Al’occasion du soixantième
anniversaire des
Nations Unies, personne
ne se prive de faire des
bilans.
Pour certains, l’ONU est
un échec, pour d’autres si elle n’existait
pas, il faudrait l’inventer… Tous ces jugements
de valeur ont de quoi faire sourire
car ils ne portent que sur l’objet en
oubliant l'essentiel. C’est un peu comme
si un joueur d’échecs qui vient de perdre
affirmait que ce jeu est nul parce que ses
règles sont mauvaises, ou que l’échiquier
n’est pas rose.
Ainsi, certains joueurs se plaignent que
l’ONU est inutile, que son secrétariat
n’est pas bon sans se poser la question de
savoir si les «joueurs» sont capables et
ont la volonté d’utiliser cet instrument.
Le problème est très simple. Dans
l’arène internationale, il y a deux types
de joueurs: ceux qui jouent aux échecs et
ceux qui jouent au catch. Les uns utilisent
leurs cellules grises, les autres leurs
muscles. Dans de telles circonstances, il
n’est pas surprenant que les combats
soient souvent douteux et leur issue
ambiguë.
Adapter les règles pour que tous y trouvent
leur compte? C’est ce que tente de
faire le Secrétaire général. Mais il n’est
pas facile d’essayer de faire comprendre à un catcheur que ce n’est pas en cassant à coups de poing l’échiquier que l’on
change la réalité du monde.