UN Special N° 643 Septembre · September 2005

Interview

Clinique Générale-Beaulieu à Genève M.Philippe Cassegrain

Les problèmes de santé – malheureusement, ils surviennent un jour – plus ou moins graves n’épargnent personne. L’équipe de UN Spécial a rencontré Monsieur Philippe Cassegrain, Directeur de la Clinique Générale-Beaulieu à Genève (clinique privée) pour lui poser certaines questions, pouvant intéresser nos lecteurs, sachant que la question «comment ou surtout qui choisir pour être soigné(e)» est la question que chacun se pose de temps en temps.

Y a-t-il suffisamment de lits d’hôpitaux à Genève?

On peut répondre par l’affirmative. En effet, la capacité d’hébergement du canton de Genève se monte à environ 2’700 lits répartis à raison de 2’200 lits pour les Hôpitaux universitaires de Genève et 500 lits pour les 8 cliniques privées membres de l’Association des cliniques privées de Genève, pour environ 440’000 habitants.
La tendance de ces prochaines années sera de diminuer le nombre de lits de soins aigus en raison de l’érosion des durées moyennes de séjour toutes spécialités confondues. Cette baisse des durées moyennes de séjour est due principalement aux progrès de la médecine en général et aux nouvelles technologies médicales.

Quelles sont les différences entre se faire soigner à l’hôpital cantonal et dans une clinique privée?

Les cliniques privées se différencient d’abord en offrant au patient le libre choix du médecin et de l’établissement. Les cliniques privées se distinguent aussi par le fait qu’il n’y a pas de liste d’attente pour une hospitalisation et qu’elles peuvent opérer un patient au bon moment pour lui, c’est-à-dire au moment choisi par lui. Elles peuvent remplir cette mission grâce à leur taille, à leur flexibilité et à l’écoute attentive des besoins du patient.

Est-ce que cela coûte plus cher?

Non. Les cliniques privées ont un impératif de gestion rigoureuse, car elles ne reçoivent pas de subventions. Elles ont donc naturellement la volonté de rationaliser leur organisation et donc leurs coûts dans certaines limites. Ces limites sont précisément l’obligation d’assurer la sécurité du patient et de lui offrir des soins de haut niveau.

Quel est le rôle d’une clinique privée comme la vôtre?

Une clinique privée comme la nôtre constitue précisément une alternative à une hospitalisation à l’hôpital cantonal pour les raisons évoquées précédemment. Principalement le libre choix du médecin. Les cliniques privées fournissent environ un quart des prestations hospitalières et correspondent donc bien à un besoin. Elles offrent toutes les disciplines médicales et permettent des formations dans toutes les professions médicales et d’autres métiers tels que l’hôtellerie, l’administration et la technique.

Quels sont les liens entre les médecins et la clinique elle-même?

Les médecins exercent une médecine libérale privée à titre indépendant. Ils ne sont en général pas salariés des cliniques. Un médecin doit être agréé dans un établissement pour y exercer son art. Il doit posséder son diplôme FMH et avoir été chef de clinique, notamment, pour être agréé dans notre Clinique.

Est-ce que une clinique comme la Clinique Générale-Beaulieu dispose des mêmes technologies que l’hôpital universitaire?

Sans aucun doute. Dans certains cas, elle possède des équipements médicaux que n’a pas l’hôpital cantonal. Le Centre de chirurgie laparoscopique robotisée, ouvert en 2003, dispose du Robot Da Vinci®, un équipement parmi les plus performants au monde, utilisé notamment dans les cas de cancer de la prostate (urologie). L’Institut de médecine nucléaire est doté de la première installation suisse utilisant la technologie d’imagerie PET/CT. Cette technique d’imagerie, aussi nommée imagerie isotopique, permet d’évaluer qualitativement ou de mesurer quantitativement l’activité métabolique de certains tissus ou la fonction dynamique de certains organes. Elle est considérée comme la méthode la plus sensible en cancérologie moderne. L’Institut de médecine nucléaire bénéficie aussi de sa propre équipe, dirigée par un professeur de réputation internationale.

Clinique Générale-Beaulieu Clinique Générale-Beaulieu Clinique Générale-Beaulieu

Quelle est la technologie la plus performante (ou la méthode de chirurgie, ou la méthode de traitement) qui n’appartient qu’à votre clinique?

Le robot Da Vinci® permet d’effectuer des interventions chirurgicales dans les trois spécialités que sont l’urologie, la chirurgie digestive et la gynécologie. La chirurgie laparoscopique robotisée est une technique mini-invasive permettant, grâce à l’emploi d’un télémanipulateur avec vision en trois dimensions, de recréer les conditions d’une intervention classique, mais en étant assis à une console à distance du malade.
Du point de vue du patient cette technologie entraîne une sécurité accrue, une plus grande précision de dissection, des petites incisions, des avantages combinés de la chirurgie mini-invasive tels que la diminution du saignement, la diminution des infections, la diminution de la douleur et une hospitalisation et convalescence raccourcies.
Le chirurgien bénéficie d’une vision exceptionnelle en trois dimensions, une facilité d’accès à des sites opératoires difficiles, une position ergonomique moins fatigante et une précision accrue des gestes opératoires.

Pourquoi se faire traiter dans une clinique privée?

Pour les raisons évoquées précédemment. Notamment parce que les cliniques offrent toutes les prestations médicales et chirurgicales nécessaires à la population. Elles sont également équipées de centres de diagnostic et thérapeutiques disposant des dernières technologies. Elles offrent le libre choix du médecin et de l’établissement. Elles ont une taille qui permet de personnaliser l’accueil, la prise en charge et les soins prodigués pendant le séjour. Elles n’ont pas de liste d’attente. Elles offrent aussi un cadre remarquable et un service hôtelier irréprochable.

Comment les assurances remboursent-t-elles les soins dans une clinique?

Le patient doit posséder une assurance d’hospitalisation qui couvre une prise en charge en chambre privée (1 lit) ou en chambre semi-privée (2 lits). L’assurance délivre une garantie et, dans la plupart des cas, paie directement la facture de la clinique sans transiter par le patient (système du tiers payant).
Toutes les cliniques membres de l’association cantonale ont des conventions avec les assureurs maladie, de sorte que le patient n’a pas de souci à se faire quant au remboursement, pour autant que celui-ci possède la couverture adéquate.

Comment êtes-vous devenu Directeur d’une telle grande clinique?

Par hasard. Je n’étais pas du tout destiné à diriger une clinique. Après des études universitaires à Genève dans le domaine de l’économie, j’ai travaillé chez Price Waterhouse à Genève, puis au Département des Finances du Groupe Givaudan, à Vernier. J’y ai exercé la fonction de conseiller financier au sein du Département Marketing de la société multinationale active dans le domaine des parfums, arômes alimentaires et chimie. C’est en 1987 que le «virus de la santé» m’a gagné: je suis entré à la Clinique Cecil, à Lausanne, clinique privée membre du Groupe américain AMI, puis membre du Groupe zurichois Hirslanden, en qualité de directeur financier et administratif. J’y ai exercé également des fonctions de direction de plusieurs départements médico-techniques: radiologie, laboratoire d’analyses médicales, laboratoire de cytologie et physiothérapie. J’ai finalement été engagé en novembre 1993 en qualité de directeur de la Clinique Générale-Beaulieu.

Que signifie pour vous être Directeur d’une clinique privée?

C’est avant tout être au service de la population en contribuant à rétablir la santé de patients malades ou accidentés et en participant indirectement au bonheur d’une famille lors d’une naissance.
C’est aussi la satisfaction d’être à la tête d’un outil de travail exceptionnel par la qualité des prestations médicales, hôtelières et administratives, ainsi que par la qualité de l’infrastructure mise à disposition des patients et des médecins dans un cadre exceptionnel.
C’est encore l’opportunité de piloter un système continu d’amélioration de la qualité de nos prestations au sens large du terme par notre certification ISO 9001, notre modèle de gestion de la qualité totale EFQM (European Foundation of Quality management), dans le but de remplir au mieux notre mission d’établissement de soins.
C’est enfin la fierté d’appartenir au club très sélectif des Swiss Leading Hospitals qui nous contraint à satisfaire plus de 120 critères de qualité.
C’est vraiment facile dans ces conditions d’être motivé par son travail et de se lever le matin pour se rendre à la Clinique.

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