UNSpecial N° 634 — Novembre – November 2004
 

Letter to The Editor of the International Herald Tribune

FICSA’s answer to the IHT

Mr. David Malone (“Nobody said it would be safe”, 1 October 2004) has called the legitimate concern of the international civil servants for their right to the minimum standards of security an “orgy of outrage and self- pity”. What an affront to all of us, Mr. David Malone, and to the families of those who have died in service to the international community.

The staff of the United Nations and its specialized agencies and funds are hardworking, professional and dedicated to achieving the goals of the United Nations any place in the world. The majority of this international workforce is stationed in the field, far from “Denmark or Canada”, and, far from “wallowing in self-pity”, international civil servants daily confront danger, misery and pain, whether their work involves food delivery, dealing with the needs of refugees or providing health care.

International civil servants have become easy targets of violence from opposition forces that no longer see the UN as part of the solution. The UN flag no longer offers any protection for its workers. In fact, for opposition forces, it is like the red flag to a bull, pointing to those who should be kidnapped, held hostage, raped or murdered.

The loss of 22 colleagues in Baghdad in August 2003 was indeed tragic and did send shockwaves throughout the organization. A group of highly dedicated and professional people were wiped out with one blow. That attack followed many others that were less highly publicized, probably because they did not involve victims as popular and well known as Mr. De Mello. These include colleagues who were hacked to death by machete-wielding opposition forces in East Timor, or those killed by sniper fire in Gaza and the West Bank, or those murdered in Rwanda, not to mention the victims of rape, thuggery and hostage taking. Staff have attended the memorial services and comforted the grieving parents and have said “Enough”. The security of staff is a priority and the Member States need to finance security measures commensurate with the new realities of serving in conflict situations.

Would Mr. Malone send his son or daughter to Iraq in present circumstances? Undoubtedly he first would seek assurances that the security measures to safeguard his civilian children, lacking in military training, would be optimal. UN staff ask no less for themselves. Yes, as Mr. Malone says, “the UN needs to adopt better security precautions.” That is the crux of the matter.

Sincerely yours.

Maria Dweggah, General Secretary of the FICSA. 

Réponse de la FICSA à l’IHT

M. David Malone dans son article intitulé « Nobody said it would be safe », du 01.10.04 a qualifié le souci légitime des fonctionnaires internationaux quant à leur droit à des normes minimales de sécurité de « débauche d’indignation et d’apitoiement sur soi-même ». Quel affront pour nous tous, M. Malone, et pour les familles de ceux qui sont morts au service de la communauté internationale!
Le personnel de l’ONU, ainsi que des fonds et des institutions spécialisées des Nations Unies travaillent dur, avec professionnalisme et dévouement, pour atteindre les objectifs des Nations Unies où que ce soit dans le monde. La majorité des fonctionnaires internationaux sont sur le terrain, loin « du Danemark ou du Canada », et loin de se « complaire à s’apitoyer sur eux-mêmes », ils font face tous les jours au danger, à la détresse et à la souffrance dans leurs activités, qu’il s’agisse de distribuer des vivres, de répondre aux besoins des réfugiés ou de dispenser des soins de santé.
Les fonctionnaires internationaux sont devenus des cibles faciles de la violence de forces d’opposition pour qui l’ONU ne fait plus partie de la solution. Le drapeau de l’ONU n’offre plus aucune protection à ceux qui travaillent pour l’Organisation. En fait, pour les forces d’opposition, comme le chiffon rouge pour un taureau,
il désigne ceux qu’il faut enlever, prendre en otage, violer ou tuer.
La disparition de 22 collègues à Bagdad en août 2003 a été effectivement un événement tragique et a provoqué une onde de choc dans toute l’Organisation. Un groupe de fonctionnaires extrêmement dévoués et compétents a été anéanti d’un seul coup. Cette attaque faisait suite à de nombreuses autres qui n’ont pas reçu autant de « publicité », sans doute parce que les victimes n’étaient pas aussi connues et populaires que M. de Mello. On pense notamment aux collègues qui ont été
taillés en pièces à coups de machette par des membres des forces d’opposition au Timor oriental, à ceux qui sont tombés sous les balles de tireurs embusqués à Gaza et en Cisjordanie ou encore à ceux qui ont été assassinés au Rwanda, sans parler des victimes de viol, de banditisme et de prise d’otages. Les fonctionnaires ont assisté à des cérémonies commémoratives et ont réconforté les familles en deuil, et ont dit « ça suffit ». La sécurité du personnel est une priorité et les Etats Membres doivent financer la mise en place de mesures de sécurité proportionnées aux nouvelles réalités du travail dans des situations de conflit.
M. Malone enverrait-il son fils ou sa fille en Iraq dans les circonstances actuelles ? Il s’assurerait d’abord sans aucun doute que les mesures de sécurité visant à protéger ses enfants, des civils sans entraînement militaire, sont optimales. Les fonctionnaires des Nations Unies en demandent autant pour eux-mêmes. Oui, comme dit M. Malone, « l’ONU doit prendre de meilleures précautions pour assurer la sécurité ». Tel est le fond du problème.

Maria Dweggah,

Secrétaire générale de la FICSA.