Diogène (philosophe grec), le cynique, répondit avec franchise à Alexandre le Grand qui lui demandait s’il avait besoin de quelque chose: «A présent, lui dit-il, enlève-toi un tout petit peu de mon soleil!»
Quelques chiffres
Au cours du siècle dernier, la population mondiale
quadruplait, alors que la consommation
d’énergie, elle, était multipliée par 40. En augmentation
d’1 % par an, elle se distribue, comme
suit: 32 % du pétrole, 26 % du charbon, 19 % du
gaz, 5 % du nucléaire, 6 % de l’hydroélectrique,
10 % de ce qu’on appelle la biomasse (essentiellement
le bois), et 1 à 2 % d’autres énergies dites «renouvelables», telles que le solaire et les éoliennes. Les «combustibles fossiles» (pétrole,
gaz, charbon etc.) représentent donc 77 % des
sources actuelles d’énergie.
Mais voilà qu’un jour, vers la fin du XXème
siècle, au détour d’une crise, nos dirigeants
s’apercevaient que ces énergies ne seraient
pas inépuisables et qu’il fallait trouver une
alternative urgente.
Nos limites
Comme si le ciel nous était tombé sur la
tête, nous réalisions les limites des réserves énergétiques. Ceci devenait d’autant plus imminent que nous constations qu’en brûlant,
les énergies fossiles dégagent dans l’atmosphère
de grandes quantités de gaz carbonique
(CO2) réchauffant le climat de la Terre
de manière dramatique, provoquant de nombreuses
catastrophes naturelles.
Si le nucléaire semblait représenter, il y
quelques décennies pour certains pays, une
réponse durable à la crise de l’énergie et à la
limitation des «gaz à effets de serre», le
retraitement et le stockage des déchets radioactifs
demeurent un obstacle majeur (sans
parler de la phobie engendrée par le spectre
de l’accident nucléaire, cf: Tchernobyl).
Une solution s’imposait donc: les énergies
non-polluantes, renouvelables et durables.
Un échantillon au Palais
En 1930, le Palais des Nations était un bâtiment
moderne et confortable, qui ne dispose
visiblement plus des moyens nécessaires à
son entretien; cependant, une partie de notre
beau Palais vient d’entrer dans le XXIème. En
effet, le modernisme symbolisé par l’utilisation
de l’énergie renouvelable à l’intérieur
même du parc des Nations nous propulse
près d’un siècle en avant. Grâce à un don de
la «Croix Verte Internationale*», et plus particulièrement
sa branche japonaise, 20 lampes
solaires à diodes électroluminescentes trônent
fièrement sur le chemin qui mène au
portail du chemin de fer.
Associées à des panneaux solaires, les
diodes électroluminescentes (LEDs pour
Light Emitting Diodes) permettent de
consommer quatre fois moins d’électricité
qu’une lampe à incandescence, de réduire
notablement le rejet de CO2 dans l’atmosphère,
et bien sûr d’économiser de l’énergie.
Le soleil, bien qu’éloigné de plusieurs centaines
de millions de kilomètres de notre
chère terre, reste sa plus grande source
d’énergie. Les différents progrès de la science
nous ont permis de convertir cette énergie en
chaleur ou en électricité. Bien que les coûts
encore élevés de cette technique ne permettent
pas encore aux pays en développement
d’en profiter, elle est annonciatrice d’un
espoir réel d’autonomie énergétique. Et voilà
donc un tout petit pas effectué sur le long
chemin des objectifs du millénaire et de la
lutte contre la pauvreté!
Comment ça marche
Les panneaux solaires sont constitués de
cellules photovoltaïques, qui transforment
l’énergie solaire en courant électrique. Cette électricité est ensuite stockée dans des batteries
pour ensuite être restituée selon les
besoins. A cette période de l’année, il nous
faudra nous lever très tôt ou partir du bureau à la nuit tombée pour voir nos lampes s’illuminer.
Pour les plus curieux, vous pouviez admirer
nos lumières de 21h45 à 6h15 (lever et
coucher du soleil, depuis le 9 juin 2005).
Gageons que la plupart d’entre-nous préfèrera
attendre que les jours raccourcissent.
*La Croix Verte Internationale
L’idée de la «Croix Verte Internationale» fut lancée par M. Mikhaïl Gorbatchev en 1989. Reprise par certains délégués lors du Sommet mondial de la terre de Rio en 1992, elle verra le jour officiellement le 18 avril 1993. M. Alexandre Likhotal, Président de la «Croix Verte Internationale » et M. Shoo Iwasaki, Président de la «Croix Verte Japon», sont venus en personne inaugurer les 20 lampes solaires offertes à l’Office des Nations Unies à Genève le 17 mai dernier. La «Croix Verte Internationale» est une organisation non gouvernementale dont le siège est à Genève et regroupe 27 institutions nationales (www.gci.ch).
(Article reproduit pour des raisons techniques).


M. Alexandre Likhotal, Président de la «Croix Verte Internationale»; M. Shoo Iwasaki, Président de la «Croix Verte Japon».