Des suggestions à la pelle
Nous sommes submergés de questionnaires
de toutes sortes, en particulier
au travail, mais cela n'a pas
empêché nos collègues des Nations
Unies et des autres organisations
internationales du monde entier de
répondre en masse au questionnaire
pour le 60e anniversaire de l'ONU. Ce
questionnaire a même inspiré plus de
1800 collègues qui ont fait des suggestions
pour améliorer l'ONU. Certains
d'entre eux étaient contents d'avoir leur mot à dire. Un collègue
de Montévidéo a même donné son adresseélectronique avec la
mentio: «si vous avez besoin d'autres idées, n'hésitez pas!» Et
rien qu’entre nous, certaines des suggestions qui ont été faites
sont d’une qualité nettement supérieure aux nombreux documents
et rapports préparés par des consultants externes grassement
payés.
La plupart des suggestions entrent dans deux catégories:
les suggestions pour améliorer le travail du secrétariat
et les suggestions pour améliorer le fonctionnement
politique des Nations Unies. Ces dernières sont
essentiellement liées au fonctionnement du Conseil de
sécurité, que certains aimeraient voir élargis et que
d'autres préféreraient voir disparaître, ou au moins
voir disparaître le droit de veto des membres permanents: «l'ONU ne doit pas être un nouveau visage du
colonialisme.» Alors que certains collègues baissent les
bras «Ça ne marchera jamais», d'autres aimeraient
voir l'ONU instituer un mécanisme qui permettrait à
chaque membre du personnel de faire des suggestions
et donner de nouvelles idées.
Du bon travail
Beaucoup d'entre nous croient à ce qu'ils font et pensent qu'à 60 ans, l'ONU fait toujours un bon travail. Nous sommes aussi convaincus que notre travail est apprécié par les gens que nous sommes supposés aider. Toutefois, certains pensent que l’Organisation devrait faire plus pour que son message passe, en particulier «aux peuples des Nations «pas seulement aux gouvernements des états membres. Il suggère de lancer une campagne médiatique de grande ampleur pour mettre en valeur les succès des Nations Unies et de montrer à l'homme de la rue que nous sommes ici pour les servir. Un collègue suggère même que nous suivions tous des cours de marketing et de relations publiques de façon à promouvoir les aspects positifs du travail à l'Organisation: «nos missions de maintien de la paix ont un beaucoup plus haut taux de succès que les missions américaines et coûtent beaucoup moins cher... le public doit savoir de telles choses.» Une meilleure communication et plus de relations publiques aux États-Unis pourrait aider à apaiser les critiques contre l'Organisation dans ce pays. D'autres pensent que l'ONU perd son temps à essayer de convaincre les américains qu'elle fait un monde meilleur et que l'ONU devrait tout simplement quitter New York. Ce ne sont pas les endroits qui manquent. Les suggestions vont depuis le Canada au désert du Sinaï.
La charte
Concernant le futur des Nations Unies, nombreux ont été ceux qui ont souligné qu'il suffisait de revenir aux principes de la Charte. Il pense que cette Charte est aussi valide aujourd'hui qu'elle l’était il y a 60 ans. La Charte énonce exactement le rôle de l'Organisation dans le monde et c'est ce rôle que nous devons remplir. Tous ne sont pas d'accord: certains croient qu'elle est trop vieille et inutile pour traiter des dangers du XXIe siècle.
Le secteur privé, un exemple?
En ce qui concerne la gestion quotidienne
de l'Organisation, nombreuses
sont les personnes qui aimeraient que
l'ONU prenne exemple sur le secteur
privé.
L'un des sujets qui revient inévitablement
est la paperasse. Beaucoup trouvent
que la bureaucratie est frustrante. Ils
veulent plus de transparence et moins de
bureaucratie. Certaines règles et certains
règlements sont nécessaires pour assurer
un fonctionnement harmonieux d'une
Organisation telle que l'ONU. Mais mettre
en oeuvre des règles est un moyen et
non une fin; ces règles ne devraient
jamais être une fin en elle même.
De nombreuses critiques sont adressées
au système de recrutement que beaucoup
qualifient de gâchis. «Les procédures
sont trop lentes pour espérer
avoir les meilleurs candidats.» «Le système
de recrutement actuellement pratiqué
est imparfait. Il est l'un des secteurs
les plus mauvais de l'ONU. C'est
là que de nombreuses améliorations
devraient être faites».
Avant tout, il faudrait que les qualifications
des candidats soient vérifiées
d'une façon minutieuse «Tout ce qu'ils prétendent être devrait être vérifié». Il faudrait
introduire des tests de
personnalité parce qu'il
est difficile voire impossible
de changer une personnalité.
«Un nouveau
venu auquel il manque
certaines qualifications
professionnelles et techniques
peut être formé
sur le tas mais que
faites-vous d’une personne
qui, d’un point de
vue académique, est parfaite
mais qui en fait est
paresseuse ou folle?»
Avant d’aller à l'extérieur pour trouver
de nouvelles recrues, l'ONU devrait étudier
avec beaucoup plus de minutie les
qualifications des fonctionnaires déjà
en place. Certains sont surqualifiés par
rapport aux emplois qu'ils occupent
mais la lourdeur bureaucratique les
empêche de postuler à certains postes.
L'ONU préfère gaspiller leur talent et
recruter de nouveaux employés. Et
encore «l'Organisation qui dépense
beaucoup d'argent pour l'éducation des
enfants des fonctionnaires pourrait
dépenser un peu plus pour l'éducation
de ses employés eux-mêmes.»
Certains affirment même que le système
de recrutement de l'ONU est insatisfaisant
et que tout le processus
devrait être confié à des entreprises
externes.
Avec le recrutement, vient la séparation et
là aussi certains pensent que l'ONU pourrait
faire mieux. L'ONU devrait faire plus
pour congédier les personnes qui ne font
pas l'affaire. Non seulement ils sont
improductifs, mais ils empêchent les
autres de faire leur travail, en minant
leur moral ou simplement en étant dans
leurs jambes. Quel autre employeur accepterait
une telle situation?
Le système de promotion
est lui aussi critiqué
«nous voulons une méritocratie
au lieu d'une
médiocratie». Le problème
est que les promotions
tout comme les
recrutements sont entre
les mains de gestionnaires
qui ne sont
jamais pénalisés pour
leur manque de jugement.
Les gestionnaires sont
eux aussi fortement critiqués.
Ils sont fréquemment
traités d'incompétents,
d’irresponsables, qui ne veulent
pas prendre en compte les abus et qui
transforment leurs unités en petits
royaumes alors qu'ils devraient être en
train de promouvoir les valeurs des
Nations Unies.
Bons technicien mauvais gestionnaire
Un des problèmes est que les personnes
qui ont de bonnes qualifications techniques
sont promues à des emplois de gestionnaires
pour lesquelles ils ne sont
absolument pas préparés. En conséquence,
l'Organisation perd un bon technicien
et génère un mauvais gestionnaire. Cela ne veut pas dire que
nos collègues avec de très bonnes qualifications
techniques ne devraient pas être
promus, mais qu’ils devraient être promus
dans leur domaine d'expertise.
Une suggestion qui avait déjà été faite
il y a 10 ans est que les gestionnaires
devraient être élus et non pas nommés.
Beaucoup de fonctionnaires croient
qu'ils sont mieux placés pour dire qui
ferait un bon gestionnaire. De plus, que
ce sont eux qui devront vivre avec les
conséquences de leur choix.
Mais mettre tous les maux de l'Organisation
sur le dos des gestionnaires est
trop facile. En tant que membres du
personnel et à titre individuel, nous
devons tout d'abord «balayer devant
notre propre porte».
360°
Deux chiffres reviennent à de nombreuses reprises. Le premier est 360 comme dans l'évaluation à 360°. C'est une proposition très populaire. Certains collègues sont très amis avec leurs superviseurs et s'arrangent pour avoir des évaluations très positives alors que dans certains cas, ils ne font pas grand chose et rendent la vie difficile à leurs collègues. Une évaluation à 360° devrait permettre de remettre les choses à leur place. L'autre chiffre qui revient fréquemment est le 0 comme dans «tolérance zéro» pour la corruption et les abus. Beaucoup d'entre nous pensent que travailler pour les Nations Unies est un honneur et que toute personne qui nuit d’une façon ou d'une autre à l’Organisation doit être renvoyée. En même temps, il devrait y avoir plus de protection contre des actions arbitraires.
Acknowledgements
Many colleagues did their bit to make this worldwide staff survey possible and to promote it. In particular, this project could not have been carried out without: Jean Michel Jakobowicz (Coordinator), who got the project off the ground, analysed the results and drew up this report.
Antoine Nunes and Fabrice Pasquier,
who did all the IT-related work.
Caroline Lambein, who analysed the
suggestions and helped draw up this
report.
The UNOG Publishing Service, which
designed the layout of the questionnaire.
The Editorial Board of UN Special, the
magazine for Geneva-based staff, which
provided input and funding for
the project. Special thanks for their
inputs to Rachel El-Halaoui-Deléglise,
Emmanuelle Gantet, Shuibao Liu, Alison
Mangin, Nicolas Rozeau et Sergio da
Silva.
The Office of the Secretary-General,
especially Michael Moller, who helped us
reach colleagues worldwide.
The 5320 respondents, who took the time to fill in the questionnaire.
For more information – contact
Jean Michel Jakobowicz (Coordinator) on
+41 22 917 25 01
or by e-mail
unspecial@unece.org.