La boue
Le siège de lONU à New York sest enfin décidé à renforcer les mesures de sécurité en édifiant un grillage de 2 mètres de haut devant lentrée de limmeuble de verre.
Vous me direz quun grillage est bien peu de chose face à la menace terroriste. Mais la menace qui plane sur lONU na rien à voir avec le terrorisme. La menace qui mine notre quartier général est une arme contre laquelle il est difficile de lutter : la calomnie.
Il ne se passe pas de jour, sinon dheure sans que les médias locaux ne déversent des tombereaux daccusations toutes plus ou moins fantaisistes sur lONU, mais aussi, chose nouvelle, sur notre Secrétaire général. Certains médias vont même jusquà réclamer sa démission. Daprès eux, nous sommes une organisation terroriste et si ce grillage a été élevé, cest plus pour protéger New York de lONU que linverse.
Le principe de ces attaques se résume par une phrase en anglais qui dit : « Si vous jetez de la boue, il y a bien un morceau qui restera collé. » Une telle pratique, très en vogue dans certains débats électoraux, tend maintenant à devenir une arme dans les négociations internationales.
Une chose est certaine : ce nest ni une personne ni une administration qui est visée mais bien lOrganisation qui est remise en question. Un journal très sérieux doutreatlantique conclut un de ses articles par : « Mieux vaut une bonne coopération internationale quun multilatéralisme forcé. » En clair : nous préférons discuter en tête-à-tête plutôt que davoir à participer à une ONU qui ne nous obéit pas et qui par lintermédiaire de son Secrétaire général va même jusquà oser nous critiquer.
Cest le moment ou jamais de resserrer les rangs. Hurler avec les loups ne fait qualimenter la polémique et risque dans un avenir très proche de détruire notre Organisation qui, même si elle nest pas parfaite, est notre employeur et est par-dessus tout lunique espoir de milliards dêtres humains qui nont pas de puissants médias pour défendre leur cause.