Au moment où j’écris ces
quelques lignes, une question
angoissante me tenaille
l’esprit: le fils va-t-il mettre
son propre père sur la paille?
Vous vous demandez peutêtre
s’il s’agit d’un nouvel épisode d’un roman
inédit de Victor Hugo, de Zola ou de Jack London.
Eh bien pas du tout, il s’agit d’une dure
réalité de la vie internationale qui vous a peutêtre échappé!
En effet, le Secrétaire général des
Nations Unies vient de nommer «Envoyé
spécial pour la catastrophe entraînée par le
tremblement de terre en Asie du Sud» le
père du président d’un de nos plus gros
contributeurs, le père ayant été tout comme
son fils président du même État membre.
Mais là où la chose devient cornélienne,
c’est lorsque le fils fait peser des menaces
sur l’adoption du budget de l’Organisation,
menace qui à terme risque de mettre son «Envoyé-spécial» de père au chômage.
Par-delà l’aspect social de la chose, le côté
drame familial ne saurait vous échapper. Imaginez
un peu le réveillon de Noël où le père et le fils se
rencontrent dans un silence glacial! Imaginez les
regards furieux du père menacé de se retrouver
sans travail par son propre fils! Imaginez le fils
rongé par la culpabilité mais qui malgré tout fait fi
des liens familiaux au profit de l’intérêt national,
avec en plus la mère qui menace de quitter le père
s’il prend le job avant les fêtes (sic). Nous ne pouvons
que plaindre cette famille aux abois et leur
souhaiter la paix et la sérénité durant cette
période difficile!
En attendant, chères lectrices et chers lecteurs
de UN Special, le comité de rédaction
vous souhaite une bonne et heureuse année
2006, une bonne santé et surtout tout plein de
bonheur.