«Tout comme une belle femme dont on admire uniquement la riche
carnation et les lignes impeccables du corps; mais parce que leur
beauté est purement matérielle et extérieure, on les confond bien vite
entre elles après qu’on les ait vues. L’admiration durable et précise
ne va qu’à celles qui savent faire comprendre qu’elles ne sont pas que
des statues sans pensées et qu’elles ont une âme 1».
Sur la rive Est du lac d’Annecy, le bourg discret de Talloires.
«Ah! que c’est beau!» C’est ainsi que l’Impératrice Eugénie s’exprima
lorsqu’elle descendit la côte du Roc-de-Chère. En provenance
d’Annecy, l’accès à Talloires par une pente raide en lacets laisse soudainement
paraître dans le fond la nappe bleue du «Petit Lac» entouré
de la silhouette découpée et hautaine des montagnes des Bauges.
Le bourg de Talloires est comme dans un écrin, lové au pied du massif
de la Tournette. Les cénobites, empreints d’un sens aiguisé des réalités
matérielles et de la beauté des paysages, ne s’y trompèrent pas.
C’est en 1018 que la Reine Ermengarde, épouse du Roi de Bourgogne,
fit don du terrain de Talloires et de ses alentours à l’Abbaye Bénédictine
de Saint-Martin-de-Savigny (près de Lyon). La puissance du
Prieuré de Talloires rayonna dès ce XIe siècle pour devenir au XVe
siècle une des plus hautes puissances séculières. Les vignobles de
l’Abbaye de Talloires, plantés sur des coteaux baignés de soleil, à l’abri
des vents de l’Est et du Nord, étaient une source de revenus qui
permirent aux moines de fonder une école et des établissements
hospitaliers.
Cet ancien monastère est certainement ce qui donne aujourd’hui à
Talloires sa grâce intime. Ce qu’il reste des vieux jardins à la française,
des vieilles demeures aux façades simples et aux toits aux pentes
raides portés par de grandes colonnades, lui donne son caractère discret
et aristocratique. Depuis, Talloires a offert ses charmes naturels et
singuliers aux mains de peintres comme Paul Cézanne et s’est inscrit
dans la mémoire de ses hôtes prestigieux tels que l’Aga Khan ou
Richard Nixon. De Talloires, Winston Churchill en dit «Le plus beau
pays du monde». Le Prieuré de Talloires, racheté en 1978 par le Centre
Européen de la Tufts University de Boston, a aujourd’hui retrouvé
toute sa beauté. L’Abbaye, devenu un établissement hôtelier réputé,
enrichit le lieu avec d’autres tables, telles L’Auberge du Père Bise ou
Le Cottage, d’une dimension tout en rondeur et en douceur.
Venir à Talloires, c’est un coup de coeur pour un havre de paix où il
fait bon se ressourcer, s’abandonner un instant aux charmes de l’endroit.
Venir à Talloires, c’est aussi, pour certains, adhérer à un esprit sportif.
Entre lac et montagnes se pratiquent sans limite la plongée subaquatique,
la randonnée pédestre ou le parapente tout comme le golf,
le tennis, l’équitation, les parcours acrobatiques en forêt ou le canyoning.
A ne pas manquer cet été: les Pyroconcerts de Talloires, du 19 au 26
août 2005. Des spectacles musicaux nocturnes mis en scène sur un
radeau dans la baie. Ils vous offrent un moment d’émotion d’une rare
beauté. La programmation 2005 propose de la musique classique interprétée
par le très renommé pianiste Francois-René Duchable accompagné
du ténor français mondialement connu Jean-Paul Fouchecourt le
vendredi 19, le concert Aldebert le dimanche 21, des guitares
manouches le mardi 23, du Jazz latino américain avec le groupe Soledad
le mercredi 24, ou encore les 30 musiciens du BrassBand des
Savoie le vendredi 26 août. Des apéroconcerts animeront différents
lieux insolites de Talloires tels le Prieuré ou L’Abbaye.
A seulement 50 km de Genève, sur la rive Est du lac d’Annecy, Talloires,
empreint d’une histoire de plusieurs siècles, vous offre le temps
d’un week-end, d’une journée, ou de quelques heures, une évasion
sportive, contemplative, gastronomique ou culturelle.