Tsunami
283‘000 MOTS
Pierre Jourdan
283‘000 c’est au moins le nombre
de MOTS qu’il faudrait
pour citer les noms de ceux qui nous ont quittés,
fauchés par le tsunami. Ce raz-de-marée
sans précédent dont la cause a été le séisme
sous-marin d’une magnitude supérieure à 9
sur l’échelle de Richter survenu le 26 décembre
au large de Sumatra.
9 millions de mots, ce sont les mots
qu’il faudrait pour nommer ceux qui ont
survécu dont hélas plus de 5 millions qui
ont tout perdu et dont il faudra s’occuper.
Voilà la vraie croisade humaine et
morale à entreprendre pour aider ceux
qui souffrent.
En Thaïlande
La tristesse doit faire place à la joie. C’est
comme cela que l’on envisage la vie dans
cette partie du globe. Les morts retrouvés,
lavés, identifiés, protégés de la chaleur
retrouvent ainsi de la dignité avant les
obsèques dans une atmosphère étrange pour
ceux qui ne sont pas de ces régions.
En cette fin d’année 2004 en Thaïlande, on
pouvait voir à la télévision toute la tendresse
et même les sourires, après le devoir accompli,
des équipes de légistes qui ont participé
nuit et jour à ce très dur labeur, tant le respect
des morts fut grand et la solidarité profonde.
Par ces actes maintes fois renouvelés,
il y avait quelque chose d’indicible qui rapprochait
les équipes plus fortement encore
corps après corps.
A côté de cela, la polémique sur l’absence
d’alerte des populations locales, la campagne
d’adoption d’orphelins à grande échelle, les
marchandages sur le moratoire de la dette
des régions sinistrées ne sont pas grand
chose. Beaucoup de gouvernements des pays
touchés ont tiré certaines leçons du passé et
ont refusé tout report du remboursement,
d’autres comme la Thaïlande comptent avant
tout sur leur propres ressources pour surmonter
cette épreuve. En tout état de cause,
l’aide internationale d’urgence actuelle
atteint à peine le milliard de dollars (ce qui
est inférieur au 1 % de la dette) et l’aide promise
n’atteindra pas les 10 % de celle-ci. Il
faut quand même souligner que l’ONU a fait
appel à un cabinet de comptables privé pour
superviser l’utilisation de l’aide humanitaire
promise par la communauté internationale.
Comme il a fallu un peu plus d’une demie
heure au tsunami pour atteindre les côtes
thaïlandaises, Tilly Smith, une jeune anglaise
de 10 ans originaire de Surrey a, quant à elle,
fait beaucoup mieux que la National Oceanographic
and Atmospheric Administration
qui n’avait fait que prévenir une base militaire
en Inde.
Elle venait d’étudier les signes, causes et
effets des tsunamis dans une leçon de géographie
peu avant ses vacances. Se trouvant
alors par un hasard incroyable sur la plage de
Maikhao à l’île de Phuket avec sa famille. Elle
a été horrifiée lorsqu’elle a vu l’eau bouillonner
puis se retirer loin au large (signe annonciateur
des tsunamis). Elle a aussitôt alerté
et sauvé les occupants de cette plage avec
l’aide de ses parents, ceci après les avoir
convaincus en utilisant le mot approprié de
« tidal wave ». On a pas dénombré de victimes
sérieusement blessées ou tuées sur
cette plage et ce drame doit nous interroger
sur la primauté de notre attitude à l’égard des
autres dans la vie.
Cette tragédie nous rappelle aussi la très
grande impuissance humaine. L’aide arrive
mais elle ne remplacera pas les vies perdues,
j’espère qu’elle sera redistribuée équitablement
par ceux qui sont chargés de le faire,
qu’un système d’alerte efficace sera mis en
place comme cela a été décidé dans un proche
avenir, que les familles seront aidées et
les orphelins rescolarisés.
Cela devrait être une priorité absolue,
alors que ces habitants ont des revenus très
modestes et vivent pour beaucoup d’entre
eux de la pêche, dans des région touristiques
fréquentées par les plus nantis.

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