UN Special No 637 February-Février 2005

Arts


Les onusiens et la littérature

David Winch, ONU

Vendredi 14 janvier s’est tenue la soirée littéraire annuelle d’Ex Tempore, le journal littéraire de la Société des écrivains des Nations Unies. A cette soirée sont venus 65 enthousiastes de la littérature internationale afin d’écouter des poètes et essayistes des Nations Unies, quelques-uns membres du Centre PEN de la Suisse romande, réciter leurs oeuvres en français, espagnol, anglais, allemand et chinois.
L’événement s’est déroulé chez Alfred de Zayas et Carla Edelenbos, dans leur salon très convivial de quelque 64 mètres carrés, ancienne salle de la paroisse des Crêts, et situé à proximité du siège de l’OMS.
Entre autres, Aline Dedeyan a joué une pièce de théâtre très humoristique, écrite par ellemême, qui sera publiée dans le prochain numéro d’Ex Tempore. Bogdan Najailo, du Haut Commissariat pour les réfugiés, a récité plusieurs beaux poèmes en anglais. À côté de son travail juridique, Bogdan est en train d’écrire un livre sur Napoléon et le passage de la Bérézina. Noemy Barrita-Chagoya, fonctionnaire au Haut Commissariat aux droits de l’homme, a récité des poèmes d’amour en espagnol avec une sensibilité et un charme exquis. Enfin, Claude
Citon, ancien collaborateur d’UN Special, a partagé ses réflexions, notamment sur le tsunami en Asie et la marginalité dans nos grandes villes.
Alfred de Zayas, longtemps fonctionnaire à l’ONU, a présenté son nouveau livre, une édition bilingue et commentée du Larenopfer, le deuxième cycle de poèmes de Rainer Maria Rilke, publié en janvier 2005 par Red Hen Press (Los Angeles), et que l’on peut acquérir chez Literart à Genève. Il s’agit de la première traduction en anglais des 90 poèmes en langue allemande de ce cycle charmant de poèmes dédiés à Prague, la ville natale de Rilke, et à sa Heimat, la Bohème (voir aussi www.alfreddezayas.com).

Un extrait trilingue de Larenopfer

Volksweise

Mich rührt so sehr
böhmischen Volkes Weise,
schleicht sie ins Herz sich leise,
macht sie es schwer.

Wenn ein Kind sacht
singt beim Kartoffeljäten,
klingt dir sein Lied im späten
Traum noch der Nacht.

Magst du auch sein
weit über Land gefahren,
fällt es dir doch nach Jahren
stets wieder ein.

Airs de Bohème

Ils me touchent à l’extrême,
les chansons du peuple bohème,
se glissant dans le coeur,
le rendant si lourd.

Quand un enfant chante
doucement en sarclant dans les champs,
écoute dans tes rêves ce même chant
tard dans la nuit résonnant.

Et même si tu pars voyager
dans des terres éloignées,
tu vas toujours y penser
au fil des années.

Folk Melodies

Bohemian folk tunes move me
deeply as into the heart they steal
and make it heavy, then I feel
a wistful yearning over me.

When in potato fields a child
while weeding gently sings,
that melody in late dreams rings
within you true and mild.

And even if you travel far
to distant lands, the tune so dear
comes back to you year after year,
recalling who you are.

Traduction : Alfred de Zayas

Pour plus d’informations sur le journal Ex Tempore, contacter :

la Commission socio-culturelle des Nations Unies, ou veuillez utiliser l’e-mail suivant: zayas@bluewin.ch.

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