UN Special N° 645 Novembre · November 2005 

Personnel

A l’heure du renouvellement (part II/II)

Nicolas-Emilien Rozeau, ONUG

Les Nations Unies sont de nos jours en fonction des enjeux et des intérêts économiques des donateurs les plus influents: la bonne conscience, le faire-valoir et le bouc émissaire des maux de notre Terre. Bien entendu, les échos de tout ce tapage médiatique sur et autour de notre Organisation se répercutent immanquablement sur notre travail, voire sur notre manière de travailler. Certains parlent de refonte du système, d’autres de réorganisation ou de restructuration. Et je songeai: «Une administration est une machine. Plus une administration est perfectionnée, plus elle élimine l’arbitraire humain. Dans une administration parfaite, où l’homme joue un rôle d’engrenage, la paresse, la malhonnêteté, l’injustice n’ont plus l’occasion de sévir»(a).
Monsieur Christopher B. Burnham, le nouveau Secrétaire général adjoint à la gestion, venu spécialement à Genève, a réuni le personnel de la Division de l’administration le 28 juillet 2005. L’objectif étant de présenter son plan d’action et de modernisation de la structure. Il est très clair que la mise en oeuvre d’une normalisation dans les domaines de la communication, de la production et des nouvelles technologies semble essentielle dans le cadre de l’internationalisation et de l’opérationnel du système. En ce sens, le maintien de la paix, la garantie des droits de l’homme, les conférences mondiales, le respect des lois internationales… sont nos valeurs et nos métiers de base et doivent donc être renforcés dans leur pratique.
Je souhaite revenir sur deux termes énoncés par Monsieur Burnham lors de son intervention: transparence et éthique. Et pour ce faire, le Secrétaire général adjoint à la gestion a clairement exprimé son désir d’instaurer en premier lieu de «l’éthique» (Le Secrétariat a lancé le 15 septembre 2005 un programme de formation en ligne intitulé «Programme de sensibilisation à l’obligation d’intégrité»)(b), ainsi qu’un meilleur contrôle des comptes budgétaires et des dépenses. Stratégie d’ores et déjà planifiée avec la création d’une cellule de formation sur l’éthique attachée à l’Organisation et un renforcement de l’OIOS (Audit interne) en terme d’indépendance et d’implication vis-à-vis du système et de ses acteurs. Et une fois de plus, la stratégie déployée et envisagée est doublement nécessaire. D’une part en considération de l’importance de notre tâche en adéquation avec les contributions financières des Etats membres. D’autre part, en respect de la nature fondamentale de notre mission à vocation «Humaine et Universelle». Nous ne pouvons pas espérer prétendre donner un exemple de respect et de paix au monde tant que nos agissements, voire notre inertie sera faillible, injustifiable, intolérable et donc critiquable.
A nouveau, je reviens sur deux concepts donnés par Monsieur Burnham: honnêteté et efficacité. Nous le savons tous, les Nations Unies se débattent avec force et détermination dans les limites, les freins, les permissions, les moyens et les outils que lui confèrent les 191 Etats membres, ainsi que le Conseil de Sécurité. Monsieur Michael Kramer, expert dans le domaine de la prévention de la fraude et de l’anti-corruption a indiqué lors d’une intervention au Palais des Nations en septembre 2005 que l’un des fondements de toute construction d’un édifice à valeur humaine est l’Homme lui-même. C’est ainsi que le chef d’orchestre donne toujours la mesure, l’exemple et le rythme à chaque musicien. Cela revient à dire que réformer uniquement la base d’une pyramide n’a pour résultat à long terme que l’effondrement de l’édifice tout entier. Il est impératif pour obtenir des résultats efficients et tangibles de remodeler simultanément le haut et le bas de cette pyramide afin de permettre une évolution globale du Tout.
Comme nous l’avons compris, c’est sur l’individu que se fonde l’exigence, la responsabilité et l’accomplissement de son métier, mais surtout à travers la conscience de son propre geste, de ses résultats et de ses répercutions sur son environnement direct et indirect. C’est la raison pour laquelle, la tâche la plus importante incombe au Service des ressources humaines qui, grâce à sa rigueur, son expertise et son efficacité, doit apporter de la richesse humaine et professionnelle à chacun de ses besoins. La finalité de l’intégration d’un nouvel élément dans une unité étant l’utilisation, l’optimisation et la motivation d’une force personnelle mise à disposition de la réussite du groupe tout entier.

(a) Antoine de Saint Exupéry «Pilote de Guerre»
(b) http://integrity.unodc.org

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