La Section de la sécurité et de la sûreté accentue actuellement ses contrôles que chacun ressent de manière personnelle. L’agent de sécurité est pleinement conscient des désagréments causés aux personnes contrôlées. La réciproque est-elle vraie? Deux visions différentes:
Le fonctionnaire envers l’agent:
J’en ai assez:
— de ces longues files d’attente pendant
les heures d’arrivée et de
départ;
— de ces contrôles alors «qu’il me
connaît»;
— de cette attitude agressive qu’il
semble avoir à mon égard;
— qu’il me dévisage comme si j’étais
un terroriste;
— de cette fouille du véhicule alors
que je suis en retard, pourquoi moi?;
— de ces difficultés pour trouver
une place après 9 heures du matin;
— de ces complications pour
accueillir mes invités.
L’agent de sécurité:
J’en ai assez:
— de ces gens qui demandent de
leur indiquer une salle, un bureau,
semblant s’adresser à un robot et
que l’idée d’un merci ou d’un au
revoir n’effleure pas;
— de ces nouvelles infrastructures
construites sans qu’aucun détail
n’ait été donné sur les aménagements
et les modalités de fonctionnement;
— de ces fonctionnaires qui ont le
visage fermé et hostile oubliant
qu’ils ont la chance de travailler
dans un environnement et un cadre
privilégiés;
— de ces contrôles des véhicules, à
cheval sur deux voies qui ne sont
pas assez larges en tentant d’éviter
les véhicules qui me frôlent et parfois
me touchent;
— du mépris de certains collègues du
Palais et membres des missions qui
lèvent machinalement leur badge semblant
ignorer l’automate, tout de bleu
vêtu, qui balise le milieu de la voie;
— de ces conducteurs agressifs qui ne respectent
pas les règles élémentaires de
conduite;
— de ces conducteurs qui lâchent le volant au
moment du passage, leur téléphone portable
tenu d’une main collé à l’oreille, ils présentent
leur badge de l’autre main: CQFD: il manque
une main pour tenir le volant!;
— de ce numéro de voltige avec le
contrôle aléatoire des véhicules qui sont stoppés sur la voie de passage obligeant
un agent à réguler en même temps les
entrées et les sorties pendant que ses
deux collègues, accomplissent leur mission
de détection;
— du travail à l’intérieur du poste avec les
téléphones qui sonnent sans discontinuer
pour les prises de rendez-vous, des cohortes
de touristes qui patientent pour une visite guidée
et des autres visiteurs, délégués tentent
de se frayer un passage;
— des marteaux piqueurs et autres
machines outils qui accompagnent d’une
douce musique le quotidien actuel de
Prégny;
— de surveiller les piétons perdus dans le
dédale des barrières et balisages provisoires
qui empruntent les voies des véhicules ou traversent
le chantier;
— de ces avis apposés sur les pare brises de
véhicules garés en dépit du bon sens;
— de ces gens «importants» qui considèrent
qu’ils occupent une position qui les
distingue du commun des mortels et qui ne
respectent pas les valeurs qu’ils sont sensés
promouvoir.
Heureusement, il existe des moments privilégiés lorsque:
Le contrôle se transforme
en une demi seconde en
accueil parce que l’automobiliste
entrouvre sa vitre, sourit,
dit bonjour.
Une brève conversation
avec des visiteurs de pays, de
cultures différentes, abolit les
différences et renforce, en un
instant des valeurs humaines
communes. Cette brève lueur
de complicité échangée en dit
plus que de longs discours,
parce que le sourire n’a pas
besoin de traduction.
Le regard de complicité, de
connivence, échangé avec le
collègue devant une situation
qui sort de l’ordinaire.
La satisfaction de répondre à une demande qui n’a rien à
voir avec la sécurité, trouvée
par l’agent qui connaît son
environnement, le fonctionnement
du Palais, les différents
interlocuteurs susceptibles
de donner la bonne information.
Des situations cocasses et amusantes se produisent également telle cette dame qui, perdue au
milieu du chantier de Prégny, s’enfonce peu à peu
dans une plaque de béton frais et laisse des
empreintes de ses pieds comme sur Hollywood
boulevard.
Automobilistes, piétons, vous qui passez
devant les hommes et les femmes en bleu,
gardez à l’esprit qu’ils occupent des postes
ingrats, qu’il sont à votre service et surtout
qu’il ne s’agit ni de robots, ni de tortionnaires
mais de fonctionnaires comme vous.