Les Nations Unies sont de nos jours en fonction
des enjeux et des intérêts économiques
des donateurs les plus influents: la bonne
conscience, le faire-valoir et le bouc émissaire
des maux de notre Terre. Bien entendu, les échos de tout ce tapage médiatique sur et
autour de notre Organisation se répercutent
immanquablement sur notre travail, voire sur
notre manière de travailler. Certains parlent de
refonte du système, d’autres de réorganisation
ou de restructuration. Et je songeai: «Une
administration est une machine. Plus une
administration est perfectionnée, plus elle élimine
l’arbitraire humain. Dans une administration
parfaite, où l’homme joue un rôle
d’engrenage, la paresse, la malhonnêteté, l’injustice
n’ont plus l’occasion de sévir»(a).
Monsieur Christopher B. Burnham, le nouveau
Secrétaire général adjoint à la gestion,
venu spécialement à Genève, a réuni le personnel
de la Division de l’administration le 28 juillet
2005. L’objectif étant de présenter son plan
d’action et de modernisation de la structure. Il
est très clair que la mise en oeuvre d’une normalisation
dans les domaines de la communication,
de la production et des nouvelles technologies
semble essentielle dans le cadre de
l’internationalisation et de l’opérationnel du
système. En ce sens, le maintien de la paix, la
garantie des droits de l’homme, les conférences
mondiales, le respect des lois internationales…
sont nos valeurs et nos métiers de base et doivent
donc être renforcés dans leur pratique.
Je souhaite revenir sur deux termes énoncés
par Monsieur Burnham lors de son intervention:
transparence et éthique. Et pour ce faire,
le Secrétaire général adjoint à la gestion a clairement
exprimé son désir d’instaurer en premier
lieu de «l’éthique» (Le Secrétariat a lancé
le 15 septembre 2005 un programme de formation
en ligne intitulé «Programme de sensibilisation à l’obligation d’intégrité»)(b), ainsi qu’un
meilleur contrôle des comptes budgétaires et
des dépenses. Stratégie d’ores et déjà planifiée
avec la création d’une cellule de formation sur
l’éthique attachée à l’Organisation et un renforcement
de l’OIOS (Audit interne) en terme
d’indépendance et d’implication vis-à-vis du
système et de ses acteurs. Et une fois de plus,
la stratégie déployée et envisagée est doublement
nécessaire. D’une part en considération
de l’importance de notre tâche en adéquation
avec les contributions financières des Etats
membres. D’autre part, en respect de la nature
fondamentale de notre mission à vocation «Humaine et Universelle». Nous ne pouvons
pas espérer prétendre donner un exemple de
respect et de paix au monde tant que nos agissements,
voire notre inertie sera faillible, injustifiable,
intolérable et donc critiquable.
A nouveau, je reviens sur deux concepts
donnés par Monsieur Burnham: honnêteté et
efficacité. Nous le savons tous, les Nations
Unies se débattent avec force et détermination
dans les limites, les freins, les permissions,
les moyens et les outils que lui confèrent
les 191 Etats membres, ainsi que le
Conseil de Sécurité. Monsieur Michael Kramer,
expert dans le domaine de la prévention
de la fraude et de l’anti-corruption a indiqué
lors d’une intervention au Palais des Nations
en septembre 2005 que l’un des fondements
de toute construction d’un édifice à valeur
humaine est l’Homme lui-même. C’est ainsi
que le chef d’orchestre donne toujours la
mesure, l’exemple et le rythme à chaque
musicien. Cela revient à dire que réformer
uniquement la base d’une pyramide n’a pour
résultat à long terme que l’effondrement de
l’édifice tout entier. Il est impératif pour
obtenir des résultats efficients et tangibles de
remodeler simultanément le haut et le bas de
cette pyramide afin de permettre une évolution
globale du Tout.
Comme nous l’avons compris, c’est sur l’individu
que se fonde l’exigence, la responsabilité
et l’accomplissement de son métier, mais surtout à travers la conscience de son propre
geste, de ses résultats et de ses répercutions
sur son environnement direct et indirect. C’est
la raison pour laquelle, la tâche la plus importante
incombe au Service des ressources
humaines qui, grâce à sa rigueur, son expertise
et son efficacité, doit apporter de la richesse
humaine et professionnelle à chacun de ses
besoins. La finalité de l’intégration d’un nouvel élément dans une unité étant l’utilisation, l’optimisation
et la motivation d’une force personnelle
mise à disposition de la réussite du
groupe tout entier.
(a) Antoine de Saint Exupéry «Pilote de Guerre»
(b) http://integrity.unodc.org