Special pensions

Caisse des pensions
La caisse des pensions est de plus en plus
riches puisque nous atteignons les 30
milliards de dollars et il semblerait que
nos pensions ici à Genève ont tendance à
diminuer ! Qu’est-ce qu’il se passe
exactement ?
La Caisse est effectivement de plus en plus
riche, ses avoirs continuent de s’accroître. Il
ne faut toutefois pas négliger qu’une partie de
l’accroissement récent est due aux fluctuations
de taux de change. Afin d’obtenir une
image plus précise, il y a lieu de séparer d’une
part ce qui découle de l’évolution des taux de
change, et d’autre part ce qui constitue l’accroissement
effectif des avoirs. L’important
par delà les chiffres absolus est le fait que la
Caisse a une couverture actuarielle positive,
c’est à dire que les prestations présentes et
futures prévues au règlement de la Caisse
seront honorées.
Quant à dire que les pensions baissent et que
certains pourraient envisager un départ anticipé.
Revoyons le fonctionnement des mécanismes
en place. Demeurer en poste contribue
à accroître la valeur de la pension en
dollar. Toutefois, pour les bénéficiaires nécessitant
une pension dans une monnaie locale
autre que le dollar, cet accroissement
constant de la pension-dollar est très affecté
par le déclin actuel du dollar, surtout si l’on
utilise les taux de change journaliers du dollar.
Par contre, si l’on opte pour le mécanisme
de la filière locale, qui offre le bénéfice d’un
taux de change moyen des 36 derniers mois,
la contre valeur de la pension en monnaie
locale est de fait maintenue en stabilité.
Quelle est la situation dans la pratique ?
Nous sommes là devant la considération de
certains participants d’envisager, soit de rester
en poste jusqu’à l’âge normal de la retraite, soit
de choisir une retraite anticipée. Dans la pratique,
pour un participant ayant relativement
peu d’années de contributions, rester en poste
génère une augmentation de la pension dollar
actuellement plus forte que la baisse du taux
de change (ceci du fait de taux de pénalisation
pour retraite anticipée relativement forts, entre
2,5% à 6% par année). Il n’y a donc là pas de
baisse. Pour un participant avec plus de 30 ans
de service, c’est-à-dire dont le taux de pénalisation
pour retraite anticipée n’est que de 1% par
année, l’accroissement de la pension dollar est,
dirons-nous, quasi équivalent à la perte de taux
de change. En résumé, actuellement, si vous
restez dans le même, poste la valeur de la pension
en monnaie locale stagne plus qu’elle ne
baisse.
Je parle ici bien sûr de la valeur de la pension
mensuelle et pas de la somme en capital ,
option du bénéficiaire qui est elle exprimée
exclusivement en dollars.
Que se passerait-il si le taux de change du
dollar devait continuer à se détériorer ?
Il serait là alors nécessaire de rappeler le principe
servant à déterminer les revenus pensionnables
et les pensions en résultant. L’objectif de
ce principe est de fournir à la cessation de service
une pension représentant un « taux de remplacement
» (Pension /Salaire) similaire pour
tous. Pour les participants de la catégorie des
Services Généraux, ceci est atteint en continu
par l’utilisation de barèmes de salaires et revenus
pensionables locaux. Pour les participants
de la catégorie des professionnels, la pension,
unique mondialement en dollar, aura en contre
valeur monnaie locale, un pouvoir d’achat différent
d’un lieu à l’autre. Dans l’hypothèse où la
pension en monnaie locale baisserait de telle
sorte que le « taux de remplacement » tombe en
dessous de celui à la base du système (mesuré
au niveau P4 top step, dépendant à New York),
le mécanisme de la filière locale contient un facteur
d’accroissement de la pension de base
visant à restaurer un « taux de remplacement »
approprié. Ce facteur est le « Différentiel de
Coût de la Vie » COLD factor Il mesure l’écartd’ajustement de poste entre New York et celui
au lieu de résidence du bénéficiaire et son application
permet de fournir un pouvoir d’achat
comparable selon le lieu de résidence.
Pour l’heure, pour la Suisse et les pays limitrophes,
le « taux de remplacement » des pensions,
mesuré sous la filière locale (avec la
moyenne des taux de change des derniers 36
mois) demeure en dessus de la référence New
York. Pour prendre Genève comme exemple,
le COLD factor pourrait se déclencher vers
l‘été 2005 si le taux de change devait poursuivre
sa baisse. Ce déclenchement se fait
lorsque l’écart d’ajustement de poste entre
New York et le lieu de résidence du bénéficiaire est d’au moins 5%.
Et la somme en capital ?
Là, l’impact des fluctuations des taux de
change reste entier. Si le retraité opte de
prendre une partie de sa pension en une
somme en capital, celle-ci lui sera versée par
la Caisse en dollars. Le bénéficiaire en effectuera
la conversion auprès de sa banque et là
il sera à la merci de la loi du marché des
changes. Selon les circonstances au moment
de la conversion., il va soit perdre soit gagner.
Et le cas des services généraux ?
La situation est ici plus favorable en matière
d’effet de fluctuations de change. Lorsque le
taux de change baisse, le revenu pensionnable
qui est calculé en dollar augmente. Donc, la
pension en dollar monte. Lors de la conversion
en monnaie locale, deux scénario se présentent
(a) dans la situation actuelle de baisse du dollar
régulière, l’utilisation de la moyenne des 36
derniers mois de taux de change offre une totale similitude avec les taux servant à déterminer
la pension dollar et nous avons là une
compensation exacte de la fluctuation des taux
de change, par contre (b) si le dollar devait
remonter, comme la pension est calculée sur la
base des 36 meilleurs mois (donc pas nécessairement
les 36 derniers) des cinq dernières
années, la conversion au taux des 36 derniers
mois donnera en fait un gain de change.
D’un point de vue concret, je pars
aujourd’hui à la retraite avec $5,000, que
va-t-il se passer ?
Si je pars aujourd’hui à la retraite avec $5,000,
avec l’intention de résider dan un pays européen,
je choisis la filiale locale, qui me fournit
une stabilité de revenu et le bénéfice d’un taux de change moyen meilleur
que le taux mensuel actuel. Si je
choisis de demeurer sur la filière dollar,
je subirai les fluctuations de change et
verrai la valeur absolue et le pouvoir
d’achat de ma pension varier au gré du
marché des changes.
Que se passe-t-il actuellement ?
Actuellement, les participants dans
leur large majorité choisissent la
filiale locale puisque le taux de
change moyen est favorable. Par
exemple, pour le francs suisse, il est
actuellement à 1,18FS/1 US$ si l’on
prend la filière dollar, contre
1,38FS/1 US$ pour la filière locale
francs suisses.
Quels sont les intérêts divergents
entre New York et les autres lieux
d’affectation ?
La grande différence est que nos collègues
à New York vivent dans une
situation de salaires en dollar et
retraite en dollar. Une situation de
stabilité permanente où l’avenir est
prévisible très précisément en
matière de niveau de pension et de
pouvoir d’achat. Lorsque nous parlons
de différence de change, ceci
apparaît pour nos collègues en zone
dollar plus comme un exercice de
style académique qu’une réalité. Je
crois que tous ne perçoivent pas réellement
ce qu’il implique d’avoir un
salaire stable en monnaie locale et
une pension qui variera en fonction
des taux de change au moment du
départ. Alors que ceci est la réalité de
la vie de tous les jours pour le reste
du monde. Je pense que c’est là un aspect important à partager et débattre lors des
réunions du comité mixte, surtout si l’instabilité
de la monnaie de référence actuelle de la
Caisse devait perdurer.
Serait-il envisageable d’avoir des pensions
définies en francs suisses ?
Je poserais la question différemment. Offrir un
système réactif au niveau mondial et répondant
à toutes les situations est un défi permanent. Le
système actuel de la double filière semble pour
l’heure bien réagir aux besoins. Parmi les éléments
évolutifs, il est toutefois à noter que la
moitié des pensions est dorénavant versée en
dollars et l’autre moitié en diverses monnaies
locales, avec une large prépondérance pour
l’Euro, suivi par le Franc Suisse. De plus, les
valeurs respectives de ces monnaies sont en
mutation. A la lumière de ceci, il y a lieu de
demeurer vigilant et de piloter les mécanismes
en place afin d’assurer l’adéquation de leur
fonctionnement au fur et à mesure de l’évolution
des paramètres qui ont présidé à leur élaboration.
L’avenir de la Caisse demeure dans
une évolution méthodique et responsable et la
bonne situation actuarielle de la Caisse
confirme que ses gestionnaires et organes législatifs
ont su le faire par la passé et sauront
donc poursuivre cette saine évolution.
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