Globe
Sur l'orbite genevoise
Gagarine Times: un journal russe et francophone
Genève, ville internationale s’il en est, héberge une association
russo-romande dont l’équipe, constituée de Russes, de Suisses et
de Français, s’est donné en 2003 pour but de relancer un petit journal
bilingue, «l’Ours Blanc», alors en perte de vitesse. Avec le concours de
JJK, photographe genevois adepte de l’Est, et grâce à la bonne volonté
de nombreux bénévoles, le journal a repris son envol sous un nouveau
nom bien inspiré – «Gagarine Times».
Youri Gagarine fut pour de nombreuses personnes un symbole d’espoir.
Un symbole idéaliste, certes, cet homme qui a dit «Après avoir fait
le tour de la Terre dans un vaisseau spatial, j’ai vu combien belle était
notre planète. Faisons donc de notre mieux pour préserver et multiplier
cette beauté mais non pas la détruire». Mais un pionnier, aussi.
Nous avons appelé notre journal ainsi en hommage à ce Russe qui a
transcendé ses origines pour devenir un symbole pour l’humanité
entière, mais aussi en un clin d’oeil ludique aux titres réputés.
Au cours des trente-six mois écoulés, «Gagarine Times» a abordé les
sujets les plus divers qui avaient pour point commun la Russie et la
Suisse, terre d’accueil de ce journal associatif à vocation culturelle. Des
voyages en 2 CV à travers les steppes aux pistes de ski sur les hauteurs
des côtes russes de la mer Noire, des traversées en Transsibérien
vécues ou imaginaires au périple d’un cycliste parti de Genève pour
rejoindre Saint-Pétersbourg, nous nous sommes laissés porter par l’invitation
au voyage. Une place importante revient aux récits de ceux
qui, partis de la Suisse, se sont installés pour quelques temps en Russie
afin de réaliser les projets de leurs rêves.
Des analyses de faits de société, que ce soit le retour à la mode des
symboles soviétiques ou les activités de la fondation Gorbatchev, nous
passons aux registres «humeur(s)» pour couvrir l’actualité sous un
aspect plutôt intuitif – les craintes des Moscovites à la veille de Noël ou
les lectures préférées des Russes pendant les trajets en métro. Enfin,
les évènements culturels en Suisse qui avaient pour source d’inspiration
la Russie ont toujours occupé une place importante dans nos
colonnes. Ainsi, nous avons interviewé l’organisatrice de l’exposition
sur la vie au Goulag pendant les années 1930-50, qui s’est tenue aux
Musée d’Ethnographie de Genève, et une actrice vedette du Théâtre
Fomenko dont le spectacle a fasciné le public genevois en novembre
dernier; un documentaire russe au Festival de Nyon a appelé la publication
de deux commentaires diamétralement opposés; et le concert d’un
célèbre groupe de rock ukrainien nous a donné l’occasion de présenter
au lecteur francophone cette musique encore mal connue ici. Sans
dédaigner, bien sûr, d’autres domaines d’activités où les Russes ont leur
mot à dire, tels que les échecs ou encore ce curieux art martial qu’est le
«sambo».
En ce qui concerne l’actualité russe et internationale, nous avons
pensé que la grande presse consacre déjà assez de place à tous ces évènements
pas toujours réjouissants, et que notre rôle était plutôt de parler
des personnes qui, quel que soit le temps qu’il fasse dehors, au
propre comme au figuré, «cultivent leur jardin». Pourtant, nous avons
cru qu’il était de notre devoir de parler du drame des otages de Beslan,
notamment pour signaler aux lecteurs les différentes possibilités d’apporter
leur aide humanitaire aux victimes. Des dossiers comme l’environnement
ou l’aide aux plus démunis ont aussi eu leur place dans les
pages de «Gagarine Times».
Le journal favorise le style de l’interview et du témoignage direct.
«Gagarine Times» est ouvert aux nouvelles contributions, toujours
curieux de découvrir de nouvelles expériences et désireux de les faire
partager à ses lecteurs. D’ailleurs, un nombre considérable d’articles a
été inspiré par le courrier de nos lecteurs.
Journal bilingue, «Gagarine Times» respecte
le style et les références propres à la
langue de Voltaire comme à celle de Pouchkine.
Peu d’articles figurent avec une traduction
intégrale mais tous ont leur pendant dans
l’autre langue, que ce soit sous la forme d’un
résumé ou d’un texte inspiré du même sujet
mais improvisé sur un autre ton. Pour un
Russe désireux de parfaire son français tout
comme un francophone qui a déjà un bon
niveau de russe, c’est aussi un petit jardin
fleuri où il fait bon se promener pour cueillir
des fruits qui poussent sur la même branche
mais qui n’ont pas le même goût ni la même
couleur.
Si la taille du journal – huit à douze pages –
reste modeste, et que le caractère bénévole de
toutes les contributions limite nos parutions à
six par an, nous n’en sommes pas moins fiers
d’être lus par plus de mille cinq cents lecteurs
en Suisse et en France voisine, parmi lesquels
plus de trois cents ont fait confiance à notre
projet en s’abonnant à «Gagarine Times».
«Gagarine Times» est publié par l’association
suisse à but non lucratif «Gagarine.Ch», indépendante
et politiquement non engagée, et
oeuvre de ce fait sous le signe de la liberté et
de la responsabilité.
En libre accès sur le site du journal
(www.gagarine.ch), le prochain numéro offre
au lecteur les interviews exclusives du plus
russe des écrivains français, Andreï Makine
(Prix Goncourt et Médicis 1995), ainsi que du
classique vivant de la poésie conceptuelle
russe Dimitri Alexandrovitch Prigov. Le n°10
confiera aussi les impressions tirées d’une
imposante exposition d’art à Moscou, et présentera
une formation de Saint-Pétersbourg
en tournée en Suisse qui joue un doux
mélange de ska et de jazz. Sans oublier, bien
sûr, plusieurs photos ou dessins inédits d’artistes
originaires de Russie ou qui sont allés
dans ce pays pour s’inspirer de sa richesse
culturelle et de son étonnante métaphysique
afin de venir nous apporter ses reflets sur les
bords du Léman.
Pour le Rédaction de «Gagarine Times»
Nicolas Potapov, Anaïs Marin

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