UNSpecial N° 635 — Décembre – December 2004
 

Mentalités, goûts et mours au regard du théâtre

Genève – Oser paraître

Cet ouvrage, écrit par Serge Arnauld, se porte d’une part vers la séduction de tous les transports que procure la représentation: le Spectacle de la cité. D’autre part, il «met en scène» Genève – la ville vue comme ouvre – et révèle ainsi l’aptitude qu’a cette petite république à s’émerveiller de son propre envoûtement: le spectacle de la Cité.

En prenant le théâtre comme prétexte du jeu des images (la représentation) ou du refus de toute image (par le dressage de l’esprit), le lecteur est amené à découvrir combien la société genevoise s’est transformée, au fil des siècles, en revendiquant un point de mire ou en jouissant de ce miroir, tantôt confisqué par le calvinisme ou l’occupation française, tantôt déformé par les appropriations diverses que toute tentation suggère, plus discrètement que les apparentes convoitises d’ordre théologique ou politique.

Miroir teinté ? Miroir déformant ? Genève fait son théâtre à son image et celle-ci lui a bien rendu ce mirage. Dès lors, il ne s’agit plus d’aborder un ouvrage en s’appuyant sur l’observation et l’analyse pour décrire la chronologie et faire l’inventaire de ce qui s’est vu et se voit encore sur la Scène de Neuve. Le souci ou l’intérêt consiste à considérer la représen

tation comme un signe et son mouvement : du culte sans image à la culture de son image, c’est-à-dire de la privation à l’obsession de toute imagerie pour faire connaissance avec soi-même. Repéré d’abord en fragments, tel un puzzle, l’ouvrage s’organise ensuite telle une disposition de dominos, selon les chapitres suivants, répartis en trois recueils.

En dedans, en dehors:

Calvin et James Fazy.

L’honneur de Dieu défendu sans recourir à la représentation.

Le plaisir du peuple répandu dans un temple de l’Education.

Hors scène:

Le déploiement des conflits que l’absence d’images ou le désir d’images suscite à Genève. Les apaisements transitoires et leurs coûts symboliques.

«...le lecteur est amené à
découvrir combien la société
genevoise s’est transformée au
cours des siècles...»

Scènes de l’Histoire:

Une documentation, employée comme les miettes de l’art brut, servant à mettre en perspective le rôle même de toute représentation de soi, parfois dans l’anonymat, parfois dans la fièvre des ambitions.

Histoires en musique:

Pendant dix années, à la fin du XX ème siècle, une traversée sur un océan paisible – le théâtre et ses blandices – est réalisée, en observant, lorsque la visibilité le permet, ce reflet des fonds marins enchantés de l’art, image de ce que veut voir une société sans nécessairement se savoir elle-même le symptôme de ses choix.

Communiqué de presse et images à télécharger:
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