UNSpecial N° 633 — Octobre – October 2004
 

Du Salève à l’Oural

Simone Bouilleux

Des adhérents de Paloma, association culturelle de Collonges ont voyagé en pensée du Salève à l’Oural, lors de la Soirée russe organisée à Saint Julien au Printemps. Mais certains ne s’en sont pas contentés car ils se sont rendus sur place pour découvrir les immensités de la Sibérie sur les traces de Michel Strogoff et toute l’histoire des cosaques, des mongols, des tatares, des tsars, des poètes, écrivains, peintres et musiciens russes. Grâce à trois autres associations culturelles, dont l’une « Eurcasia » de Thonon les Bains, qui compte des passionnés de l’âme russe et forment une très intéressante compagnie, chacun apportant des précisions tant historiques, politiques, écologiques que géographiques, ils se sont envolés sur Aeroflot en direction de Moscou. Ils ont apprécié cette métropole, foyer de l’intelligencia russe où ont vécu les plus grands qu’ils soient tsars ou révolutionnaires. Ils ont laissé de grands vestiges. Remarquable Kremlin vu de l’intérieur des remparts, la Basilique de Basile-le-Bienheureux avec ses huit chapelles et que dire de plus de la magie de la Place Rouge où il n’y a encore pas si longtemps des files interminables se formaient pour visiter le mausolée de Lénine mais que personne ne visite plus aujourd’hui. Après une nuit de repos, ils ont continué en avion jusqu’à Krasnoyarsk, très riche en patrimoine religieux et culturel et que les étrangers ne peuvent visiter que depuis la Pétroiska. Le lendemain matin, ils se sont embarqués sur le très mythique transsibérien inauguré en 1891 et terminé en 1906 dans lequel étaient rassemblées plus de 3500 ouvres d’art. Après un périple de 1087 km à travers la Taiga où parfois ne passe que 1% de lumière solaire qui arrive au sol, et ils ont longé en partie l’immense fleuve de 4.000 kms. Arrivés à Irkoutsk, ville de 600.000 habitants aussi bien byzantine, chinoise qu’européenne, ils ont été accueillis par de charmantes guides telles que les chantait Gilbert Bécaud et qui parlent parfaitement notre langue, C’est là qu’à 70 kms de Listvankia, ils ont découvert le lac Baikal le plus long et profond réservoir d’eau douce classé par Unesco comme patrimoine de l’humanité. Chanté par de nombreux poètes: « Mer glorieuse, BaÎkal sacré, glorieux navire; tonneau d’Omoulsn; Eh! Bargouzine, soulève la vague, le brave atteindra bientôt le rivage », Margrit a adoré la légende de Baikal qui avait 336 fils (soit les 336 rivières qui se jettent dans le lac) et une seule fille, sa préférée nommée Angara, soit l’unique rivière qui en part et qui désobéit à son père qui voulait la faire épouser Ikoutz, fleuve voisin mais Angara tomba folle amoureuse du beau Ienisse qui prend sa source dans les hautes montagnes de Salan toujours enneigées, d’où rage du Père Baikal qui provoque souvent de terribles orages… La Sibérie est pleine de belles légendes.