Nations Unies connaît un
changement radical de situation: du jour au
lendemain, il se retrouve quasiment mis au
rebut, exfiltré du champ du droit découlant
des Conventions diplomatiques de Vienne
et des Accords de siège conclus avec les
pays d’accueil (à l’exception notable de
l’Autriche) ignoré même de l’applicabilité
des dispositions de la résolution de l’Assemblée
générale portant les principes
des Nations Unies pour les personnes âgées;
- Les fonctionnaires actifs d’aujourd’hui
seront fatalement les retraités de demain; la
différenciation péjorative, au jour de la cessation
d’activité, de leur statut n’est qu’une
question de terme, dont les épercussions au
quotidien de leur vie personnelle et familiale
apparaîtront immanquablement avec force et évidence;
- Ainsi, par exemple, l’ostentatoire «badge
de courtoisie» qui leur est, à bien plaire,
octroyé s’affichera vite, dans la pratique,
comme le signe dérisoire d’une vaine discrimination;
- Une carrière remplie d’expériences et d’acquis,
de services bien rendus connotés souvent
d’appréciations méritées, n’habilite-t-elle
pas le retraité à continuer, par sa présence et
son potentiel, de redorer le blason, de servir
l’image des Nations Unies dans la société
d’insertion, celle-ci fût-elle proche ou distante
des instances et enceintes internationales?
- N’y aurait-il pas de marge ouverte à
l’aggiornamento du fonctionnaire international,
fût-il actif ou retraité? d’opportunité minimale
au maintien de liens inter-générationnels?
au contact épisodique ou sporadique
entre actuels et anciens, jeunes (ou moins
jeunes) et aînés?
- Un accès facilité aux services communs,
aux conférences publiques et à la documentation
sur les sujets mondialement débattus,
aux différentes manifestations socio-culturelles
internes, à la formation continue
(pareillement qu’au dehors à l’Université du
3ème âge), un tel accès indifférencié constituerait-
il une charge ingérable ou insupportable
pour le système des Nations Unies? Par
illustration, en ces temps glorifiant le volontariat,
le «coaching» bénévole, n’y aurait-il pas
lieu de puiser gracieusement dans les mannes
expertes des «ressources humaines» plutôt
disponibles que représentent assurément les
retraités? Ne conviendrait-il pas pour les
Nations Unies de tenter de recycler honorablement
et utilement leurs propres caciques?
- Nul besoin d’ être grand clerc pour
concevoir et concrétiser quelques mesures
de bon sens, pour ne pas dire de bonne
gouvernance, afin de conforter le sentiment
d’appartenance à cette famille des
Nations Unies, d’en renforcer la cohésion,
d’en garantir le rayonnement par l’égalité
de traitement de tous les éléments constitutifs,
le respect sans faille ni disparité
d’un statut unique et univoque pour tous,
actifs comme retraités.