UN Special N° 644 Octobre · October 2005 

Editorial

Le catcheur et le joueur d’échecs

J.M.Jakobowicz, Le rédacteur en chef

Al’occasion du soixantième anniversaire des Nations Unies, personne ne se prive de faire des bilans.
Pour certains, l’ONU est un échec, pour d’autres si elle n’existait pas, il faudrait l’inventer… Tous ces jugements de valeur ont de quoi faire sourire car ils ne portent que sur l’objet en oubliant l'essentiel. C’est un peu comme si un joueur d’échecs qui vient de perdre affirmait que ce jeu est nul parce que ses règles sont mauvaises, ou que l’échiquier n’est pas rose.
Ainsi, certains joueurs se plaignent que l’ONU est inutile, que son secrétariat n’est pas bon sans se poser la question de savoir si les «joueurs» sont capables et ont la volonté d’utiliser cet instrument.
Le problème est très simple. Dans l’arène internationale, il y a deux types de joueurs: ceux qui jouent aux échecs et ceux qui jouent au catch. Les uns utilisent leurs cellules grises, les autres leurs muscles. Dans de telles circonstances, il n’est pas surprenant que les combats soient souvent douteux et leur issue ambiguë.
Adapter les règles pour que tous y trouvent leur compte? C’est ce que tente de faire le Secrétaire général. Mais il n’est pas facile d’essayer de faire comprendre à un catcheur que ce n’est pas en cassant à coups de poing l’échiquier que l’on change la réalité du monde.

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