UN Special N° 646 Decembre · December 2005 

Dossier du mois

Profil du fonctionnaire de l’ONU

Idées et suggestions

Des suggestions à la pelle

Nous sommes submergés de questionnaires de toutes sortes, en particulier au travail, mais cela n'a pas empêché nos collègues des Nations Unies et des autres organisations internationales du monde entier de répondre en masse au questionnaire pour le 60e anniversaire de l'ONU. Ce questionnaire a même inspiré plus de 1800 collègues qui ont fait des suggestions pour améliorer l'ONU. Certains d'entre eux étaient contents d'avoir leur mot à dire. Un collègue de Montévidéo a même donné son adresseélectronique avec la mentio: «si vous avez besoin d'autres idées, n'hésitez pas!» Et rien qu’entre nous, certaines des suggestions qui ont été faites sont d’une qualité nettement supérieure aux nombreux documents et rapports préparés par des consultants externes grassement payés.
La plupart des suggestions entrent dans deux catégories: les suggestions pour améliorer le travail du secrétariat et les suggestions pour améliorer le fonctionnement politique des Nations Unies. Ces dernières sont essentiellement liées au fonctionnement du Conseil de sécurité, que certains aimeraient voir élargis et que d'autres préféreraient voir disparaître, ou au moins voir disparaître le droit de veto des membres permanents: «l'ONU ne doit pas être un nouveau visage du colonialisme.» Alors que certains collègues baissent les bras «Ça ne marchera jamais», d'autres aimeraient voir l'ONU instituer un mécanisme qui permettrait à chaque membre du personnel de faire des suggestions et donner de nouvelles idées.

Du bon travail

Beaucoup d'entre nous croient à ce qu'ils font et pensent qu'à 60 ans, l'ONU fait toujours un bon travail. Nous sommes aussi convaincus que notre travail est apprécié par les gens que nous sommes supposés aider. Toutefois, certains pensent que l’Organisation devrait faire plus pour que son message passe, en particulier «aux peuples des Nations «pas seulement aux gouvernements des états membres. Il suggère de lancer une campagne médiatique de grande ampleur pour mettre en valeur les succès des Nations Unies et de montrer à l'homme de la rue que nous sommes ici pour les servir. Un collègue suggère même que nous suivions tous des cours de marketing et de relations publiques de façon à promouvoir les aspects positifs du travail à l'Organisation: «nos missions de maintien de la paix ont un beaucoup plus haut taux de succès que les missions américaines et coûtent beaucoup moins cher... le public doit savoir de telles choses.» Une meilleure communication et plus de relations publiques aux États-Unis pourrait aider à apaiser les critiques contre l'Organisation dans ce pays. D'autres pensent que l'ONU perd son temps à essayer de convaincre les américains qu'elle fait un monde meilleur et que l'ONU devrait tout simplement quitter New York. Ce ne sont pas les endroits qui manquent. Les suggestions vont depuis le Canada au désert du Sinaï.

La charte

Concernant le futur des Nations Unies, nombreux ont été ceux qui ont souligné qu'il suffisait de revenir aux principes de la Charte. Il pense que cette Charte est aussi valide aujourd'hui qu'elle l’était il y a 60 ans. La Charte énonce exactement le rôle de l'Organisation dans le monde et c'est ce rôle que nous devons remplir. Tous ne sont pas d'accord: certains croient qu'elle est trop vieille et inutile pour traiter des dangers du XXIe siècle.

Le secteur privé, un exemple?

En ce qui concerne la gestion quotidienne de l'Organisation, nombreuses sont les personnes qui aimeraient que l'ONU prenne exemple sur le secteur privé.
L'un des sujets qui revient inévitablement est la paperasse. Beaucoup trouvent que la bureaucratie est frustrante. Ils veulent plus de transparence et moins de bureaucratie. Certaines règles et certains règlements sont nécessaires pour assurer un fonctionnement harmonieux d'une Organisation telle que l'ONU. Mais mettre en oeuvre des règles est un moyen et non une fin; ces règles ne devraient jamais être une fin en elle même. De nombreuses critiques sont adressées au système de recrutement que beaucoup qualifient de gâchis. «Les procédures sont trop lentes pour espérer avoir les meilleurs candidats.» «Le système de recrutement actuellement pratiqué est imparfait. Il est l'un des secteurs les plus mauvais de l'ONU. C'est là que de nombreuses améliorations devraient être faites».
Avant tout, il faudrait que les qualifications des candidats soient vérifiées d'une façon minutieuse «Tout ce qu'ils prétendent être devrait être vérifié». Il faudrait introduire des tests de personnalité parce qu'il est difficile voire impossible de changer une personnalité. «Un nouveau venu auquel il manque certaines qualifications professionnelles et techniques peut être formé sur le tas mais que faites-vous d’une personne qui, d’un point de vue académique, est parfaite mais qui en fait est paresseuse ou folle?»
Avant d’aller à l'extérieur pour trouver de nouvelles recrues, l'ONU devrait étudier avec beaucoup plus de minutie les qualifications des fonctionnaires déjà en place. Certains sont surqualifiés par rapport aux emplois qu'ils occupent mais la lourdeur bureaucratique les empêche de postuler à certains postes. L'ONU préfère gaspiller leur talent et recruter de nouveaux employés. Et encore «l'Organisation qui dépense beaucoup d'argent pour l'éducation des enfants des fonctionnaires pourrait dépenser un peu plus pour l'éducation de ses employés eux-mêmes.» Certains affirment même que le système de recrutement de l'ONU est insatisfaisant et que tout le processus devrait être confié à des entreprises externes.
Avec le recrutement, vient la séparation et là aussi certains pensent que l'ONU pourrait faire mieux. L'ONU devrait faire plus pour congédier les personnes qui ne font pas l'affaire. Non seulement ils sont improductifs, mais ils empêchent les autres de faire leur travail, en minant leur moral ou simplement en étant dans leurs jambes. Quel autre employeur accepterait une telle situation?
Le système de promotion est lui aussi critiqué «nous voulons une méritocratie au lieu d'une médiocratie». Le problème est que les promotions tout comme les recrutements sont entre les mains de gestionnaires qui ne sont jamais pénalisés pour leur manque de jugement. Les gestionnaires sont eux aussi fortement critiqués. Ils sont fréquemment traités d'incompétents, d’irresponsables, qui ne veulent pas prendre en compte les abus et qui transforment leurs unités en petits royaumes alors qu'ils devraient être en train de promouvoir les valeurs des Nations Unies.

Bons technicien mauvais gestionnaire

Un des problèmes est que les personnes qui ont de bonnes qualifications techniques sont promues à des emplois de gestionnaires pour lesquelles ils ne sont absolument pas préparés. En conséquence, l'Organisation perd un bon technicien et génère un mauvais gestionnaire. Cela ne veut pas dire que nos collègues avec de très bonnes qualifications techniques ne devraient pas être promus, mais qu’ils devraient être promus dans leur domaine d'expertise.
Une suggestion qui avait déjà été faite il y a 10 ans est que les gestionnaires devraient être élus et non pas nommés. Beaucoup de fonctionnaires croient qu'ils sont mieux placés pour dire qui ferait un bon gestionnaire. De plus, que ce sont eux qui devront vivre avec les conséquences de leur choix.
Mais mettre tous les maux de l'Organisation sur le dos des gestionnaires est trop facile. En tant que membres du personnel et à titre individuel, nous devons tout d'abord «balayer devant notre propre porte».

360°

Deux chiffres reviennent à de nombreuses reprises. Le premier est 360 comme dans l'évaluation à 360°. C'est une proposition très populaire. Certains collègues sont très amis avec leurs superviseurs et s'arrangent pour avoir des évaluations très positives alors que dans certains cas, ils ne font pas grand chose et rendent la vie difficile à leurs collègues. Une évaluation à 360° devrait permettre de remettre les choses à leur place. L'autre chiffre qui revient fréquemment est le 0 comme dans «tolérance zéro» pour la corruption et les abus. Beaucoup d'entre nous pensent que travailler pour les Nations Unies est un honneur et que toute personne qui nuit d’une façon ou d'une autre à l’Organisation doit être renvoyée. En même temps, il devrait y avoir plus de protection contre des actions arbitraires.

Acknowledgements

Many colleagues did their bit to make this worldwide staff survey possible and to promote it. In particular, this project could not have been carried out without: Jean Michel Jakobowicz (Coordinator), who got the project off the ground, analysed the results and drew up this report.

Antoine Nunes and Fabrice Pasquier, who did all the IT-related work. Caroline Lambein, who analysed the suggestions and helped draw up this report.
The UNOG Publishing Service, which designed the layout of the questionnaire.
The Editorial Board of UN Special, the magazine for Geneva-based staff, which provided input and funding for the project. Special thanks for their inputs to Rachel El-Halaoui-Deléglise, Emmanuelle Gantet, Shuibao Liu, Alison Mangin, Nicolas Rozeau et Sergio da Silva.
The Office of the Secretary-General, especially Michael Moller, who helped us reach colleagues worldwide.

The 5320 respondents, who took the time to fill in the questionnaire.

For more information – contact

Jean Michel Jakobowicz (Coordinator) on +41 22 917 25 01
or by e-mail unspecial@unece.org.


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