UNSpecial N° 633 — Octobre – October 2004
 

Mélanie Mercier, née Markowitz (17)

La fin du cauchemar?

Jean Michel Jakobowicz, UNOG

Les enfants de Mélanie Mercier, née
Markowitz ont été enlevés par un
inconnu. Un de ses amis a été tué. A
l’autre bout du monde, un homme que
l’étude de Mélanie a partiellement ruiné
a décidé de se venger. (Vous pouvez
retrouver les premiers épisodes de
Mélanie sur le site Internet de UN
Special: http://www.unspecial.org)

— Mais non, tu verras tout se passera bien, Jérôme l’ex-mari de Mélanie était assis sur son lit d’hôpi

tal. Mélanie le visage très pâle, les yeux cernés semblait au bord des larmes. Dans un coin de la pièce Mme Markowitz, la mère de Mélanie était assise silencieuse.
— Comment peux-tu dire ça, lui répondit Mélanie des sanglots dans la voix le message est pourtant explicite, envoyer une mèche de leurs cheveux cela veut dire...
— Mais non, lui dit Jérôme. En passant la main sur le visage de son ex-épouse, je t’assure tout va bien se passer mes amis sont sur une piste ne te fais pas de souci!
— Je n’arrive pas y croire, répondit Mélanie! Je ne comprends pas comment tu peux être aussi optimiste alors que...
— Je vais être obligé de partir pour quelques jours, poursuivit Jérôme. Tu connais le numéro mon portable, tu peux m’appeler à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.

Mélanie lui serra la main et le regarda affolée:

— Tu ne peux pas me laisser seule, lui dit-elle totalement paniquer, ce n’est vraiment pas le bon moment pour partir.
— Ne t’en fais pas, dit sa mère, je suis la, je prendrai soin de toi!

Mélanie ne put réprimer un haussement d’épaules

— Ne t’en fais pas, dit Jérôme! Je pars parce que je crois savoir où sont les gosses. Je veux en avoir le cour net. Mélanie regarda d’un air interrogateur. Il lui sourit. Je ne peux rien te dire pour l’instant, soignes-toi et fais moi confiance pour une fois, j’ai la situation bien en main.

Mélanie s’efforça de sourire:

— Sois prudent, dit-elle alors que Jérôme quittait la pièce. En les voyant se quitter ainsi un observateur extérieur aurait eu bien du mal a imaginer que ce couple était divorcé depuis deux ans.

Il y a quelque chose de pas cacher dans toute cette histoire, dit la maman de Mélanie en s’approchant du lit...

— Je sais que tu n’as jamais aimé Jérôme, dit Mélanie, et par certains côté tu avais raison, mais là, il est en train de nous sauver nos enfants alors que la police n’a rien été capable de le faire. La mère de Mélanie ne dit pas un mot et s’assied tranquillement à côté du lit de sa fille.
— Pourquoi ne dis-tu rien, demanda Mélanie au bout de quelques minutes?
— Tu me reproche tout le temps de trop parler et puis tout d’un coup… dit Mme Markowitz.

Je préfère que tu vide ton sac, plutôt que d’essayer d’imaginer ce qui se passe dans ta tête.

— Puisque je te dis qu’il ne se passe rien, dit la mère de Mélanie. J’ai simplement des pensés!
— Des pensés comme quoi? Demanda Mélanie.

Des pensés comme des pensés, lui répondit sa mère énigmatiquement.

Sainte-Lucie 3h30 du matin

John Gardiner avait pris l’habitude de dormir la fenêtre ouverte. Il avait horreur de la climatisation. La brise légère du large qui entrait par la fenêtre lui donnait l’impression d’être sur un voilier. Il s’était endormi fort tard, après avoir bu quelques punch pour faciliter son sommeil.

Cette attente commençait à lui peser. Il n’avait pas l’habitude de l’inaction. Mais il lui fallait encore patienter. D’après certains indicateurs qu’il avait à Washington son retour risquait de poser quelques problèmes.

Dans quelque temps, lorsque l’affaire de la faillite serait oubliée, il pourrait déménager et aller rejoindre certains amis qu’il avait un peu partout dans le monde.

Avec l’argent qu’il avait mis de côté il n’avait aucun souci à se faire.

Un coup de vent un peu plus fort que les autres fit frissonner le rideau de la porte-fenêtre qui donnait sur le balcon. La lune était pleine et éclairait la chambre. Une ombre se profila dans l’encadrement de fenêtre puis se glissa dans la pièce sans faire de bruit. Mais malgré tout John Gardiner se retourna dans son lit. Lorsque l’ombre ne fut plus qu’à un mètre du lit, John Gardiner ouvrit les yeux. D’un geste incertain il tâtonna sous l’oreiller à la recherche de l’arme qu’il y avait cachée.

Genève, 14h30

Une petite dame aux cheveux gris trottinait dans la rue de la Coraterie. Elle remorquait derrière elle un vieux monsieur qui la suivait en ronchonnant.

— C’est tout à fait ridicule, répétait M. Markowitz. C’est ton imagination qui te joue encore des tours. Nous ferions mieux de tenir compagnie à Mélanie au lieu d’aller Dieu sait où.
— Tais-toi, dit la vieille dame, sinon j’y vais toute seule.

Arrivé sur la place neuve le vieux couple entra dans le parc des Bastions.

— Et d’abord dit M. Markowitz, comment la reconnaîtrons-nous?
— C’est facile, dit la vieille dame, elle est rousse.