UN Special No 638 March-Mars 2005

Globe


Tsunami:
Un exemple de solidarite

Monsieur Claude Gallemand, pourriezvous nous présenter votre association?

Je suis vice-président d’une jeune association (GIS 74) Groupe d’Intervention et Secours de la Haute Savoie créée en 2003. Nous sommes une équipe de volontaires issus des milieux para-médical et sapeur pompier. Le but de cette association est d’apporter assistance dans l’urgence aux victimes du monde entier touchées par une catastrophe naturelle. (Tremblement de terre, séisme, inondations,...)

De quelle manière avez-vous réagi à l’annonce du tsunami?

A ce titre, nous avons pris la décision de nous engager dès l’annonce du tsunami le 26 décembre 2004. Pour des raisons financières et techniques, nous avons associé nos moyens avec ceux d’une ONG de la Savoie (FORSI) ayant les mêmes centres d’intérêts. Nous avons pu constituer un détachement de 20 volontaires, composé de 2 médecins, 5 infirmiers/ières, 1 pharmacienne, 2 logisticiens et 10 secouristes spécialisés dans ce genre d’évènement ont complété l’équipe.

Comment se sont déroulés les préparatifs et quels moyens avez-vous utilisés?

L’alerte a été déclenchée le matin du 27 décembre 2004. Après quelques heures de négociations, tractations, réunions, organisation et préparation logistique, nous avons pu embarquer l’équipe pour Bangkok le 30 décembre 2004. Nous avons pu également faire embarquer trois tonnes de matériels (matériel médical, tentes, rations alimentaires, eau, médicaments) et une unité de production d’eau potable pouvant fournir 8000 litres/heure.

Comment êtes-vous arrivés sur les lieux?

Nous sommes arrivés à Bangkok le 31décembre 2004 et de là nous avons été transportés avec l’aide de l’Etat thaïlandais jusqu’à la zone de Khaolak. Cette zone a été la plus touchée par le tsunami en Thailande.

Quelles actions avez-vous pu mener?

Dès le 2 janvier, 2005 après accord des autorités locales, nous avons pu mettre en place un dispensaire qui a permis de soigner 400 victimes rescapées dans cette zone. Puis nous avons fourni de l’eau potable aux camps de réfugiés en attendant une solution durable. Parallèlement, nous avons nettoyé les puits d’eau potable des villages environnants.

Les objectifs de la mission ont-ils été atteints?

Cette mission comportait deux objectifs: soigner les rescapés, et leur fournir de l’eau
potable. Nous n’avons rencontré aucun obstacle majeur pour la réalisation de ces objectifs: accès à la zone par voie routière pratiquable, danger d’engagement individuel néant, la protection et l’hygiène du groupe ont été respectés suivant les règles en vigueur. L’assistance, et la coordination avec les autorités thailandaises ont grandement facilité l’accomplissement de cette mission.

Comment parvenez-vous à concilier votre travail aux Nations Unies et votre engagement bénévole dans cette association humanitaire?

La solution se trouve dans une gestion rigoureuse du temps et beaucoup de volonté. Je remplis mes obligations professionnelles réglementaires et atteints les objectifs qui me sont fixés au sein de mon service. Je prends le temps nécessaire à mon activité associative durant mes congés annuels, ainsi qu’en dehors des heures de travail et durant les week-ends.

Quels enseignements avez-vous tiré de cette mission?

Après 13 jours d’assistance aux rescapés de ce pays dévasté par le tsunami, nous sommes revenus en France. Je retiendrai et garderai en mémoire les images de nombreuses personnes, desepérées ayant perdu famille, emploi et habitation, mais qui ont toujours su garder un visage souriant et prêtes à nous aider du mieux qu’elles pouvaient durant cette période difficile.
En conclusion je dirais tout simplement: Cela a été une expérience très éprouvante et humainement enrichissante. C’était une leçon de solidarité, d’humilité et de vie.

* M.Claude Gallemand, est fonctionnaire aux Nations Unies de Genève, Section de la Sécurité. Il est également Vice.Président du GIS 74, association française régie par la loi de 1901, à vocation humanitaire.

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