UNSPECIAL No 634 Novembre - November 2004

ÉDITORIAL

Les fantômes du Palais 

The ghosts of the Palais

INTERVIEW

Un regard neuf sur la représentation du personnel 

PERSONNEL

Security Special 
Letter from CCISUA and FICSA to the S.G. Concerns about security 

IHT article: Nobody said it would be safe 

LAT article: Taking more – or less – risk

Lettre à l’IHT: Le personnel de l’ONU en Iraq

Letter to the IHT: FICSA’s answer to the IHT

Are you serious about improving morale? 

ILOAT: Less mush, please 

Roses: Marche de l’espoir

Jeux interorganisations 2005: la Crète

2005 UN Interagency games goes to Crete

Questions de multilinguisme 

Obituaire: Guillaume nous a quitté

L’Association Pluriels

Less mush from ILOAT... Mise au point

GLOBE

Ambivalence et dualité de la filière «riz»

Le riz — tour du monde en 300 recettes 

Rice – Around the world in 300 recipes

Légendes et anecdotes associées au riz 

United Nations Bazaar on November

Esperanto, solution to the language problem 

UN Security Council: expand the members

La revolution du pianiste

Born a king, born a slave

SERVICES

Système d’interprétation simultanée Simultaneous interpretation system 

La SBST en ligne – BES on line

Une fauche économique – A cheap cut

L’Esplanade des Nations et circulation

Tech News

ARTS

What a way to start the season!

Et nous, et nous, et nous? 

LOISIRS

Refuge Albert 1er (2,702m.) 

Albert I cabin (2,702m.)

FEUILLETON

The woman in sunglasses

La femme aux lunettes


 


 

 

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Toujours à l’occasion de l’année internationale du riz, c’est dans le monde imaginaire des traditions ancestrales ou des anecdotes que je voulais vous faire voyager. Aussi ai-je trouvé pour vous quelques histoires ayant le riz comme ingrédient principal. Ma tentative de connaître l’origine et le pourquoi du lancer de riz aux mariés, s’est avérée infructueuse (sic!). Tout ce j’ai réussi à savoir est que cette tradition serait d’origine asiatique peut-être chinoise et que le sens serait de souhaiter prospérité et fécondité au couple nouvellement uni. Si vous aviez des informations sur cette tradition, n’hésitez pas à les partager avec UN Special.

Commençons donc par la Chine: La fête des Bateaux-Dragons

Le 5 du 5e mois lunaire (environ en juin), les Chinois célèbrent la fête des Bateaux-Dragons, une des fêtes traditionnelles chinoises, qui possède une histoire deux fois millénaires.

Voici une des versions les plus connues. Qu Yuan fut ministre du royaume de Chu pendant la période dite «des Printemps et Automnes» (de 722 à 481 av. J.-C.). C’est notamment la période où a sévi Confucius. Face à la pression du royaume puissant de Qin, il proposa de faire prospérer le pays et de renforcer les forces militaires afin de résister à la menace de ce royaume. Mais sa proposition subit l’opposition des aristocrates ayant à leur tête Zi Lan. Par conséquent, Qu Yuan fut destitué de ses fonctions et expulsé de la capitale par le roi. En exil, il composa plusieurs poèmes illustrant ses sentiments inquiets sur le sort de la nation et du peuple: entre autres Li Sao (Nostalgie), Tian Wen (Interrogation posée au Ciel) et Jiu Ge (Chants aux sacrifiés).

L’armée du royaume de Qin s’empara de la capitale de Chu. Après avoir appris cette nouvelle, Qu Yan écrivit son dernier poème Huai Sha (Regretter Changsha) et se suicida le 5 du 5e mois lunaire en se jetant dans le fleuve Mi Luo. Selon la légende, après la mort de Qu Yuan, les gens du peuple de Chu affluèrent au bord du fleuve pour lui rendre un dernier hommage et les pêcheurs conduisant leurs bateaux firent des va-et-vient dans le fleuve pour chercher sa dépouille mortelle, mais sans résultat. Pour éviter qu’il soit mangé par les poissons, on jeta alors des boulettes de riz gluant et des oufs dans le fleuve. Un vieux médecin y versa même du vin de riz pour soûler les animaux aquatiques. Dès lors, la course de bateaux-dragon, les boulettes de riz gluant et le vin de riz sont devenus des us et coutumes populaires en Chine.

La légende dit que ce jeu date du moment où l’on cherchait en bateau Qu Yuan, mais selon certaines sources, c’était une activité à la fois religieuse et divertissante à l’époque des Royaumes Combattants (475-211 av. J.-C.).

La course des bateaux-dragons se déroule aujourd’hui dans bon nombre de pays différents en Asie, en Europe mais aussi en Amérique du nord. Il n’est en revanche pas certain que l’on continue de jeter des boulettes de riz dans l’eau.

Un petit tour en Inde: «Pongal»

Le riz a une grande importance culturelle en Inde du sud, et certains festivals, comme Pongal, célèbrent entre autres la récolte du riz par des festivités qui rassemblent tout le village pendant trois jours.

En voici la légende: «Au temps où la terre était jeune et toutes les choses meilleures qu’elles ne sont maintenant, quand les hommes et les femmes étaient plus forts et d’une beauté plus grande, et le fruit des arbres plus généreux et plus sucré que ce que nous mangeons maintenant, le riz, la nourriture des hommes, était d’un grain plus gros. Un grain était tout ce qu’un homme pouvait manger; et en ces jours anciens, le mérite des gens était 

tel qu’ils n’avaient jamais besoin de travailler dur pour cueillir le riz, car une fois mûr, il tombait des tiges et roulait jusqu’aux villages, même dans les greniers.

Lorsqu’une année le riz fut plus gros et plus abondant que jamais, une veuve dit à sa fille: «Nos greniers sont trop petits. Nous allons les démolir et en construire de plus grands. » Quand les vieux greniers furent démolis et que les nouveaux n’étaient pas encore prêts à l’emploi, le riz était mûr dans les champs. On redoubla de hâte, mais le riz en roulant affluait vers le lieu des travaux, et la veuve, irritée, frappa un grain et cria: « Vous ne pouviez pas attendre dans les champs que nous soyons prêts? Vous ne devez pas nous déranger maintenant quand vous n’êtes pas voulus!»

Le riz se brisa alors en milliers de petits morceaux et déclara: «A partir de ce jour, nous attendrons dans les champs jusqu’à ce que nous soyons voulus.» Et depuis, le riz est d’un grain plus petit et les gens de la terre doivent le cueillir dans les champs et le transporter jusqu’aux greniers.

Pongal a lieu le 14 janvier de chaque année.

Partons maintenant au Vietnam:

«Le fils du premier roi Van-Lang, le Vietnam d’autrefois, régnait sous le nom de Hùng- Vuong. Il avait trois épouses, chacune d’elles donnant naissance à un garçon. Le fils de la première, Long, épousa Kim, orgueilleuse et jalouse. Le fils de la seconde, Hô`, épousa Ngoc, méchante et acariâtre envers son mari. Le fils de la troisième décédée, Van, vivait avec sa grand-mère maternelle et s’occupait des travaux agricoles. La grand-mère maria Van à Xuân, une demoiselle sage et laborieuse du village. Le couple menait une vie modeste mais heureuse. Un jour, convoqués par le roi, ils devaient vendre leurs deux buffles pour préparer le voyage. A la cour, ils virent leurs aînés et leurs épouses habillés élégamment et parés de bijoux. Van et Xuân se sentaient confus. Tout le monde se moquait d’eux en leur reprochant de se présenter au roi sous une simple apparence. Par contre, le roi se montrait affectueux pour Van, orphelin de mère. Accablé par la vieillesse et en règne depuis 50 ans, le roi voulut céder le trône à celui qui pût préparer les mets les plus savoureux. Les épouses des deux grands, confiantes de leur talent, rivalisaient pour gagner le trône à leur mari. Seuls, Van et Xuân étaient très inquiets car ils étaient très pauvres.

Une nuit, dans un songe, Van vit sa mère qui lui fit savoir qu’il serait l’élu du trône. Il lui suffisait de faire un gâteau de riz gluant, en forme de carré avec de la viande, de la graisse au milieu pour symboliser le cour. Le gâteau carré représentait la terre car on croyait à cette époque que la terre était carrée. Van se réveilla et raconta le songe à sa femme. Le couple décida de suivre les conseils de leur mère pour confectionner les gâteaux. Au jour fixé, les deux brus Kim et Ngoc offrirent au roi des plats coûteux. Mais ce dernier ne trouva rien d’exceptionnel. Quant aux gâteaux offerts par Van et Xuân, il fut ravi par leur délicatesse et par leur signification. Il combla Van de louanges et le désigna comme son successeur.»

Une légende de Mayotte*

L’histoire de Mtsanga Tsoholé ou «histoire

de l’îlot de sable blanc», se situerait au temps des premiers rois, des premiers sultans installés à Mayotte. Tout commence par une lubie, celle d’un roi qui voulait marier sa fille: «Ce roi a décrété que le jour du mariage de sa fille, les invités n’auraient pas à poser le pied à même la terre, qu’ils n’auraient pas à s’asseoir sur les nattes traditionnelles. En l’honneur de ma fille, a-t-il dit, on étalera du riz partout» raconte un ancien. Et ce roi a tenu parole. Avant le mariage, il a ordonné à tous les villageois de piler du riz, jusqu’à ce qu’il juge qu’il y en ait assez. Le riz a été pilé pendant des mois, et même des années avant le jour de la noce. «Partout, sur tous les chemins qui menaient à la noce, à la pointe de Saziley, le cortège a marché, chanté et dansé sur le riz…» nous dit le vieux Ali Madi. Gaspillage! Le riz a effectivement été répandu. Mais quand le cortège nuptial est arrivé à destination, Dieu a aussitôt répandu sa colère et il a tout anéanti. Selon la légende, le village a donc disparu. Tout le monde a été englouti et le riz s’est transformé en sable. Aujourd’hui, l’îlot qui est situé au sud de Sazilé est une véritable attraction, un lieu magique qui suscite des histoires sans fin.»

En Italie: Rossini et son risotto

Cette anecdote est connue: Adelaïde Malanotte, une célèbre cantatrice (contralto), créatrice du rôle-titre du non moins connu opéra de Rossini «Tancredi», refusa l’air d’entrée qu’avait concocté le maestro. Contrarié, le compositeur entra dans une auberge de Venise, commanda un risotto et, en attendant que le plat soit servi, composa la cavatine Di tanti palpita (tant d’émois et tant de peines) sur un coin de table. Merveille du génie et de la prolixité de Rossini, l’air fut terminé au moment où le plat arriva sur la table, d’où son nom d’«aria dei risi» («l’air du riz»).

* Mayotte est une Collectivité Départementale française, située dans l’Océan Indien, au nord du canal de Mozambique. Elle est la plus méridionale des quatre îles formant géographiquement l’archipel des Comores.

Merci à tous ceux qui ont, via la grande toile, largement écrit et inspiré ces histoires.