UN Special No 638 March-Mars 2005

Special pensions


Caisse des pensions

La caisse des pensions est de plus en plus riches puisque nous atteignons les 30 milliards de dollars et il semblerait que nos pensions ici à Genève ont tendance à diminuer ! Qu’est-ce qu’il se passe exactement ?

La Caisse est effectivement de plus en plus riche, ses avoirs continuent de s’accroître. Il ne faut toutefois pas négliger qu’une partie de l’accroissement récent est due aux fluctuations de taux de change. Afin d’obtenir une image plus précise, il y a lieu de séparer d’une part ce qui découle de l’évolution des taux de change, et d’autre part ce qui constitue l’accroissement effectif des avoirs. L’important par delà les chiffres absolus est le fait que la Caisse a une couverture actuarielle positive, c’est à dire que les prestations présentes et futures prévues au règlement de la Caisse seront honorées.
Quant à dire que les pensions baissent et que certains pourraient envisager un départ anticipé. Revoyons le fonctionnement des mécanismes en place. Demeurer en poste contribue à accroître la valeur de la pension en dollar. Toutefois, pour les bénéficiaires nécessitant une pension dans une monnaie locale autre que le dollar, cet accroissement constant de la pension-dollar est très affecté par le déclin actuel du dollar, surtout si l’on utilise les taux de change journaliers du dollar. Par contre, si l’on opte pour le mécanisme de la filière locale, qui offre le bénéfice d’un taux de change moyen des 36 derniers mois, la contre valeur de la pension en monnaie locale est de fait maintenue en stabilité.

Quelle est la situation dans la pratique ?

Nous sommes là devant la considération de certains participants d’envisager, soit de rester en poste jusqu’à l’âge normal de la retraite, soit de choisir une retraite anticipée. Dans la pratique, pour un participant ayant relativement peu d’années de contributions, rester en poste génère une augmentation de la pension dollar actuellement plus forte que la baisse du taux de change (ceci du fait de taux de pénalisation pour retraite anticipée relativement forts, entre 2,5% à 6% par année). Il n’y a donc là pas de baisse. Pour un participant avec plus de 30 ans de service, c’est-à-dire dont le taux de pénalisation pour retraite anticipée n’est que de 1% par année, l’accroissement de la pension dollar est, dirons-nous, quasi équivalent à la perte de taux de change. En résumé, actuellement, si vous restez dans le même, poste la valeur de la pension en monnaie locale stagne plus qu’elle ne baisse.
Je parle ici bien sûr de la valeur de la pension mensuelle et pas de la somme en capital , option du bénéficiaire qui est elle exprimée exclusivement en dollars.

Que se passerait-il si le taux de change du dollar devait continuer à se détériorer ?

Il serait là alors nécessaire de rappeler le principe servant à déterminer les revenus pensionnables et les pensions en résultant. L’objectif de ce principe est de fournir à la cessation de service une pension représentant un « taux de remplacement » (Pension /Salaire) similaire pour tous. Pour les participants de la catégorie des Services Généraux, ceci est atteint en continu par l’utilisation de barèmes de salaires et revenus pensionables locaux. Pour les participants de la catégorie des professionnels, la pension, unique mondialement en dollar, aura en contre valeur monnaie locale, un pouvoir d’achat différent d’un lieu à l’autre. Dans l’hypothèse où la pension en monnaie locale baisserait de telle sorte que le « taux de remplacement » tombe en dessous de celui à la base du système (mesuré au niveau P4 top step, dépendant à New York), le mécanisme de la filière locale contient un facteur d’accroissement de la pension de base visant à restaurer un « taux de remplacement » approprié. Ce facteur est le « Différentiel de Coût de la Vie » COLD factor Il mesure l’écartd’ajustement de poste entre New York et celui au lieu de résidence du bénéficiaire et son application permet de fournir un pouvoir d’achat comparable selon le lieu de résidence. Pour l’heure, pour la Suisse et les pays limitrophes, le « taux de remplacement » des pensions, mesuré sous la filière locale (avec la moyenne des taux de change des derniers 36
mois) demeure en dessus de la référence New York. Pour prendre Genève comme exemple, le COLD factor pourrait se déclencher vers l‘été 2005 si le taux de change devait poursuivre sa baisse. Ce déclenchement se fait lorsque l’écart d’ajustement de poste entre New York et le lieu de résidence du bénéficiaire est d’au moins 5%.

Et la somme en capital ?

Là, l’impact des fluctuations des taux de change reste entier. Si le retraité opte de prendre une partie de sa pension en une somme en capital, celle-ci lui sera versée par la Caisse en dollars. Le bénéficiaire en effectuera la conversion auprès de sa banque et là il sera à la merci de la loi du marché des changes. Selon les circonstances au moment de la conversion., il va soit perdre soit gagner.

Et le cas des services généraux ?

La situation est ici plus favorable en matière d’effet de fluctuations de change. Lorsque le taux de change baisse, le revenu pensionnable qui est calculé en dollar augmente. Donc, la pension en dollar monte. Lors de la conversion en monnaie locale, deux scénario se présentent (a) dans la situation actuelle de baisse du dollar régulière, l’utilisation de la moyenne des 36 derniers mois de taux de change offre une totale similitude avec les taux servant à déterminer la pension dollar et nous avons là une compensation exacte de la fluctuation des taux de change, par contre (b) si le dollar devait remonter, comme la pension est calculée sur la base des 36 meilleurs mois (donc pas nécessairement les 36 derniers) des cinq dernières années, la conversion au taux des 36 derniers mois donnera en fait un gain de change.

D’un point de vue concret, je pars aujourd’hui à la retraite avec $5,000, que va-t-il se passer ?

Si je pars aujourd’hui à la retraite avec $5,000, avec l’intention de résider dan un pays européen, je choisis la filiale locale, qui me fournit une stabilité de revenu et le bénéfice d’un taux de change moyen meilleur que le taux mensuel actuel. Si je choisis de demeurer sur la filière dollar, je subirai les fluctuations de change et verrai la valeur absolue et le pouvoir d’achat de ma pension varier au gré du marché des changes.

Que se passe-t-il actuellement ?

Actuellement, les participants dans leur large majorité choisissent la filiale locale puisque le taux de change moyen est favorable. Par exemple, pour le francs suisse, il est actuellement à 1,18FS/1 US$ si l’on prend la filière dollar, contre 1,38FS/1 US$ pour la filière locale francs suisses.

Quels sont les intérêts divergents entre New York et les autres lieux d’affectation ?

La grande différence est que nos collègues à New York vivent dans une situation de salaires en dollar et retraite en dollar. Une situation de stabilité permanente où l’avenir est prévisible très précisément en matière de niveau de pension et de pouvoir d’achat. Lorsque nous parlons de différence de change, ceci apparaît pour nos collègues en zone dollar plus comme un exercice de style académique qu’une réalité. Je crois que tous ne perçoivent pas réellement ce qu’il implique d’avoir un salaire stable en monnaie locale et une pension qui variera en fonction des taux de change au moment du départ. Alors que ceci est la réalité de la vie de tous les jours pour le reste du monde. Je pense que c’est là un aspect important à partager et débattre lors des réunions du comité mixte, surtout si l’instabilité de la monnaie de référence actuelle de la Caisse devait perdurer.

Serait-il envisageable d’avoir des pensions définies en francs suisses ?

Je poserais la question différemment. Offrir un système réactif au niveau mondial et répondant à toutes les situations est un défi permanent. Le système actuel de la double filière semble pour l’heure bien réagir aux besoins. Parmi les éléments évolutifs, il est toutefois à noter que la moitié des pensions est dorénavant versée en dollars et l’autre moitié en diverses monnaies locales, avec une large prépondérance pour l’Euro, suivi par le Franc Suisse. De plus, les valeurs respectives de ces monnaies sont en mutation. A la lumière de ceci, il y a lieu de demeurer vigilant et de piloter les mécanismes en place afin d’assurer l’adéquation de leur fonctionnement au fur et à mesure de l’évolution des paramètres qui ont présidé à leur élaboration. L’avenir de la Caisse demeure dans une évolution méthodique et responsable et la bonne situation actuarielle de la Caisse confirme que ses gestionnaires et organes législatifs ont su le faire par la passé et sauront donc poursuivre cette saine évolution.

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