Le premier document postal connu, trouvé en Egypte, date de 255 av. J.-C.
Mais, même avant cette époque, les services postaux existaient sur presque
tous les continents sous la forme de messagers au service des rois et des empereurs.
Au fil du temps, les ordres religieux et les universités créèrent leurs propres
systèmes de transmission de messages pour échanger nouvelles et informations.
Des relais furent placés sur les itinéraires des messagers pour accélérer la
distribution des missives sur de longues distances. Plus tard, les particuliers
purent, eux aussi, utiliser les messagers pour communiquer entre eux.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les échanges de courrier entre les pays étaient
principalement régis par des accords postaux bilatéraux. Mais, au XIXe siècle, le
système d’accords bilatéraux était devenu si complexe qu’il commença à entraver
le développement rapide des échanges et du commerce. Il fallait mettre de
l’ordre dans les services postaux internationaux et les simplifier.
Le processus débuta par des réformes au niveau national. La plus importante
eut lieu en Angleterre, en 1840, lorsque Sir Rowland Hill introduisit
un système d’affranchissement des lettres au départ. Il établit aussi une tarification
uniforme pour toutes les lettres d’un certain poids destinées au service
intérieur, indépendamment de la distance à parcourir. On doit également à Sir Rowland Hill l’émission du premier timbre-poste au monde.
En 1863, Montgomery Blair, Postmaster General des Etats-Unis d’Amérique,
organisa une conférence à Paris. Des délégués de 15 pays d’Europe et
d’Amérique se réunirent et réussirent à établir un certain nombre de principes
généraux pour les accords réciproques. Mais la portée de leurs décisions était
limitée et ils ne parvinrent pas à dégager un accord postal international.
Cette tâche revint à Heinrich von Stephan, haut fonctionnaire postal
de la Confédération de l’Allemagne du Nord. Il conçut un projet d’union
postale internationale et, sur sa proposition, le Gouvernement suisse
ouvrit à Berne, le 15 septembre 1874, une conférence à laquelle participèrent
des représentants de 22 pays.
Le 9 octobre de la même année – date à laquelle on célèbre désormais la
Journée mondiale de la poste – fut signé le Traité de Berne, établissant l’Union
générale des postes. En trois ans, celle-ci vit le nombre de ses membres augmenter
si rapidement qu’elle fut rebaptisée Union postale universelle en 1878.
Le Traité de Berne de 1874 permit de transformer une complexe
myriade de services et de règlements postaux internationaux en un territoire
postal unique destiné à l’échange de lettres. Les obstacles et les frontières
qui entravaient la libre circulation et le développement du courrier
international furent enfin supprimés.
La mise en place des services postaux suscita
un problème irrésolu pendant des siècles: qui, de
l’expéditeur ou du destinataire, devait payer les
frais de port? Si les méthodes ont souvent varié
d’un pays à l’autre, la coutume a longtemps voulu
que ces frais soient à la charge du destinataire.
Mais que faire en cas de refus de ce dernier?
De nombreuses tentatives avaient été faites
pour trouver une solution garantissant aux fournisseurs de services postaux
la perception de leur dû. En France, un certain De Velayer, propriétaire d’un
petit bureau de poste, commença en 1653 à remettre à ses clients des bouts
de papier portant la mention «reçu du paiement pour le transport».
En 1814, le service postal sarde reprit l’idée, mais sur une brève
période. C’est seulement le 6 mai 1840 que l’affranchissement sous forme
de reçu adhésif fut vraiment adopté. Le timbre-poste naquit lorsque les
bureaux de poste anglais commencèrent la vente des premières vignettes,
le penny black et le timbre bleu à deux pence orné du portrait de la reine
Victoria, ainsi que de deux enveloppes affranchies. Il fallut plusieurs mois
pour y habituer les usagers. Mais l’idée avait fait son chemin et, de mai
1840 à janvier 1841, 72 millions de penny black furent émis.
D’autres pays adoptèrent rapidement la méthode et le timbre-poste
devint le reçu du montant versé pour le service à assurer. L’apparition des
timbres-poste suscita aussi une nouvelle passion: la philatélie.
Qu’est-ce que l’UPU et quel est son rôle?
Créée en 1874, l’Union postale universelle (UPU), dont le siège se trouve à
Berne, capitale de la Suisse, est la plus ancienne Organisation internationale
après l’Union internationale des télécommunications. Avec 190 Pays-membres,
elle est le principal forum de coopération entre les postes, qui permet d’entretenir
un véritable réseau universel offrant des produits et services modernes. Ainsi,
l’Organisation remplit un rôle de conseil, de médiation et de liaison, et fournit,
s’il y a lieu, l’assistance technique. Elle fixe des règles pour les échanges de courrier
international et formule des recommandations pour stimuler la croissance
des volumes de courrier et améliorer la qualité du service offert aux clients.
Toutefois, en tant qu’Organisation apolitique, l’UPU n’intervient pas dans les
affaires qui sont du ressort des postes nationales. Par exemple, les postes fixent
leurs propres tarifs et décident de la nature et de la quantité de timbres-poste à
émettre ainsi que du mode de gestion de l’exploitation et du personnel postal.
Ayant pour mission de développer la communication sociale, culturelle
et commerciale entre les peuples grâce à un fonctionnement efficace des
services postaux, l’UPU est appelée à jouer un rôle prépondérant dans la
dynamisation constante de ces services.