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No 634 Novembre - November 2004
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| ÉDITORIAL INTERVIEW Un regard neuf sur la représentation du personnel PERSONNEL Security Special IHT article: Nobody said it would be safe LAT article: Taking more or less risk Lettre à lIHT: Le personnel de lONU en Iraq Letter to the IHT: FICSAs answer to the IHT Are you serious about improving morale? Jeux interorganisations 2005: la Crète 2005 UN Interagency games goes to Crete Obituaire: Guillaume nous a quitté Less mush from ILOAT... Mise au point GLOBE Ambivalence et dualité de la filière «riz» Le riz tour du monde en 300 recettes Rice Around the world in 300 recipes Légendes et anecdotes associées au riz United Nations Bazaar on November Esperanto, solution to the language problem UN Security Council: expand the members SERVICES Système dinterprétation simultanée Simultaneous interpretation system La SBST en ligne BES on line Une fauche économique A cheap cut LEsplanade des Nations et circulation ARTS What a way to start the season! LOISIRS FEUILLETON
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Année internationale du rizAmbivalence et dualité de la filière «riz»Olivier Matringe, CNUCED*, photos Pierre Virot
Base de lalimentation de nombreux pays, le bol de riz revêt un double enjeu économique et social au regard de la commercialisation, de la sécurité alimentaire et de la lutte contre la pauvreté. Il constitue en effet la principale, voire lunique source de revenu pour près dun milliard de personnes, dont un grand nombre de femmes, et permet de satisfaire plus du quart des besoins nutritionnels de la population mondiale. Dune part, les rizières forment un écosystème intéressant avec le fourmillement despèces animales et végétales indispensables à léquilibre rural de nombreuses régions. Dautre part, leur fonctionnement, combiné à linteraction de lHomme avec son milieu rizicole, induit des effets contrastés sur lenvironnement. La gestion de leau constitue une bonne illustration de ce phénomène puisque léquilibre hydrique idoine peut entraîner des externalités aussi bien négatives (excès de drainage, accumulation de la salinité, saturation du sol en eau, etc.) que positives (recyclage dune partie de leau pour dautres utilisations, reconstitution des nappes phréatiques, maîtrise des inondations, etc.). Avec plus de 3 milliards de consommateurs, le riz est paradoxalement constitué dun ensemble de marchés segmentés, avec une forte composante régionale influencée tant par les habitudes culturelles et alimentaires que par les fondamentaux de la filière. En effet, il ne faut pas sous-estimer limportance des habitudes séculaires en matière dutilisation des différentes variétés de riz, en particulier eu égard aux préférences de certaines populations accoutumées à un goût, à une texture ou à une couleur donnés. La grande diversité de culture permettra daccommoder les nombreuses recettes en sacclimatant aux propensions individuelles, pour promouvoir un riz collant au Japon, un riz rouge en Inde ou un riz long en Indonésie. Les différentes formes de production et les décisions en matière de politiques agricoles, économiques et commerciales vont également jouer un rôle majeur dans le fonctionnement du secteur en question. En effet, le riz constituant la base de lalimentation dune grande partie de la population, lobjectif de la plupart des producteurs est dassurer une autosuffisance alimentaire, dont le seuil critique est estimé à 18% de la consommation annuelle escomptée. Dans un contexte de forte baisse des stocks de riz, qui sont passés de plus de 168 millions de tonnes pour la période 1999/2000 à environ 97 millions pour la campagne 2004-2005, la légitimité de cette politique ne semble pas chimérique. Néanmoins, le pendant de cette approche se traduit par la forte tendance à recourir aux barrières commerciales (tarifs douaniers élevés, clauses spéciales de sauvegarde, etc.) pour protéger les marchés rizicoles domestiques. Le riz est très majoritairement produit par de petits exploitants dans les zones rurales à faible revenu des pays en développement. Cependant, la concurrence déconomies industrialisées existe également, avec en particulier les États-Unis, qui disposent dun large territoire pour la riziculture. Les conditions de production seront alors foncièrement divergentes selon les méthodes de culture utilisées: séculaires fortement consommatrices de main douvre dans les pays du sud, elles intègrent, pour le troisième exportateur mondial que sont les Etats-Unis, les dernières avancées en matière de technologies modernes (en particulier en recourant à la mécanisation tant au niveau du labourage, du nivellement et de lensemencement fréquemment réalisé par avion quà celui des traitements et de la récolte). A la lumière de ces informations de marché, il paraît plus aisé de saisir la spécificité de la filière rizicole dont le commerce mondial est extrêmement étroit. Pour illustration, seules 25 à 27 millions de tonnes de riz sont échangés chaque année au niveau international, ce qui représente à peine 4 à 5% de la production mondiale! Du fait de latomisation de la filière rizicole, il nexiste pas de prix de référence international représentatif. La transparence de marché nest donc pas optimale et les écarts entre les cours nationaux et régionaux peuvent être relativement importants. Sur la moyenne de ces derniers mois de 2004, les prix à lexportation du riz américain étaient respectivement 28% et 33% supérieurs aux cours correspondants en Thaïlande et au Vietnam (toute raison gardée des différences de variétés et de qualité). Les conditions de commercialisation et en particulier lexiguïté du marché international auront également un effet majeur sur la vulnérabilité des petits producteurs face à la volatilité des prix du riz, dont lindice dinstabilité calculé sur la période 1979-2003 est de 19.1%.
La prise en compte de lensemble de ces facteurs est indispensable à la bonne marche de la filière et influencera les décisions des différents acteurs en présence, de la rizière au consommateur. Afin de renforcer la compréhension du fonctionnement des marchés de matières premières, la CNUCED a mis en place un programme dassistance technique aux pays connu sous le vocable dINFOCOMM. Lune des composantes de cette initiative est la création dun portail électronique qui peut être consulté à ladresse suivante: www.unctad.org/infocomm. Lobjectif originel est de fournir, en temps réel, les informations clés en matière de production et de commercialisation pour les principaux produits de base. Des synergies sont créées pour mettre à jour les informations de ce portail et dans ce cadre, chaque mois, une note de conjoncture sur lévolution internationale du marché du riz est mise à la disposition des internautes en français, anglais et espagnol. Environ 3,5 millions de requêtes sont adressées mensuellement à ce portail qui offre, à ce jour, des entrées par produits pour plus de 20 matières premières agricoles, énergétiques ou minières (une quarantaine de produits seront disponibles en 2005). Le développement de cet outil correspond à une nouvelle manière participative de travailler, dans laquelle des connaissances spécifiques (dans ce cas précis une expertise particulière développée par la CNUCED sur le fonctionnement des marchés internationaux des produits de base) sont réunies en combinant les efforts de la CNUCED avec ceux de partenaires spécialisés. *Lauteur est économiste à la CNUCED et a rédigé cet article à la demande du Comité de rédaction dUN Special dans le cadre de lannée internationale du riz.
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