UNSPECIAL No 634 Novembre - November 2004

ÉDITORIAL

Les fantômes du Palais 

The ghosts of the Palais

INTERVIEW

Un regard neuf sur la représentation du personnel 

PERSONNEL

Security Special 
Letter from CCISUA and FICSA to the S.G. Concerns about security 

IHT article: Nobody said it would be safe 

LAT article: Taking more – or less – risk

Lettre à l’IHT: Le personnel de l’ONU en Iraq

Letter to the IHT: FICSA’s answer to the IHT

Are you serious about improving morale? 

ILOAT: Less mush, please 

Roses: Marche de l’espoir

Jeux interorganisations 2005: la Crète

2005 UN Interagency games goes to Crete

Questions de multilinguisme 

Obituaire: Guillaume nous a quitté

L’Association Pluriels

Less mush from ILOAT... Mise au point

GLOBE

Ambivalence et dualité de la filière «riz»

Le riz — tour du monde en 300 recettes 

Rice – Around the world in 300 recipes

Légendes et anecdotes associées au riz 

United Nations Bazaar on November

Esperanto, solution to the language problem 

UN Security Council: expand the members

La revolution du pianiste

Born a king, born a slave

SERVICES

Système d’interprétation simultanée Simultaneous interpretation system 

La SBST en ligne – BES on line

Une fauche économique – A cheap cut

L’Esplanade des Nations et circulation

Tech News

ARTS

What a way to start the season!

Et nous, et nous, et nous? 

LOISIRS

Refuge Albert 1er (2,702m.) 

Albert I cabin (2,702m.)

FEUILLETON

The woman in sunglasses

La femme aux lunettes


 


 

 

Un regard neuf sur

La représentation du personnel

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By Jean Michel Jakobowicz, ONUG.

Qu’est-ce qui vous a poussée à vous investir dans la représentation du personnel? Pendant longtemps, je me suis occupée périodiquement des activités liées au Conseil de coordination sans m’investir à fond dans la représentation du personnel. Il me semblait que je ne pouvais pas me libérer suffisamment de mon travail pour que ma contribution soit valable. Jusqu’au jour où j’ai réalisé que nos représentants, des collègues et amis dévoués et honnêtes, travaillaient beaucoup pour remplir cette tâche, et ceci face à de nombreuses difficultés quotidiennes. J’entendais souvent s’exprimer le manque de satisfaction de mes collègues et pensais pouvoir contribuer à les aider en partageant mon optimisme à travers ce travail. En fait, je n’espérais pas tant d’être élue et détachée à plein temps pour remplir les fonctions de Secrétaire exécutive adjointe. UN Special a dit récemment qu’il y a toute une génération de dinosaures qui vont bientôt quitter l’Organisation. Il y en a aussi au Conseil de coordination; avant de partir, c’est à ces dinosaures de transmettre une autre vision de la représentation du personnel, montrer que c’est un travail nécessaire et humainement très enrichissant. Une ambiance que j’ai connue dès mon arrivée aux Nations Unies. Il faudra aussi transmettre l’histoire, la mémoire institutionnelle de la représentation du personnel. Il est vrai que les temps ont changé, que la manière dont nous travaillons a changé, qu’on nous demande de faire plus avec moins. Surtout avec moins de sécurité de l’emploi. Les jeunes fonctionnaires en début de carrière n’ont pas de temps libre, mais il y a, même parmi eux, des volontaires, des collègues qui s’engagent et qui donnent d’eux-mêmes et de leurs temps. Il faut les impliquer dans le travail que nous faisons. Il faut qu’ils puissent prendre la relève. Les changements qui ont lieu dans l’Organisation actuellement ne sont pas forcément négatifs, peut-être nous donnent-ils l’occasion de nous ressouder, de nous re-solidariser, de se serrer les coudes et d’avancer ensemble? Un peu mon rêve à moi, et la raison pour laquelle je suis là.

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Pensez-vous qu’une femme ait plus de facilités à la solution des conflits? Il est vrai qu’ici même au Palais, quand nous avons été envahis une première fois par les Kurdes, j’ai vu, à l’approche du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Mme Robinson, la foule de manifestants se taire et écouter. Il y a eu comme une vague de calme dans le tohu-bohu et on pouvait presque palper le respect pour cette femme. Est-ce que c’était son statut de femme ou ses prouesses dans la négociation ? Peut-être faudra-t-il que nous acceptions la différence dans la perception des femmes qui peut les amener à mieux voir et à mieux négocier. Soit dans la douceur, qui n’exclut pas la fermeté, soit d’une manière plus dure. Je pense, encore une fois, que nous ne devons plus nous préoccuper de ce genre de choix. Il faut choisir la personne la meilleure pour faire au mieux le travail.

Quels sont les sujets dont vous vous occupez au Conseil? Au sein du Conseil, je m’occupe beaucoup de fonctionnaires qui ont des problèmes dans le cadre de leur travail. Je suis interpellée pour un simple conseil, ou pour les accompagner à des réunions d’explication, voire de médiation, soit avec leurs chefs de service, soit avec le Service médical ou le Service du personnel. Une de mes préoccupations au sein du Conseil est le bien-être de nos collègues aussi bien sur le plan contractuel, que sur le plan personnel. Certains ont le sentiment de ne pas être écoutés. Le Conseil est élu notamment pour écouter et pour répondre à ce besoin. Si nous avons le moral, nous travaillons dans de meilleures conditions et, par conséquent, mieux. Je participe aussi aux réunions hebdomadaires du Bureau exécutif, aux réunions mensuelles du Conseil et je rédige des documents d’informations distribués par le Conseil pour informer les fonctionnaires. Depuis quelques mois, le site Web du Conseil a été ouvert et c’est ma responsabilité de le tenir à jour. Le Conseil peut maintenant mieux vous informer, et plus rapidement, de sa participation dans la défense de nos conditions de service, ainsi que de l’évolution de l’Organisation. D’un point de vue plus global, en tant que premier Vice- Président du Comité de coordination des associations et syndicats internationaux du personnel du système des Nations Unies (CCASIP), je suis appelée, à la demande et en consultation avec les autres membres, à présenter la position et le point de vue du CCASIP, dans des négociations avec l’Administration. Pour ce faire, il faut entretenir des contacts étroits avec le Conseil des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies pour la coordination (CEB), le Comité de haut niveau pour la gestion (HLCM), nos collègues à New York, ainsi que dans tous les lieux d’affectation membres du CCASIP. Avec le soutien de nos collègues du Conseil, en particulier la Présidente de la Commission socioculturelle et tous les membres du Bureau exécutif, cette année je coordonne la Journée du Personnel, qui se tiendra le 26 novembre, et l’Arbre de Noël des enfants, le 8 décembre. Des occasions pour nous tous de tisser des liens plus forts avec nos collègues.

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Cela fait beaucoup de travail pour une seule personne! En effet, et je dois dire que mes journées ont très souvent beaucoup plus que huit heures. Mais cela fait partie du job!

Quels sont les sujets qui d’après vous seraient mieux traités par un homme? En réponse à cette question, je ne pense pas qu’il ne devrait pas y avoir de sujets spécifiques pour les femmes ou pour les hommes. Il est certain que dans des situations de détresse, une femme pourrait préférer parler de ses préoccupations et de ses problèmes avec une autre femme, par pudeur ou parce qu’elle a l’impression qu’un homme comprend moins bien ses soucis familiaux par exemple.

Où en est-on avec le SMCC?

Le SMCC ne s’est pas réuni depuis 2002 et la situation sur les accords conclus depuis 1998 est restée bloquée. Je peux dire qu’actuellement il y a de la lumière au bout du tunnel puisque tout récemment un groupe de travail (Groupe 2 + 2) a été établi composé de deux représentants de l’Administration et de deux représentants du personnel, de New York (Richard Dellar) et de Genève (Marlène Sequeira). Ce groupe de travail a pour mandat de considérer ensemble tous les accords depuis cette date et d’étudier le niveau d’avancement de leur mise en ouvre. Toutefois, la date précise d’une prochaine réunion du SMCC n’a toujours pas été établie.

La Présidente du Staff Union à New York a donné son avis concernant la présence du personnel en Irak – quelle est votre opinion? Avant de publier son avis dans l’International Herald Tribune, la Présidente du Staff Union à New York, en tant que Présidente de la CCASIP, avait cosigné avec la FICSA, une lettre adressée au Secrétaire général lui demandant de retirer tout le personnel des Nations Unies de l’Irak. Je soutiens entièrement son avis et ces deux actions. Auparavant, à ce sujet, le Conseil de coordination a demandé au Secrétaire général de déclarer le 19 août, «Journée commémorative des fonctionnaires des Nations Unies morts au service de la Paix». Vous pouvez consulter ces deux documents sur le site Web du Conseil. Il est de notre devoir de répondre aux besoins de pays qui demandent de l’aide aux Nations Unies, mais quand nous constatons les difficultés que subissent les Etats-Unis en Irak, il ne faut pas mettre en péril la vie de 35 ou 50 fonctionnaires des Nations Unies qui se trouvent là- bas avec une protection qui est sûrement inférieure à celle des troupes américaines. Dans une telle situation, il faut beaucoup plus que de la volonté et de la conviction pour les protéger. Il faut des garanties solides.

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Quels sont les contacts que vous avez avec la FICSA? Tant au niveau du Conseil de coordination à Genève qu’au niveau de la CCASIP, les relations avec la FICSA sont de plus en plus étroites. Le travail des deux fédérations est de représenter et de défendre les intérêts du personnel des Nations Unies et du système commun partout dans le monde, dans tous les lieux d’affectation. Chacune des deux fédérations a quelque chose à offrir à l’autre et le partage se fait de plus en plus. Par exemple, lors de la 59e session de la Commission de la fonction publique internationale, à New York, et la 8e réunion du HLCM à Rome, nos positions communes sur de nombreux sujets ont été bien reçues par nos interlocuteurs. Il faut dire que les progrès technologiques facilitent le travail et il est facile de communiquer, de partager son point de vue avec les collègues lointains.

Votre mot de la fin!

Les temps changent et il faut l’accepter dans tous les domaines, y compris celui de la représentation du personnel. Je pensais pouvoir amener un regard neuf, une attitude nouvelle en m’investissant. Je le pense toujours. Pour conclure, j’aimerais souligner ici qu’il y a énormément de travail, les journées sont longues et la tâche parfois ingrate, les résultats pas toujours évidents. Mais c’est un travail stimulant, qui demande beaucoup et c’est un plaisir de le partager avec une équipe si dévouée et si motivée.