Globe
Tsunami:
Un exemple de solidarite
Monsieur Claude Gallemand, pourriezvous
nous présenter votre association?
Je suis vice-président d’une jeune association
(GIS 74) Groupe d’Intervention et Secours de
la Haute Savoie créée en 2003. Nous sommes
une équipe de volontaires issus des milieux
para-médical et sapeur pompier. Le but de
cette association est d’apporter assistance dans
l’urgence aux victimes du monde entier touchées
par une catastrophe naturelle. (Tremblement
de terre, séisme, inondations,...)
De quelle manière avez-vous réagi à
l’annonce du tsunami?
A ce titre, nous avons pris la décision de nous
engager dès l’annonce du tsunami le 26
décembre 2004. Pour des raisons financières
et techniques, nous avons associé nos
moyens avec ceux d’une ONG de la Savoie
(FORSI) ayant les mêmes centres d’intérêts.
Nous avons pu constituer un détachement de
20 volontaires, composé de 2 médecins, 5
infirmiers/ières, 1 pharmacienne, 2 logisticiens
et 10 secouristes spécialisés dans ce
genre d’évènement ont complété l’équipe.
Comment se sont déroulés les préparatifs
et quels moyens avez-vous utilisés?
L’alerte a été déclenchée le matin du 27
décembre 2004. Après quelques heures de
négociations, tractations, réunions, organisation
et préparation logistique, nous avons pu
embarquer l’équipe pour Bangkok le 30
décembre 2004. Nous avons pu également
faire embarquer trois tonnes de matériels
(matériel médical, tentes, rations alimentaires,
eau, médicaments) et une unité de production
d’eau potable pouvant fournir 8000
litres/heure.
Comment êtes-vous arrivés sur les lieux?
Nous sommes arrivés à Bangkok le 31décembre
2004 et de là nous avons été transportés
avec l’aide de l’Etat thaïlandais jusqu’à la
zone de Khaolak. Cette zone a été la plus touchée
par le tsunami en Thailande.
Quelles actions avez-vous pu mener?
Dès le 2 janvier, 2005 après accord des autorités
locales, nous avons pu mettre en place un
dispensaire qui a permis de soigner 400 victimes
rescapées dans cette zone. Puis nous
avons fourni de l’eau potable aux camps de
réfugiés en attendant une solution durable.
Parallèlement, nous avons nettoyé les puits
d’eau potable des villages environnants.
Les objectifs de la mission ont-ils été
atteints?
Cette mission comportait deux objectifs: soigner
les rescapés, et leur fournir de l’eau
potable.
Nous n’avons rencontré aucun obstacle majeur pour la réalisation de ces objectifs: accès à la zone par voie
routière pratiquable, danger d’engagement individuel néant, la protection
et l’hygiène du groupe ont été respectés suivant les règles en
vigueur. L’assistance, et la coordination avec les autorités thailandaises
ont grandement facilité l’accomplissement de cette mission.
Comment parvenez-vous à concilier votre travail aux Nations
Unies et votre engagement bénévole dans cette association
humanitaire?
La solution se trouve dans une gestion rigoureuse du temps et beaucoup
de volonté. Je remplis mes obligations professionnelles réglementaires
et atteints les objectifs qui me sont fixés au sein de mon service.
Je prends le temps nécessaire à mon activité associative durant
mes congés annuels, ainsi qu’en dehors des heures de travail et durant
les week-ends.
Quels enseignements avez-vous tiré de cette mission?
Après 13 jours d’assistance aux rescapés de ce pays dévasté par le tsunami,
nous sommes revenus en France. Je retiendrai et garderai en
mémoire les images de nombreuses personnes, desepérées ayant
perdu famille, emploi et habitation, mais qui ont toujours su garder un
visage souriant et prêtes à nous aider du mieux qu’elles pouvaient
durant cette période difficile.
En conclusion je dirais tout simplement: Cela a été une expérience
très éprouvante et humainement enrichissante. C’était une leçon de
solidarité, d’humilité et de vie.
* M.Claude Gallemand, est fonctionnaire aux Nations Unies
de Genève, Section de la Sécurité. Il est également Vice.Président
du GIS 74, association française régie par la loi de
1901, à vocation humanitaire.

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